‹ La sorcière, drame en cinq actesChapitre 49 sur 133 · ACTE DEUXIÈiAIE · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈiAIE

FATOUM.

Joana!... Seilorita... Mon enfant!

Joana ne honge pas.

ZORAYA.

Elle n'entend plus ta voix. — Éveillée, parlet-elle aussi de prendre le voile?

FATOUM.

Ah! Dieu!... C'est son seul rêve. Mais le père n'a que cette enfant-là. Il n'a pas voulu y consentir et l'oblige à ce mariage qui la désole.

ZORAYA.

Sa répugnance est-elle pour le mariage ou

pour le mari? (Appelant.) Joana! (joana tressaille. Zoraya

continue.) Réponds!.-. As-tu de la tendresse pour celui que tu vas épouser?

JOANA, faiblement.

Je ne l'aime pas !

ZORAYA.

Alors, c'est de l'aversion?

JOANA.

Non! (Douloureusement.) Je ne veux pas me marier!... Je veux être religieuse.

FATOUM.

Tu l'entends. — Avec moi, avec son père, avec Fabbesse et les sœurs de la Merci. . . elle ne sort pas de là « Je veux être religieuse ! » Tu penses bien qu'elles l'ont encouragée dans cette idée, pour le bien du cou vent et qu'elles lui ont fait du mariage une image effroyable. La peur qu'elle en a peut la faire tomber cette nuit dans une de ces crises : ce qui serait un vrai scandale !

ZORAYA.

Et pourtant le mariage serait peut-être le meilleur remède à son mal.

FATOUM.

Oh ! je t'en supplie, Zoraya, guéris-la toi-même, tout de suite...

ZORAYA.

En un jour, c'est impossible. — Que n'es-tu venue plus tôt? J'en aurais triomphé sûrement, en

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