‹ La source du mal de l'époque au Canada [microforme]Chapitre 9 sur 33 · HET · texte numérisé non relu

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à Mgr Taschereatt pour avoir des renseignements sur l'affaire dont il s'agissait, vu qu’elle avait eu lieu dans son diocèse sous le règne de son prédécesseur. Sa lettre était de la fin d'aùt 1876,

"7 Mer. l'archevêque Taschereau aurait dû se rappeler alors

qu'il y avait une circulaire de 1868, que lui-même avait rédigée, étant vicaire général, et que cette circulaire condamnait George St. Aimé pour avoir fait tort au prochain (à MM, Pâquet et Chandonnet) et pour avoir manqué envers l'autorité épiscopale. Mais comme il ne craignait pas d’être démenti par la production des écrits signés ‘“ George St. Aimé,” parcequ'il était sous l'impression que le feu les avait tous détruits, il répondit au cardinal que son prédécesseur avait justement prononcé la peine de suspense contre Greorge St. Aimé, vu que cet écrivain avait ATTAQUE LE SAINT-NIEGE dans ses écrits et l'autorité épiscopale. On ferait facilement pendre un homme, d’après ce mode d'exposer les faits.

En conséquence des informations données par Mgr. Taschereau, le cardinal Caterini écrivit à Mgr. de Montréal que. le prêtre Alexis Pelletier, qui exerçait le ministère dans son diocèse, avait été légitimement et validement censuré par l’archevèque de Québec, qu'il s'était rendu très-coupable en ne respectant pas la censure, qu'il avait encouru l'irrégularité et qu'il ne pouvait être absous qu’en reconnaissant humblement tous ses torts et en renonçant pour toujours à écrire sur la question des classiques. Mgr. Taschereau eu vent de la chose. Il écrivit donc à Mgr. de Montréal, délégué par le Saint Office pour régler cette affaire, et lui dit que M. Pelletier devait rendre sa condamnation publique. Mgr de. Montréal répondit que tout était réglé et terminé. Mais Mgr. Taschereau ne l’entendait pas ainsi ; il prétendit d’abord que Mer. de Montréal ne pouvait pas régler l'affaire de M. Pelletier; obligé ensuite de céder sur ce point, il insista pour que la condamnation fut publiée dans les journaux.

Le Saint Office avait été loin d'exiger que M. Pelletier fut traité avec autant de rigueur, et Mgr. Taschereau intervenait dans une affaire qui, évidemment, ne le regardait pas

le moins du monde. Sa manière d'agir alors n'était autre chose qu’une odieuse usurpation d'autorité. Comme il menaçait de faire grand bruit à cette occasion, M. Pelletier rendit sa condamnation publique. Il avait préalablement rempli, en présence de Mgr. de Montréal, les conditions posées par le Saint Office.

Mer. Filippi et Mgr. Gaume, qui connaissaient toutes les brochures signées Creorge St. Aimé, et qui les avaient même en leur possession, écrivirent à M. Pelletier, après qu'ils eurent appris la nouvelle de sa condamnation, pour le féliciter d’avoir accepté cette condamnation “ quoique mal fondée el extorquée par de honteux mensonges. ” Ce sont leurs propres paroles.

Mcr. BOURGET VEUT AVOIR UNE UNIVERSITE A MONTREAL. LE SEMINAIRE DE QUEBEC S'Y OPPOSE.

Jusqu'en 1865 environ, il n’y avait pas eu de scission apparente entre les membres de l’épiscopat canadien-français. Mgr. Baillargeon, trompé par les intrigues de son séminaire et de son entourage, était le seul évêque canadien qui se montrât hostile à la réforme chrétienne de l'enseignement. Mais cela passa presque inaperçu aux yeux des laïques. Et certainement que Mgr. Baillargeon n'eut pas pris cette attitude, s’il n'eut pas été mal avisé par son conseiller, M. Taschereau.

En 1862 et en 1865, la question d’une nouvelle Université à fonder à Montréal préoccupa beaucoup les esprits. Il en fut encore ainsi quelques années plus tard, comme on le verra dans la suite de cette esquisse.

Mgr. Bourget, comme nous l'avons déjà vu, avait été trompé dans ses espérances au sujet de l'Université Laval. Elle n'était pas l'Université catholique telle qu'il l'avait conçue. En outre, elle mettait à l’affiliation des séminaires, des colléges et des autres institutions, des conditions excessivement onéreuses. Par ces conditions, le Séminaire de Québec

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