‹ La source du mal de l'époque au Canada [microforme]Chapitre 16 sur 33 · MES · texte numérisé non relu

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une armée de libéraux se dressa fièrement pour le protéger et le défendre. Rien, en eftet, leur était si précieux que cette affirmation qui leur donnait place parmi les orthodoxes.

M. Raymond, fort enclin depuis longues années à tout voir par les yeux de M. de Montalembert, se sentit heureux du succès qu'il venait d'obtenir, mais il ne voulut pas s’arrêter en si beau chemin. Il se donna un tourment infini pour rallier à son opinion le plus grand nombre possible d’adhérents. Il fit, en conséquence, approuver son discours par Mer. l’archevèque Taschereau,par quelques autres évêques et surtout par plusieurs laïques haut placés qui s'étaient toujours montrés parfaits libéraux.

Il alla même plus loin. Il soumit son discours à Rome, et Rome répondit qu'il ne renfermait rien de répréhensible. Et de fait, Rome ne pouvait répondre autrement, car M. Raymond n'avait pas attaqué la vraie doctrine en elle-même. Il ne lui avait porté préjudice, mais préjudice grave, que d'une manière indirecte, c’est-à-dire en prétendant que le libéralisme condamné par le Saint Siége n'était pas professé au Canada. En soumettant son discours à Rome, comme il a fait, M. Raymond ne pouvait pas demander que ces allégués fussent reconnus pour véridiques, car il eut fallu une enquête à ce sujet. Il n’a donc demandé qu'un examen à propos de ses doctrines, et l’on a répondu en conséquence. La supercherie alors a consisté, et elle est tout à fait indigne de la part d'un homme tel que M. Raymond, prêtre et vicaire général, à appliquer à des écrits et à des actes, dont il n'était fait aucune mention dans son discours, ce que Rome a prononcé à propos de seules doctrines contenues dans ce discours.

Tout le premier M. Raymond a conclu comme suit : *“* Mon “ discours ayant été regardé à Rome comme ne renfermant * rien de répréhensible ; il s’en suit que tout ce que j'ai dit “ dans ce discours est vrai.” Confondre les faits avec la doctrine, c'était aller plus que trop loin. Mais les besoins de la cause libérale l'exigeaient : il fallait tromper, et trom per habillement pour la faire triompkher ; on l'a fait, et sans ma. nifester le moindre scrupule.

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