‹ La source du mal de l'époque au Canada [microforme]Chapitre 15 sur 33 · DO, PR · texte numérisé non relu

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Dans ses leçons, M. Pâquet prétendit donc démontrer que tout le libéralisme consiste dans l’indifférentisme, et que c'est là uniquement ce que Pie IX a condamné. Il ajoutait, pour corroborer sa thèse, “ qu'il faut vivre en paix avec les ‘ennemis de l'Eglise, à l'exemple de Jésus-Christ et de ses ‘apôtres, qui ne se contentèrent pas de vivre en paix avec ceux qui “ persévéraient obstinément dans leurs erreurs, mais qui, de plus, “ usèrent de bonté et de bienveillance à leur égard pour se “les concilier.”

C'était évidemment contredire l'Evangile et l'histoire, au profit de la thèse catholique libérale que de parler de la sorte, puisque Notre Seigneur a été si loin de vivre en paix avec les Scribes, les Pharisiens et les Princes des Prêtres, qui persévéraient obstinément dans leurs erreurs, qu'il les a constamment anathématisés et qu’en revanche ils l'ont fait mourir.

Pour que ses leçons, par une empreinte durable, se conservassent mieux et se répandissent davantage, M. Päquet les publia en un petit volume qui parut muni de l’approbation de Mgr. Taschereau.

La même année, mais quelques mois plus tard, M. Raymond, vicaire-général du diocèse de St. Hyacinthe, prononcça à Montréal un discours qui eut du retentissement, et qu'il fit ensuite imprimer et publier sous le titre; Action de Marie dans la société. I] y affirmait péremptoirement qu'au Canada, et dans la province de Québec en particulier, il n’y avait pas de libéralisme dans le sens condamné par l'Eglise. C'était le complément des leçons de M. Pâquet ; mais aussi, c'était parler avec ignorance ou avec mauvaise foi.

Les libéraux, et principalement les catholiques libéraux, furent on ne peut plus enchantés de cette déclaration qui leur permettait de rester ce qu'ils étaient, sans mériter d’encourir le plus léger blâme. Ils se sentirent revivre d’une vie nouvelle, eux qu'on venait de combattre avec tant d'énergie et qui n'avaient pas été de taille à soutenir la lutte. Cétait pour eux une bonne fortune dont ils voulaient tirer tous les avantages possibles. Aussi, quand il s’éleva des contradicteurs de la singulière aflirmation de M. Raymond, toute

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