‹ La source du mal de l'époque au Canada [microforme]Chapitre 8 sur 33 · BRO · texte numérisé non relu

BRO

is du es de après es au

nn +

réforme chrétienne de l’enseignement, telle que proposée par Mgr. Gaume, était un des principaux moyens de dissiper notre ignorance et de conjurer bien des maux qui nous menaçaient.

Afin de faire connaitre et goûter cette réforme, ils publièrent dans le journal le Courrier du Canada, des extraits des œuvres de Mgr. Gaume et de M. l'abbé Vervorst sur la question. Tout le Séminaire de Québec s'émut à cette occasion, et, de par l'autorité de Mgr. Baillargeon, stricte défense fut faite aux journaux de continuer à publier des écrits en ce sens.

On était alors dans l'automne de 1864. Voyant que les journaux étaient fermés aux partisans de la réforme chrétienne de l’enseignement, M. Pelletier entreprit de faire triompher, malgré tous les obstacles, une cause que Pie IX appelait {a cause de Dieu. Il écrivit donc, à la suite l’une de l’autre, deux brochures, Mgr. Gaume, sa thèse et ses défenseurs puis le Monde actuel, dans le but de faire connaître ce que demandait Mgr. Gaume, et quels étaient ceux qui, dans l'Eglise et dans l'Etat l’appuyaient de leurs approbations et de leurs encouragements.

Il écrivit sous le voile de l’anonyme, afin de se soustraire aux persécutions qui n'auraient pas manqué de sévir contre lui, s’il eut été connu.

Ces deux brochures déplurent beaucoup au Séminaire et à l’archevêché de Québec, mais elles furent bien accueillies partout ailleurs.

Dans l'été de 1865, il en écrivit une troisième en réponse à certaines objections que M. Chandonnet avait soulevées dans les journaux.

Il y avait alors au Néminaire de Québec au moins six prêtres qui partageaient les idées de Mgr. Gaume sur la nécessité d’une réforme de l’enseignement, et qui ne voulaient point du libéralisme de Mgr. Dupanloup et de M. de Montalembert. Ils furent tous forcés de laisser la maison à cause de leur manière de voir.

En 1866, M. Pelletier laissa le Séminaire de Québec et en-

PUMA Ps

tra comme professeur au Collége de Ste. Anne, qui est situé dans le diocèse de Québec. De 1866 à 1868, il publia trois

nouvelles brochures qu’il signa du pseudonyme de George St.

Aimé. Elles traitaient encore de la question des classiques,

la première sous une forme didactique, les deux autres, sous

forme de discussion. Hors un petit nombre d'amis dévoués et très discrets, nul ne savait que M. Pelletier fut l’auteur de ces brochures.

Dans le but de tuer une question qui l’importunait on ne peut plus, le Séminaire de Québec, dont M. Taschereau était alors le supérieur, essaya de faire condamner par le St. Office la première de ces brochures, La Méthode Chrétienne. Yn conséquence, M. Benjamin Pâquet, passé maître en intrigues et peu scrupuleux su: les moyens à prendre pour réussir, présenta à Mor. l'archevêque Baillargeon cinq propositions qu’il lui dit être le résumé parfait de la doctrine des gaumistes. Le vénérable prélat devait les expédier au Saint Office, avec prière de les condamner. Et pour ne pas manquer d'obtenir ce résultat, il devait de plus, toujours à la suggestion de M. B. Pâquet, dire que ces propositions faisaient beaucoup de mal dans son diocèse, et donnaient lieu à de graves dissen-

Æions dans le clergé.

Ces allégués étaient faux, et, de plus, aucune des cinq propositions, telles que formulées, ne se trouvaient dans les brochures. Mais M. Chandonnet, qui étudiait à Rome à cette époque, avait écrit à M. 8. Paquet qu'il fallait s’y prendre de cette façon, si l'on voulait obtenir du Saint Office la condamnation sollicitée. Il avait aussi fortement recommandé de ne rien dire où faire qui l'obliget à montrer les brochures au Saint- Office.

Mer. Baillargeon fut le jouet de ces manœuvres. Il écrivit au Saint Office dans le sens qu’on lui avait conseillé, et il en reçut Une réponse qui n’atteignait en rien les idées de Mer, Gaume. Il publia néanmoins une circulaire, œuvre sans aucun doute des Messieurs du Séminaire de Québec, pour démontrer que la réponse du Saint Office condamnait ces idées, et qu'il n’était plus permis de les soutenir.

El ES

Am [1 nf DD 2: 2 Le té “un A

Rss.

Mgr. Gaume, qui prit connaissance de cette circulaire qu'avait publiée un journal de Paris, écrivit alors dans le journal Le Monde. I] prouva que tel n’était pas le cas, et quebien au contraire, cette réponse du Saint-Office était une solennelle approbation de la thèse qu’il avait soutenue.

M. Pelletier fit la même chose dans la seconde brochure signée “ George St. Aimé ” et intitulée “Lettre à Mgr. Baillargeon. ”

Enfin, la troisième brochure, portant le nom de George St. Aimé, fut une réponse aux attaques de M. Chandonnet contre les partisans de la réforme chrétienne de l’enseignement, et de plus la manifestation publique, par production de pièces authentiques, de toutes les fourberies et machinations que lui et son ami, M.Pâquet, avaient mises en œuvre pour tromper le Saint-Office. Cette brochure fut répandue partout en même temps le 27 juillet 1868, et Le 12 août Mgr. Baillargeon publia une circulaire contre elle et contre celle qui l'avait précédée.

Dans la dite circulaire, qu'avait rédigée M. Taschereau après avoir condamné ces deux brochures, il ordonnait de les brüler dans l’espace de trois jours, sous peine d’excommunication so faclo pour les laïques, et de suspense aussi 5ps0 facto pour les prêtres. Il défendait sous les mêmes peines de ne plus rien écrire, et même de ne rien lire sur la question, fussent des écrits venant de l'étranger, s’il n'avait pas l’approbation de l'Ordinaire. Il enjoignait enfin à l’auteur, que l'on ne connaissait pas, mais qu'il voulait connaître par ce moyen, de brüler ses manuscrits, et se rétracter publiquement et de réparer tous les torts faits à MM. Pâquet et Chandonnet.

Mgr. Baillargeon donnait un mois à l’auteur pour se conformer à ces ordonnances. Ce laps de temps expiré, s’il n'avait rien fait, il devenait suspens ou excommumié, suivant sa condition de prêtre ou de laïque.

M. Pelletier ne bougea point. 11 jugea, d’après les réponses que donnèrent à ses consultations plusieurs théologiens et canonistes éminents, notamment M. Stremler, Mgr. Gaume

et Mgr. Filippi, évêque d'Aquila, que les peines portées contre lui étaient nulles, et que, puisqu'il n’était pas connu comme auteur des brochures condamnées, la raison du respect et de la soumission düûs à l'autorité, ne l'obligeait point à se conduire publiquement comme censuré. D'ailleurs, les censures lancées contre George St. Aimé avaient pour bat principal de forcer cet auteur à livrer son secret, à se dénoncer lui-même; et, ce résultat obtenu, on l'aurait soumis aux plus terribles persécutions. Vu ces circonstances, M. Pelletier, eut-il péché gravement, en publiant ses deux dernières brochures signées du nom de Georges St Aimé, ce qui n’est pas le cas, n’était pas obligé de respecter les censures portées contre lui.

Il fit porter plainte secrètement au Saint Office, par l’entremise de Mgr. Filippi, contre Mgr. l'archevêque Baillargeon, qui cessa quelque temps après de tenir aux prescriptions de sa circulaire. Le vénérable prélat avait lui-même écrit à Rome pour faire approuver la conduite qu'il avait tenue en cette affaire, et Rome s’y était refusée.

Plusieurs avaient fini par soupçonner que M. Pelletier était Greorge St Aimé. Comme ce Monsieur écrivait souvent en faveur et pour la défense de toutes les bonnes causes, ses adversaires crurent ne pouvoir mieux faire que lui reprocher, en guise de réponse, qu'il avait été ignominieusement condamné par son évêque. M. Pelletier se trouvait alors dans le diocèse de Montréal par suite des persécutions qu’il avait subies, et y remplissait les fonctions de curé. Cédant aux instances d’ecclésiastiques distingués, il écrivit en juin 1876 au cardinal Patrizi, secrétaire du Saint Office, pour lui demander quelle sentence avait été rendue, en 1868, par cette Sacrée Congrégation, à propos de peines ecclésiastiques portées par Mer. Baillargeon contre George St Aïmé. Il lui avoua qu'il était George St Aimé et qu'il n'avait pas tenu compte de ces peines.

À la réception de la lettre de M. Pelletier, laquelle avait le tort de ne pas donner assez d'explications, tant elle était laconique, le cardinal Secrétaire du Saint-Office écrivit de suite

ées conconnu du rest point urs, les ur bat dénonis aux . Pellernières ui n’est portées

r l’enargeon, ions de écrit à nue en

elletier ouvent es, ses rocher, t cons dans ] avait it aux n 1876 ui de- * cette S por- Il lui s tenu

rait le it lab suite

Page 1