NM730 PROCES-VERBAL
d'AnAlyse d'un èchantiUon d'eau minérale provenant de Ooren,
département du Gantai,
et remise au laboratoire par M. le Maire de Coren.
Chlorure de sodium 1,308
Sulfate de soude 0,068
Sulfate de magnésie 0,303
Sulfate de chaux 1,121
Carbonate de chaux 0,628
Carbonate de fer 1,320
Silice 0,019
Alumine 0,013
Poids des sels trouvés 4,780
Quantité d'acide carbonique libre 0,157
c Celte eau peut être désignée sous la qualification de bicarbonatée ferrique , chlorurée sodique et sulfatée calcique. Ses caractères sont donc complexes , aucun de ces trois éléments n'y possédant une prééminence marquée sur les autres.
» Alger, le !•' juillet 1887.
> Sicrné : C. Tingry. f
Voici une deuxième analyse des eaux de Coren , faite tout récemment par TAcadémie de médecine de Parisj. Elle diffère
très-sensiblement, sur certains points, de Tanalyse du laboratoire d'Alger*.
1« Bicarbonate de chaux 0,582 \
2^^ Bicarbonate de magnésie 0,080 i
3° Bicarbonate alcalin 3, 725 I
4® Fer et alumine 0,105 \ 7,076
5* Chlorure de sodium 2,400
6« Sulfate de soude 0,064
7« Silice 0,120
8® Acide carl)onique libre en quantité considérable.
Rapport de cette analyse a été fait à TAcadémie de médecine par M. Constantin (Paul), le 5 février 1889.
Sur le vu de cette analyse et du rapport dont elles ont été Tobjet, les eaux de Coren ont été estimées utiles à la santé publique et, par arrêté ministériel du 7 mars 1889, rexploitation de « la source Font de Vie de Coron 9 a été autorisée*.
La température est de 13 degrés à la source. H-est p robable q u e l e transpor t d o Ger e H à Algor a- modifié la compooition de a eaux da«s istne Gertaine mesttre. La conmiuno va faire prooédor - è une a utre a nalys e p ar le l aboratoi r e do Pario ; 0fv4iefït la-y occdcnt« pe«r i niiuffisanto ;
Ces eaux sont employées, dans le pays, comme reconstituantes, surtout pour les enfants de huit à quatorze ans, et
1 — Copie telle qu'elle m'a été transmise par M. le Maire do Coren :
a Coren, 18 septembre 1S89.
» Monsieur le Président ,
» En réponse à votre lettre du 13 courant que je viens de recevoir, j'ai l'honneur de vous faire connaître que j'ai fait faire par l'Académie de médecine une seconde analyse, et c'est d'après cette deuxième expertise, suivie d'un rapport du membre de cette assemblée, que M. le Ministre a pris un arrêté (7 mars 1789) autorisant l'exploitation de la source Font de Vie de Coren. Nous sommes très-heureux de ce beau résultat qui nous permettra de tirer parti de ces eaux avec plus d'avantage qu'auparavant. Ces avantages seront plus considérables encore avec votre si dévoué et si précieux concours dont je vous remercie bien sincèrement au nom de ma commune.
j» Daignez agréer, etc. » Viallefont, maire. »
2 — Il ne lui manque plus désormais que les malades et la publicité. Tout ce que pouvait faire l'auteur de cette notice était de placer, à côté des attestations officielles de notre temps, les certificats non moins authentiques des nombreux malades qu'elle a guéris ou qui ont cru l'être I)ondant deux siècles consécutifs sous l'Empire romain.
COTttme légèrement purgatives. De tous temps, pendant la belle saison, de bonnes femmes venaient puiser quelques bouteilles dans le sable du ruisseau et les vendaient à St-Flour où Ton en usait comme d'une eau de table assez agréable. Mais les matières terreuses dont elles étaient souillées en rendaient l'usage fort restreint ; lorsqu'un maire intelligent, M. Viallefont, s'est avisé, en 4885, qu'elles pourraient être de quelque produit pour la commune. Il a donc prescrit le nettoyage et l'isolement de la source la plus forte, dite Font de Vie. Il s'est trouve, sans s'en être douté, le continuateur d'Auguste.
TraTAUx de eapta^e du temps des Romains.
Au mois de juillet 4886, comme les ouvriers enlevaient la terre et poursuivaient les deux naissants de cette source jusqu'à leur point d'émergence du rocher, afin de les amener à la surface purs de tout corps étranger, ils s'aperçurent qu'ils avaient déjà été captés à l'aide de travaux rudimentaires mais solides.
Ils consistaient en une cuve carrée, en bois, de 4"» 32 de largeur dans œuvre de chaque côté, sur 4™ 50 de profondeur dont ils rencontrèrent le sommet sous le gravier, à 4™ 32 environ au-dessous du niveau du ruisseau. Elle devait être surmontée, à l'origine, d'un second carré de mêmes dimensions de façon à former un puits boisé de trois mètres de profondeur. Mais le cadre supérieur avait disparu. Des débris de sapin pourri annonçaient qu'il n'avait pu résister à l'action du temps. Plus exposé aux brusques alternatives de dessication et d'humidité , la pourriture avait dû envahir sa partie supérieure et de là se communiquer au surplus, tandis que la caisse entièrement immergée était placée dans de meilleures conditions de résistance.
La cuve était formée de quatre forts pieux de chêne reliés par des madriers de sapin de cinq à sept décimètres d'épaisseur, avec un fond de madriers de chêne de trois pièces seule-
ment, de semblable épaisseur, percé de deux trous irréguliers de 12 centimètres de diamètre chacun. Ces trous correspondaient exactement aux points d'émergence des filets d'eau minérale à capter. Ils y passaient à gros bouillons. Le fond de la caisse ne reposait pas directement sur les griffons pour en laisser le jaillissement plus libre. Les quatre pieds, dépassant, par en bas , le plancher de 60 centimètres environ , s'appuyaient sur les parois latérales du roc préalablement évidé en entonnoir. Entre le fond de la caisse et le fond de l'entonnoir où les naissants s'échappaient du rocher, il y avait une distance de 1"50. La caisse supérieure devait dépasser le niveau du ruisseau de 18 à 20 centimètres. Du point d'émergence au sommet du puits, avant sa destruction partielle, il y avait donc environ 4"» 50. Le travail des ouvriers romains se suivait très-bien.
Après avoir isolé et asséché le terrain de la fouille à l'aide de bâtardeaux, ils avaient mis à nu le rocher de gneiss cristallin qui constitue le sous-sol du ruisseau , et y avaient taillé au pic un trou de l"^oO environ sur 2™ 50 à 3 mètres de diamètre , au fond duquel sourdaient les deux naissants. Puis ils avaient posé au-dessus la caisse inférieure sur ses pieds, en laissant, au-dessous du fond percé de trous, le vide dont nous avons parlé , pour le jeu des sources.
Aucun clou n'a été employé à cause de la rouille qui les aurait détruits; les planches latérales étaient reliées les unes aux autres par des enchevêtrements. Le sapin lui-même, sans parler du chêne, était bien conservé, grâce à une infiltration profonde des substances minérales; la chair du bois était devenue noire comme celle de nos vierges miraculeuses, la surface était partout d'un jaune safran par suite du dépôt minéral. Il fallait que cette infiltration se fût faite assez vite pour avoir devancé l'œuvre de la pourriture du bois blanc qui marche rapidement. J'ai vu les bois de la caisse debout sur le bord du ruisseau ; le chêne était devenu dur comme du bois de fer ; le sapin se décomposait à l'air. Los effets de l'eau de Coren sur le bois devaient être fort connus des ouvriers gallo-romains du pays, sans quoi ils auraient employé du chêne partout.
PLM DES TRffi/AUXDECAPTAGE
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