ACTE DEUXIÈME
ZORAYA.
Oui.
ENRIQUE
Celui qui m'espionnait hier. J'avais bien cru le
reconnaître ! (ll s*assied à droite sur la margelle de la vasque.)
C'est Cardenos, un ancien soldat de mon père! aujourd'hui agent du Saint-Office et d'une dévotion ! . . .
ZORAYA, à sa droite, debout.
Alors! lui aussi t'a reconnu...
J'en doute ; il faisait à peine jour ! Il doit au plus savoir que tu reçois un inconnu la nuit. Si j'étais soupçonné, on rôderait autour de ma maison, et je n'ai rien vu de tel... Enfin, quoi qu'il en soit, il faut être sur nos gardes.
ZORAYA.
-Oh! oui!
ENRIQUE
Et par prudence, renoncer à nous voir.
ZORAYA.
De quelques jours... sûrement.
ENRIQUE
Dis... Quelques semaines.
ZORAYA, se récriant.
Des semaines?
ENRIQUE
C'est le seul moyen de couper court à cette surveillance.
ZORAYA.
Des semaines!... sans nous voir?
ENRIQUE
Ma Zoraya, il faut bien s'y résigner.
S'y résigner ! . . . Oh ! la résignation t'est facile à toi! Notre amour n'est pas la seule affaire de ta vie!... Mais moi!... Je ne trompe l'ennui de ma solitude après ton départ que par l'espoir de ton re-