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Pendant que la question de l'Université se discutait à Rome, le parlement de Québec tenait une session, et ses membres étaient tout-à-fait disposés à adopter une loi qui reconnaîtrait les droits imprescriptibles de l'Eglise, dans la formation de nouvelles paroisses, quand ils en furent empèchés par les instances de certains prètres de l’archevêché de Québec. Ces révérends Messieurs agirent de la sorte dans l'unique but de nuire à Mgr. de Montréal. En eflet, si la loi en projet eut été adoptée, les Messieurs de St. Sulpice se seraient trouvés absolument dépourvus de tout prétexte pour lui faire la guerre et lui créer des embarras. Or, à leurs veux, il valait mieux sacrifier les droits de l'Eglise que les voir reconnus légalement, si cette reconnaissance donnait gain de cause à Mgr. Bourget.
Ce fut à peu près vers cette époque que parut un travail ayant pour titre “ La Comédie Infernale.” L'auteur avait pour but de démasquer les Messieurs de St. Sulpice, qui avaient toujours été, comme nous l'avons vu, et qui étaient encore récalcitrants à l'autorité de l'évêque. Ils travaillaient dans l'ombre, mais efficacement, à ruiner cette autorité aux veux des fidèles. Ils posaient en victimes d'un arbitraire odieux, et ils disaient de plus que l'évêque voulait s'enrichir en les dépouillant. Ces propos couraient de salon en salon, de bureau en bureau, et ils descendaient même dans 1: rues
Un jeune laïque, devenu prêtre depuis lors, M. Alphonse Villeneuve, entrepris de mettre un terme à ce mal en exposant la vérité dans tout son jour. Sans autre conseiller que lui-même, parcequ'il travaillait très-secrètement, il crut devoir, pour se faire lire, donner à son travail une forme tout-àfait extraordinaire. Voilà pourquoi il publia sa Comédie infernale sous forme dé dialogues dans lesquels les esprits de ténèbres sont les interlocuteurs.
La Comédie infernale ne dit que la vérité, et elle a pour but de faire triompher les principes d'ordre et de justice. Il y a beaucoup d'œuvres, que l'on qualifie de bonnes et d'excellentes
même, qui n'ont pas ce mérite, et il serait facile de le démontrer.
La Comédie infernale ne devait pas plaire à certains hommes, et, de fait, elle leur déplut au-delà de toute expression. Ils s'acharnèrent donc contre elle, et, comme sa forme pouvait facilement leur donner prise, ils ne manquèrent pas d’en profiter, A l'apparente exagération de la forme, ils opposèrent, eux, l’exagération et même la fausseté des accusations.
Cette forme contre laquelle on se récriait tant, n'était après tout qu'un pur accessoire. Personne ne l’a approuvée, et l'auteur lui-même a regretté de lavoir employée. Mais quant au fond, la Comédie infernale reste inattaquable, et c'était ce fond, bien plus que tout le reste, qu’on travaillait à détruire sous prétexte de combattre la forme.
CINQUIÈME CONCILE PROVINCIALE DE QUÉBEC.—QUESTIONS DES ECOLES DU NOUVEAU-BRUNSWICK ET DE MANITOBA. — LES LIBERAUX AU POUVOIR.
En mai 1873, fut célébré le Ve concile provinciale de Québec. Les Pères qui y prirent part, reconnurent que l’erreur catholique libérale avait quelques adeptes parmi nous. Les libéraux se prévalurent de cette expression quelques adeptes pour prétendre que nous exagérions et que nous mettions du Bbéralisme là où il n’y en avait pas.
Mais il faut savoir prourquoi les Pères du Ve concile provinciale de Québec n'ont vu, au Canada, que quelques adeptes du libéralisme catholique, alors qu’ils étaient très nombreux comme ils le sont encore aujourd’hui. Les Pères de ce concile ne voulaient pas, pour la plupart, s'occuper de cette erreur, car Mgr. l'archevêque Taschereau s'était assuré de la majorité de ses suffragants à cet égard. Mgr. de Montréal et Mgr. des Trois-Rivières furent les seuls qui insistèrent pour qu'on en parlât, et plutôt que de se taire complètement sur un pointaussi important, ils préférèrent laisser passer l’expression quelques adeptes.
Il faut dire, de plus, que la majorité des évêques d'alors n'avait pas des idées nettes et précises sur la nature de l’er-