ACTE TROISIÈME
CLEOFAS,
A la disposition de Votre Grâce !
Il va retrouver Cleofas à gauche de la scène, suivi de Cristobal, Velasco, Rioubos et Ramiro qui l'entourent.
CARDENOS.
N'avez-vous pas connu jadis un médecin arabe nommé Abou-Abaza?
CLEOFAS.
Un médecin !... Dites un charlatan, qui habitait sur la rive gauche une maison à mi-côte, où demeure aujourd'hui sa fille.
CARDENOS.
Zoraya !
CLEOFAS.
Si je l'ai connu ! — J'enrageais de voir l'évêque Talavera honorer de sa protection ce moricaud qui l'avait, disait-il, guéri d'une entorse par des frictions!... En réalité, Cardenos, par des signes cabalistiques et des incantations magiques.
CARDENOS.
Alors VOUS êtes assuré que cet homme était?...
GLEOFAS.
Un nécromant! Et des pires! Jugez-en, ami Cardenos! (ii s'assied.) Un jour je cheminais sur ma mule, au delà du pont Saint-Martin... On m'appelle au secours d'un enfant qui vient de se noyer dans la rivière et ne donne plus signe de vie. « Avez-vous, dis-je sans descendre de ma mule, pris soin de le suspendre par les pieds pour lui faire dégorger toute l'eau qu'il a bue? — Oui, seigneur. — Et ça n'a pas réussi? — Non, seigneur. ■ — Alors, il n'y a rien à faire. Bonsoir!... » et je pars... Le voilà bien mort, n'est-ce pas?
CARDENOS et LES JEUNES GENS.
Oui.
GLEOFAS.
Huit jours après je repasse au même endroit et, dans une bande de polissons qui jouent au milieu des rochers, je reconnais... Qui?... Mon noyé.