‹ La source du mal de l'époque au Canada [microforme]Chapitre 17 sur 33 · BAT 77 TR · texte numérisé non relu

BAT 77 TR

Grand alors fut le scandale, en ce sens que nombre de per- 3 sonnes, s'appuyant sur l’autorité des leçons de M. Päquet et 3% sur le discours de M. Raymond, adoptèrent les idées catholiques libérales. Ces idées avaient un grand avantage à leurs yeux : elles mitigeaient de beaucoup tout ce qu'il y a de pénible dans l'accomplissement de la vie chrétienne.

QE HE NOCES D'OR DE MGR. BOURGET.—LE PERE BRA\AUN.--NOUVELLE ? OPPOSITION DE LA PART DES SULPICIENS.

Les esprits étaient dans cette disposition, lorsqu'à la fin de l'automne de la même année on célébra avec grande pompe, à Montréal, les noces d'or de Mgr. Bourget. À l'occasion de cette fête, un pieux et savant jésuite, le R. P. Braün, fit un sermon dans lequel il flétrit le gallicanisme et le libéralisme catholique. 11 rappela de plus, à ses auditeurs qu’il fallait accepter le Syllabus et se conduire en conséquence.

Un véritable cri de haro sur le beaudet retentit alors dans toute la presse libérale du pays, mais surtout dans les journaux de la ville de Québec. On ne se lassa point de redire pit sur tous les tons et sous toutes les formes que le sermon du R. P. Braün était un acte de folie, une injure atroce lancé à la face de Mgr. l'archevêque de tyutbec. Ce dernier lui-même ne s'était pas gêné de dire à qui avait voulu l'entendre, qu'on l'avait invité aux noces d'or de Mer. de Montréal tout exprès pour le faire insulter par le prédicateur du jour.

LeR. P. Braün n'était à Montréal que depuis deux ans. | Aussitôt après la mort de Mer. Baïillargeon, il fut obligé de 4! laisser la ville de Québec, où il avait passé au moins vingt À ans, se dévouant toujours avec le plus grand zèle et prèchant partout la plus saine et la plus solide doctrine. Il avait le malheur, étant regardé comme l’un des chefs de l’école dite ultramontaine, de déplaire singulièrement à M. Taschereau et aux à autres messieurs du Séminaire de Québec. Aussi, lorsque 4 M. Taschereau devint administrateur pendant la vacance du siége de Québec, il fut immédiatement rappelé de Québec

re de per- Pâquet et :s cathore à leurs a de pé-

JVELLE

la fin de » pompe, asion de 1, fit un ‘ralisme

il fallait

rs dans les jour- > redire mon du lancé à i-même , qu'on exprès

1x ans.

ligé de vingt êchant le malà ultraet aux prsque ce du Duébec

par ses supérieurs et placé à Montréal. Il parait que M. Taschereau avait donné des ordres qui pressaient.

Pendant les dernières années de son séjour à Québec, le R. P. Braün préchait assez fréquemment à la cathédrale, il arriva que durant le carême, il y fit une suite de sermon sur le mariage chrétien, et qu’il combattit les erreurs gallicanes de Pothier. Comme cet auteur jouissait de la plus haute autorité dans l’enseignement du droit civil, que donnaient les professeurs de l'Université Laval, le Séminaire de Québec, se regarda comme gravement attaqué par les prédications du zélé jésuite, et il résolut de le faire expulser de la ville et du diocèse de Québec, aussitôt qu'il trouverait une occasion favorable.

Quelques jours après la célébration des noces d'or de Mgr. Bourget, messieurs les Sulpiciens, qui s'ingéniaient à contre carrer le vénérable prélat dans l'exercice de sa charge pastorale, en appelèrent à Mgr. Taschereau d'un ordre qu'il leur avait donné, relativement à l'administration des paroisses dont ils étaient chargés IT s'agissait de régistres pour ces paroisses, et les messieurs de St. Sulpice essayaient de se faire une raison de certaines dispositions de la loi civile, pour refuser de se les procurer tels que l’évêque le voulait.

Mer. Taschereau reçut l'appel des Sulpiciens, et de suite il cita publiquement, par la voix des journaux, Mgr. de Montréal à comparaitre à son tribunal. Ce procédé, dont on n'avait pas encore eu d'exemple, causa du scandale. Il réjouit les ennemis de l'Eglise et aflligea profondément tous les bons chrétiens.

QUESTION DE LA FONDATION D'UNE UNIVERSITE A MONTREAL AGITEES DE NOUVEAU. — LES MESSIEURS DE QUEBEC EMPECHENT L'ADOPTION D'UNE LOI EN FAVEUR DES DROITS DE L'EGLISE.

Page 1