ACTE PREMIKR
jamais! ne plus aiiner jamais! (ii so lève.) Ah! no plus aimer surtout ! ne plus frissonner à l'odeur d'un parluin, pâlir au froufrou d'une robe, presser délicieusement un gant sur sa chair, embrasser en pleurant une fleur sèche, an ruban fané, un papier jauui, que sais-je? Ne plus faire ces choses stupides et douces, ridicules et pres(iue sacrées, dont on rit tout haut, mais dont on pleure tout bas, et qui restent dans le souvenir entre ce sourire et cette larme... et qui sont le bonheur de la vie, après tout! toute la vie même! Ce n'est que quand on commence à aimer, qu'en vérité, l'ou commence à vivre; et ne plus aimer c'est commencer à mourir ! Ah ! Clotilde ! Clotilde ! ne plus avoir cela, quelle misère ! N'en plus souffrir, quelle souffrance ! En rire même peut-êlre un jour, quelle tristesse ! Enfin, je suis donc resté trois mois ainsi à rouler ces idées peu gaies... et, ma foi! au troisième...
Au troisième, comme j'avais la nostalgie des conquêtes et des coquettes, de Paris et des Parisiennes, et des femmes du monde qui font les cocottes, je me suis souvenu que mon amie Clotilde était ma voisine de campagne, et je suis venu chez elle, croyant retrouver la folle maison d'autrefoiset la joyeuse société des anciens jours... Hein? quelle désillusion ? Mais j'y songe ! vous devez vous ennuyer horriblement ici?
MAX
Jamais je n'ai été plus heureux.
CLOTILDE
Ah!
MAX
Youlez-vous savoir mon rêve? Ce serait de vivre ainsi, toujours, dans le charme de cette intimité confiante et
calme que je ne connaissais pas, et que vous m'avez fait connaitre.
CLOTILDE
11 faut vous marier, mon ami !
MAX
Ah ! bien ! Ah ! bon! je raltenchiis ! £n voilà encore un indice! Me marier! C'est cela! Epouser la Souris, n'est-ce pas ? Oh ! si vous croyez que je ne connais pas votre petit plan !
CLOTILDE
Eh bien, mon ami?
Une mineure, maintenant ! Oh ! non ! alors. Pas si vieux que cela, voyons ! je n'ai que trente... hum! trente-six ans, après tout ! Et puis, enfin, je ladétesle, votre Souris, vous savez bien, et elle me déleste!... Mais si, pour elle, je ne suis qu'un octogénaire bien conservé... à son âge, moi, les gens du mien...
CLOTILDE
Vos âges s'attirent, au contraire.
MAX
Mais enfin, pourquoi? A quel propos? Quelle idée de me faire épouser cette enfant insignifiante?...
CLOTILDE
Vous ne la connaissez pas, je vous dis.
MAX
Non ! j'en étais sûr ! Avouez que c'est pour cela que vous l'avez fait venir, et que vous me dites tant de bien