‹ La sorcière, drame en cinq actesChapitre 48 sur 133 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

nuit, de me lever tout à coup, d'aller pieds nus par les couloirs, à la chapelle, d'y allumer les cierges sur l'autel, de prier ou de chanter un cantique!... Et le lendemain, les cierges n'étant pas éteints, je ne voulais pas croire qu'ils avaient été allumés par moi. J'ai prié Dieu en vain de me délivrer d'une telle infamité. Je me suis décidée à venir ce matin avec Fatoum qui vous dit si savante!... parce que je me marie aujourd'hui. Si mon mari me voit ainsi la nuit me lever, me promener comme un fantôme, il croira que c'est une punition du ciel ! ... Il me prendra en horreur et j'en mourrai de honte ! . . .

ZORAYA, penchée sur elle.

Et dans le jour, quand tu pries avec ferveur... tu tombes sans y penser dans une sorte de ravissement, d'extase, n'est-ce pas?... qui te fait croire que tu n'es plus sur terre?

JO AN A , subissant peu à peu la suggestion qui Fendort.

Oh ! oui ! ... oui ! ... Et c'est si beau ! . . . Ah ! c'est délicieux, je vois le ciel!... bleu... tout bleu, dans une lumière d'or!... J'entends chanter les séraphins et les archanges ! . . .

ZORÂYA.

Et c'est tout doucement que ce délicieux som-

meil te gagne?

JOANA, s'eiidormaii l.

Oui!... oui, doucement...

ZORAYA.

Comme ceci?...

Elle ferme les paupières de Joana.

JOANA.

Oui!... je vois... je... je...

ZORAYA.

Dors ! ... Je le veux ! . . .

Joana, endormie, laisse retomber sa tète sur l'épaule de Zoraya. FATOUM, à mi-voix.

Elle dort?

ZORAYA.

Comme lorsqu'elle se promène la nui(,

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