ACTE DEUXIÈME. 79 FATOUM
Il lit dans mon cœur et voit que je ne me suis convertie que par force et pour n'être pas séparée de cette enfant qui est là...
ZORAYA.
Ta fille?
FATOUM.
Par la naissance, non, Zoraya; mais par la tendresse, ah! certes, oui. Elle avait dix ans quand sa mère est morte, et c'est moi qui l'ai élevée.
Une Espagnole ?
FATOUM.
Oui ! que toi seule peux guérir.
ZORAYA.
C'est l'affaire des médecins chrétiens.
FATOUM.
Leur' savoir n'y peut rien. Si j'ai recours à toi.
c'est que ton père — sur lui soit la bénédiction d'Allah ! — était leur maître à tous et t'a légué les secrets de son art.
ZORAYA.
Enfin, qui est-elle?
FATOUM.
Elle n'a consenti à me suivre que sur ma promesse de ne pas te révéler son nom.
ZORAYA.
Alors, qu'elle parte !
FATOUM.
Zoraya ! par pitié ! -Songe que le père de cette enfant est un catholique endurci!... S'il savait que j'ai conduit sa fille chez une Mauresque, je serais cruellement punie ! Et c'est par bonté pour moi qu'elle exige elle-même le secret !
ZORAYA.
Soit, elle ne saura pas que tu l'as trahi.