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reur catholique libérale, vu que plusieurs d’entre eux en subissaient la funeste influence. Ce qui le prouve évidemment c'est que Mgr. Taschereau, après avoir commenté, dans un mandement, les décrets de ce Ve concile, confondit le libéralisme catholique avec le libéralisme impie ou l'indifférentisme.
À dessein ou autrement, il adoptait les idées qu'avait émises M. Pâquet dans ses leçons à l'Université Laval sur le libéralisme.
Pendant toute l'année 1873, le parti politique appelé conservaleur, qui était alors le plus puissant au parlement fédéral, fut vivement critiqué et blâmé par les journaux catholiques. Il en fut ainsi parce que les conservateurs, désireux jusqu'à un certain point d’avoir la paix avec les libéraux touchant les questions dites de Manitoba et des écoles du Nouveau Brunswick, questions à propos desquelles la majorité protestante de ces deux provinces travaillait à opprimer la minorité catholique, se montraient disposés à sacrifier les vrais principes dans l'intérêt d'un faux esprit de conciliation.
Il suffisait à nos députés conservateurs de se montrer franchement catholiques pour dominer les protestants et les mettre a l’ordre, Ils n'eurent pas le courage de prendre cette attitude, et finirent par s’en trouver mal.
A l'automne, en effet, les conservateurs furent obligés d'abandonner les rênes du gouvernement, et les libéraux qui, dans l'espoir de les supplanter, avaient hypocritement promis de réparer leurs torts, s'en emparèrent. On ne fut pas longtemps à voir comment ils tiendraient leurs promesses, ar ils répandirent partout dans les campagnes les plus mauvais principes, en travaillant à se faire élire en grande majorité.
À la première cession de ce nouveau parlement, en 1874, les questions de Manitoba et des écoles du Nouveau-Brunswick revinrent sur le tapis et furent réglées contrairement aux notions les plus élémentaires de la Justice, grâce à l’inqualifiable lâcheté de nos députés libéraux.
Dans la question de Manitoba, deux des principaux ci-
toyens de cette province, Riel et Lépine, avaient eu à subir un procès devant un juge inique, à cause des mesures énergiques qu'ils avaient prises dans un moment de grande excitation politique, et ils avaient été condamnés à mort comme coupables du crime de lèse-majesté. En dépit de la sentence portée contre eux, Riel et Lépine furent reconnus et proclamés innocents dans toute la province de Québec, si bien que tous les évêques de cette province, Mgr. Taschereau en tête, signèrent une requête demandant au gouvernement fédéral de prier l'Angleterre de leur accorder pleine et entière amnistie.
Au lieu d'être amnistiés, Riel et Lépine virent la peine de mort, portée contre eux, commuée en un exil de cinq ans. Et voici comment cela se fit.
Nos libéraux refusèrent de voter pour demander l'amnistie à l'Angleterre, ce qu'ils auraient certainement obtenu ; mais ils votèrent pour demander l'exil, afin de ne pas trop déplaire à leurs partisans orangistes de la province d'Ontario, qui avaient conduit toute cette aflaire.
On cria alors à l'infamie et avec raison. Nos libéraux voulurent alors se justifier. [ls avaient à Québec, à l’archevêché et au Séminaire, des prêtres, leurs amis, qui s'étaient chargés de leur rendre Mgr. Tascherean favorable, Bien sûrs de ne pas recevoir une réponse qui les condamneraient, ils télégraphièrent à l'archevéque, lui demandant s’il approuvait ou non leur vote. Moer. Taschereau répondit, et sa réponse fut de suite rendue publique, qu'il n'avait rien à dire là-dessus, vu que c'était une question où ni la foi ni la morale n'étaient intéressées. Comme si ce n'était pas une question de morale de savoir s'il est permis d'imposer à des innocents la peine de l'exil, dans le but de plaire à des amis orangistes !
Cette réponse de l'archevêque ne contribua pas peu à rendre les libéraux très-hardis et très-exigeants. Ils comprenaient qu’ils auraient toujours le moyen de tirer bon parti du prélat en leur faveur.
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NOUVELLES INTRIGUES LIBERALES, — LETTRE COLLECTIVE DES EVEQUES-—MANOŒUVRES DE TOUTES SORTES POUR DETRUIRE L'AUTORITE DE CETTE LETTRE.
Dans l'été de 1875, à propos d'une élection politique, certains prêtres libéraux du diocèse de Québec, qui avaient toujours énergiquement soutenu la cause libérale, mais qui s'étaient autant que possible tenus cachés dans l'ombre, se montrèrent publiquement. Ils crurent les esprits assez bien préparés pour oser se risquer de la sorte.
M. Sax, curé de St. Romuald, épousa la cause des libéraux, dans le journal l'Evènement, et soutint que leurs principes étaient bons. MM. Bolduc, de l’archevêché de Québec, Louis Pâquet et autres du Séminaire de Québec parlaient à leurs amis dans le même sens, et ourdissaient nombre d'intrigues, Quant à M. Benjamin Pâquet, il était à Rome pour une cause de béatification ; mais ce qui l’occupait davantage, c’était de parvenir à tromper la Propagande sur les idées, les desseins et les menées de nos libéraux.
Ces derniers, ainsi soutenus ostensiblement par des prêtres, levèrent si hardiment la tête que les évêques de la province de Québec s'émurent, demandèrent à Mgr. l'archevêque de se réunir afin d’aviser aux moyens de conjurer le mal, puis écrivirent, à la date du 22 septembre 1875, une lettre pastorale qu'ils signèrent tous et qui est justement demeurée célèbre. Cette lettre était un magnifique exposé de doctrine politico-
se : elle disait très-bien qu'elle est la constitution de
. ses droits, ses pouvoirs et sa supériorité sur l'Etat,
ur le condamnait carrément les erreurs libérales. L'année
suivante, dans un bref qu'il adressait à Mer. l’évêque des
Trois-Rivières, Sa Sainteté Pie IX loua le zèle de nos évêques
et les félicita d'avoir ainsi proclamé la vérité catholique et flétri de perni uses doctrines.
À peine |: re pastorale du 22 septembre fut-elle publiée, que le libér, «me se sentit frappé d'un coup mortel. I] serait bien rét 1ament mort au Canada, si les prêtres libéraux
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de l’archevêché et du Séminaire de Québec n’eussent pas ramassé toutes leurs forces et fait appel à toutes les ruses et à toutes les fourberies pour lui conserver la vie. Ils avaient travaillé, mais sans pouvoir y réussir, à empêcher les évêques de parler. Pleins de dépit, ils résolurent. de tromper Rome elle-même, et de man@uvrer de façon à lui arracher un mot ou un acte qui ferait tomber l'autorité de la malencontreuse lettre du 22 septembre. !
M. Benjamin Pâquet, qui avait la pratique des intrigues, se trouvait dans le temps à Rome, où il s'était déjà ex: rué à jouet de mauvais tours. Cette circonstance était tout-à-fait précieuse pour eux et ils ne manquèrent pas d’en profiter. Nos libéraux, et même nos libéraux impies, se mirent donc en frais de se faire passer à Rome pour de bons catholiques. Ils y firent parvenir plus d’une pièce dans laquelle ils protestaient de leur respect, de leur dévouement et de leur soumission à la sainte Eglise. M. B. Pâquet, qui leurservait d’intermédiaire et de truchement, s’employa à leur donner du crédit et à persuader à la Propagande, surtout au moyer de certaines influences, que le libéralisme an Canada n'était qu'un mot servant à désigner un parti purement politique, lequel, en défénitive valait autant que son antagoniste.
Pour donner plus de poids à ces démarches, on fit habilement intervenir Mer. Lynch, archevêque de Toronto, dans nos débats et nos discussions à propos de libéralisme. Le vénérable prélat écrivit à ce sujet dans les journaux protestants. Tout le monde fut extrèmement SRyDns de le voir ainsi intervenir; mais on comprit vite que c'était le résultat d'une intrigue.
Mer. Lynch avait si bien été poussé à intervenir pour que les libéraux pussent se servir de son nom et s'appuyer de son autorité, .qu il parla de manière à laisser voir jusqu” à l'évidence qu'il ne ‘connaissait pas le premier mot des affaires et des matières dont il s'occupait.
Il interpréta faussement d’abord les faits qui avaient liett dans la province de Québec, puis il fit ensuite un portrait lu libéralieme qui était tout l'opposé de celui qu'en avait fait
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Pie IX daus ses brefs et dans ses discours. D'après Mgr. Lynch, pour être catholique libéral, il faut aller jusqu’à nier l’action de la Providence dans les choses de ce monde, et à mettre sur le même pied le catholicisme, le mahométisme, le boudhisme, le fétéchisme, en un mot, toutes les religions. C'est-à-dire qu'il appelait libéralisme catholique ce qui est Libéralisme impie ou indifférentisme.
Cette grave méprise, dans laquelle était aussi tombé Mgr. Taschereau, comme on l’a vu, ne pouvait être qu'infiniment avantageuse aux catholiques libéraux. Ils existaient sans qu'on put les appeler de leur nom, encore moins les combattre comme tels.
À la même époque, d'après un mot d'ordre donné, nos libéraux travaillèrent activement à soulever les protestants de la province de Québec surtout contre les catholiques dits ultramontains. Ils leur débitèrent mille mensonges, entr'autres, que ces ultramontains ne visaient à rien de moins qu'à leur ravir leurs libertés. Ces menées avaient pour but de porter les protestants à crier bien haut contre les prétentions intolérables de certains catholiques, et à s’agiter en conséquence, ce qui ne manqua pas d'arriver.
L'intention des libéraux était de se servir de ce mouvement des protestants, dont ils étaient seuls la cause, pour effrayer d'abord et démontrer ensuite que les ultramontains, comme ils nous appellent, provoquaient de graves conflits religieux par leur persistance à soutenir des doctrines exagérées. C’est ainsi qu'ils qualifient la pure doctrine catholique. Depuis lors, on n'a pas cessé, mais sans l’ombre de raison, de faire un épouvantail des protestants. Les anti-infaillibilistes, qui étaient aussi de fameux libéraux, ont servi de modèles aux catholiques libéraux du Canada. On se rappelle qu’ils tentèrent d'empêcher le concile du Vatican de proclamer le dogme de l'infaillibilité pontificale en disant que cette proclamation ne pouvait que déchainer contre l'Eglise les protestants, les schismatiques et les impie-.
Les paroles de Mgr. l'archevêque Lynch eurent beaucoup de retentissement, et fournirent aux catholiques libéraux un
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nouveau prétexte de tenir à leurs funestes opinions et de travailler avec ardeur à les propager. Il est de plus certain qu'on a déterminé Mgr. Lynch à écrire à Rome, et aue ce prélat a donné une idée entièrement fausse de la nature du libéralisme qui règne dans la province de Québec.
Un autre que lui écrivait aussi à la Propagande dans un sens très-libéral, et lui donnait des renseignements qui étaient pour la plupart, dénués de toute exactitude. Cet homme était Mgr. Persico, ancien évêque de Savannah, dans les Etats-Unis d'Amérique. Fixé à Québec pendant quelques mois, nommé ensuite curé de St Colomban de Sillery, près de Québec, il ne connut par lui-même à peu près rien de ce qui se passait au pays. Il se fit de la situation religieuse du Canada l’idée qu'il avait de celle des Etats-Unis, et il fut naturellement porté à croire qu’au Canada, où il y avait des protestants, ce serait porter préjudice à l'Eglise que de laisser les prêtres intervenir dans la politique au nom de la religion. Il eût pensé d’une manière bien différente s'il eut connu notre histoire depuis la conquête du Canada par l'Angleterre jusqu’au temps présent, et s’il eut vu, comme rien n'est plus vrai, que c’est grâce à l'intervention constante du clergé dans la politique, quand elle touche aux questions religieuses, que la province de Québec doit d’être demeurée catholique.
Prédisposé à juger faussement notre situation, à cause de son séjour aux Etats-Unis, Mgr. Persico eut encore le malheur d'être entièrement accaparé par des prêtres libéraux, tels que MM. Louis Pâquet, P. Sax, Louis Gauthier et quelques autres. Il ne pensa, ne vit, ne jugea et n'agit que par eux. Aussi donna-t-il à la Propagande les informations les plus inexactes et il en résulta qu'à Rome on fut dans l’intime conviction que nos évêques se mêlaient trop de politique et que le clergé suivait leur exemple. M. Bolduc, de l’archevêché de Québec, fut informé de la chose par M. Benj. Paquet, et il la communiqua à dessein à Mgr. Taschereau, afin de l’amener à prendre des mesures qui anéantissent autant que possible la lettre pastorale du 22 septembre. Par tant et de si laborieuses
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intrigues, on était enfin sur le point d'obtenir ce qu'on avait tant désiré : forcer les évêques de la province, ou au moins l'archevêque, à mettre de côté la lettre qui causait tant de dépit aux libéraux.
Comme toujours, Mgr. Taschereau se laissa prendre au piège. Il eut peur, et pour n'avoir point à prendre sa part des reproches que Rome pourrait adresser aux évêqnes de la province de Québec, il écrivit à son clergé une circulaire, en date du 25 mai 1876, dans laquelle tout est irréprochable au point de vue de la doctrine, mais où les choses sont présentées de façon à nier presque l'existence des maux dont nous souffrons.
En effet, Mgr. Taschereau, dans cette circulaire, mettait évidemment sur la même ligne les principes politico-religieux de nos hommes politiques de tous les partis. Il rappelait, de plus, pour qu’ils fussent mis en pratique, certains avis donnés aux prêtres, à propos de luttes électorales, par le IVe concile de Québec, avis excellents alors parce que le libéralisme ne s’aflichait pas avec autant d’audace qu’ n 1875, mais qui n'étaient plus de saison parce que les circonstances étaient considérablement changées.
Agir ainsi, c'était faire une énorme reculade, c'était proclamer que la lettre pastorale du 22 septembre 1875 allait bien trop loin contre les libéraux. Aussi tout le monde demeura convaincu que Mgr. Taschereau répudiait cette lettre par sa circulaire du 25 mai 1876.
Les libéraux avaient donc grand sujet de se réjouir. Ce qui mit le comble à leurs vœux, ce fut que \Mgr. Tas ‘hereau, dans le dispositif de sa circulaire, alla jusqu'à défendre à tous ses prêtres de ne parler des questions politiques ou ayant trait à la politique, en quelque lieu que ce fut, en voyage, en promenade ou chez eux, de répondre même à quiconque les interrogerait pour être dirigé en pareille matière. Un tel dispositif, qui fermait hermétiquement la bouche au clergé à propos de politique, donnait à croire que tous les prêtres du diocèsc de Québec étaient de fameux imbéciles ou des foux furieux, qu’il importait de brider par l'emploi de mesures trèsénergiques.
La circula're de Mgr. Taschereau, extorqné par la ruse des libéraux et publié malgré les plus sages et les plus fortes représentations des évêques suffragants, fut connu, dans ses principales parties, au moins un mois avant son expédition au clergé. Les prêtres libéraux de l’archevêché de Québec s'étaient hâtés d'apprendre cette heureuse nouvelle à leurs amis. Elle ne devait pas non plus être publiée dans les journaux, mais les mêmes prêtres la firent publier, et de toute F4 cette affaire il résulta un immense scandale qui consterna tous les vrais enfants de l'Eglise et tous les défenseurs de la bonne cause.
De ce moment, il y eut scission solennelle et publique entre Mgr. Taschereau et ses suffragants ; et l'autorité de la lettre pastorale du 22 septembre 1875 qui était si grande partout, tomba immédiatement. Plus que jamais le nom de Mgr Taschereau fut invoqué en faveur des idées libérales, et il leur servit comme de mot de ralliement.
Dans le même temps à peu près transpira la nouvelle, communiquée de Rome à ses amis par M. Benjamin Pâquet, que Jes évêques de la province de Québec avaient reçu de la Propagande un avertissement sévère eu égard à leur ingérance dans les affaires politiques. On annonça aussi qu’un document important, en faveur de l'Université Laval, allait bientôt arriver de Rome. Comme quelques-uns des chefs du libéralisme étaient professeurs dans cette institution, les libéraux se dirent qu'ils étaient difinitivement maîtres du champ de bataille, et il ne surent plus garder de mesure.
ON TRAVAILLE A RUINER MGR. BOURGET DAN:* L'OPINION. IL DONNE SA DEMISSON. ON DENIGRE AUSSI LES AUTRES SUFFRAGANTS.
Pendant que le mal allait ainsi croissant avec une extrême rapidité, un vénérable vieillard, qui s'était usé à le combattre, qui avait la sainte ambition de rendre le flambeau de la vérité catholique d'autant plus lumineux dans le Nord de l’A-
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menarait de s'éteindre, à la grande douleur des enfants de l'Eglise, et à la grande joie de tous ceux qui n’aimaient pas la vérité, ou qui n'avaient pas le courage de la porter tout entière. Cet homme était Mgr. Bourget que les libéraux appelaient wne nuisance publique, parce qu'il contrariait leurs desseins pervers et qu'il les tenait en échec. Il fallait donc s’en débarrasser à tout prix ou frapper son action d’impuissance. On ne recula pas devant les moyens les plus iniques pour arriver à cette fin.
Celui auquel on s’attacha de préférence fut de représenter partout ce saint évêque, qni voyait si bien et qui aimait tant la vérité, comme un homme remuant, brouillon, aimant à faire constamment du tapage ; comme un imprudent qui gàtait toutes les affaires ; comme un perpétuel obstacle au règne de la paix; enfin, comme une espèce de fou qui poussait tout à l'extrême. Ces atroces calomnies, non-seulement on les a fait adroitement circuler parmi nous, mais on les a encore fait parvenir jusqu’à Rome, où l’on s’est évertué avec une énergique persévérance à les ancrer dans les esprits.
Et qui oserait dire que tout cela se faisait à l’iasu de Mgr. Taschereau ? Pas les messieurs du Séminaire de Québec assurément ; encore moins certains prêtres de l’archevêché.
Le plan de nos libéraux était celui-ci: exaltons le plus possible Mer. Taschereau, qui fait admirablement bien notre affaire ; représentons-le à Rome comme la prudence, la science et la sagesse même, puis en même temps dénigrons Mer. Bourget en le peignant sous les couleurs les plus défavorables.
Ce plan a réussi à merveille. Mgr. Bourget, traqué ici de toutes parts, ne pouvant plus d’un autre côté se faire entendre à Rome et s’y voyant même mal accueilli, a cru, dans son humilité profonde, que Dieu lui signifiait par là qu'il était devenu un serviteur pour le moins inutile dans le champ de son Eglise, et il a offert sa démission. A l’empressement avec lequel elle a été acceptée, il a été facile de comprendre quel astucieux travail avait été fait pour ruiner à Rome le crédit de Mgr. Bourget.
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Cet évêque s'est beaucoup remué, mais il s'est remué dans l’ordre; il s’est remué, entr'autres choses, pour doter et couvrir son diocèse d'œuvres saintes et par là même impérissables. Combien d’autres, hélas ! ne se remuent que pour étouffer toute bonne semence et que pour paralyser le bien déjà existant ! Ceux-là, on les dits sages et prudents! Que pourrait-on, en effet, leur reprocher dans notre siècle de souveraine lâcheté, puisqu'ils semblent n'avoir à cœur que de ne pas contrarier les méchants ?
Le même travail de démolition qu'on avait employé contre Mgr. Bourget, on l’employa aussi contre les autres évêques de la province; mais avec cette différence qu'il ne fut pas organisé dans d’aussi vastes proportions, ni avec autant de malicieuse fourberie. On se contenta de faire voir que Mgr. Bourget exerçait une espèce de fascination sur la plupart de ses collègues dans l’épiscopat, lesquels, faute de lumières suffisantes, n'ayant pas le grand savoir de Mgr. Taschereau, étaient plus portés à suivre les exemples d’un zèle bouillant et mal éclairé, que les conseils d’une froide, mais sûre raison théologique. On se disait : “ Frappons le chef,” mettons-le hors de combat, et nous aurons bon compte ensuite de ‘“ ceux qui marchent à sa suite.” Et réellement, la défaite apparente de Mgr. Bourget était bien de nature à décourager quelques-uns de ses collègues.