ACTE TROISIÈME
de tout homme et qui grandit à mesure que sa jeunesse diminue, cestrésorsd'alTeclioii. cette réservede tendresses, que,devantles brutalitéset les laideurs de la vie,soncœur refoule en lui, qui s'y accumulent avec les déceptions et les années et dans laquelle elle pourrait prendre sans craindre de l'épuiser jamais, car jamais... Hum! Et c'est pour cela que je lui disais : « Glotilde, c'est impossible, absolument impossible! »... (a part.) Je fais pourtant ce que je peux!
M ART II E, secouant la tête.
Vous ne l'aimez pas, monsieur Max,
Elle est assise près île la table la tète dans les mains comme dans la scène du deuxième acte avec Max.
Je ne... Permettez! je n'ai pas dit... Ah !je n'ai pasdit non plus que je l'aimais... Je ne me suis pas expliqué... Je suis resté sur le terrain des faits... (Tendrement.) Restons sur le terrain des faits !... Je ne suis pas vieux, c'est vrai, mais dans dix ans, songez donc, dans dix ans, j'aurai... j'aurai... dix ans de plus...
MARTHE, timidement.
Elle aussi...
MAX
Elle aussi, c'est vrai, mais ça ne sera pas la même chose... parce que dans dix ans, pensez, moi, j'ai déjà trente... hum! trente-trois ans !
MARTHE, joyeuse, à part.
11 ment !
MAX
Et elle... elle n'en a que dix-neuf...
MARTHE, soubliant.
Vingt !
MAX, A part.
Vini;t! Ali! chère petite, comme elle m'aime! (Haut.) Voyons, clière enfant, ne m'ôtez pas mon courage. Ah ! j'en ai besoin, je vous assure... Tout cela n'est qu'un rêve délicieux, mais, en faire une réalité, si tentante, si désirée qu'elle soit, ce ne serait ni raisonnable ni prudent... Et si plus tard sa jeunesse se révoltait, si elle s'apercevait qu'elle s'est trompée et qu'elle en vînt à se repentir... Oui, oui, c'est impossible, vous le croyez, mais moi. je l'ai vu, cela arrive,... et si cela arrivait, quel remords pour moi, quel supplice pour elle !
MARTHE, baissant la lêtc en plciii-ant.
Vous ne l'aimez pas !
MAX
Ah! ne dites pas cela! Pci.sez! réfléchissez!... Et ne pleurez pas, oh ! je vous en prie, je vous en supplie, ne pleurez pas ! (a part.) Ah! bien, si elle pleure maintenant! (Haut.) Comprenez-moi, deviuez-moi ! Je vous jure que je ne peux pas lui donner une plus grande preuve de mon am... de mon alfect... de mon amitié que celle que je lui iiOnne en ce moment, je vous le jure, je vous le juie, mademoiselle Marthe ! (.Marthe cache sa tctc dans ses mains.) Marthe !
Souris ! ma chère Souris ! Oui, c'est un effort cruel, mais c'est pour elle que je le fais. C'est pour ne pas la sacrifier (jue je me sacrifie !
MARTHE, tecoaai.t lu tctc.
Vous ne l'aimez pas !
MAX, s'emporta t.
Mais ne dites donc pas cela ! Mais c'est injuste et mé-