ACTE DEUXIÈME
MARTHE
Vous ne me trouvez pas ridicule, susceptible?
MAX
Comment!
MARTHE
Mais de vous reprocher... de me plaindre... Vous n'êtes pas fâché?...
Mais non, mais non ! .. . Qu'elle est donc craintive ! (a part.) 11 y a de l'enfant, il y a de la femme... c'est un mélange... c'est très curieux!
MARTHE
Je ne sais pas comment j'ai osé vous dire tout cela, mais j'avais le cœur si gros, c'était plus fort que moi, voyez-vous?
MAX
Et je vous en sais gré, au contraire. Non, c'est vrai, je ne sais pas où j'avais la tête... une grande jeune fille de dix-huit ans !
MARTHE
Dix-neuf!
MAX
Dix-neuf? Tiens! je croyais... Je n'en étais que plus coupable alors!... Enfin, oublions cela, c'est passé. Donnons-nous la main... Vous ne voulez pas me donner la main?... (n lui prend la main.) Comme elle (remble? Ah! ça, mais je vous fais donc peur?
MARTHE, timidement.
Oh ! oui :
MAX
Mais je ne veux pas de cela! Je veux que nous soyons
amis! (a pan). Une de plus! ma spécialité! toujours! (Haut, souriant.) El Gu attendant, puisquc uous sommes réconciliés, ne parlons plus de cette vilaine histoire, et surtout, plus de couvent!... Ah! vous ne rentrez plus au couvent, c'est convenu?...
MARTHE
Il le faudra bien, monsieur Max; où voulez-vous que j'aille?
MAX
Comment!
MARTHE, tristement.
On m'aime, là!
MAX
Mais ici, aussi, on vous aime. Je n'ose pas parler de moi, dont l'amitié est peut-être un peu récente; mais Clotilde...
MARTHE
Oh! Clotilde!... Clotilde deviendra veuve, elle se mariera, et moi...
MAX
Eh bien, vous aussi!...
MARTHE, tiistemenl.
Moi?... Oh! jamais!
MAX
Allons donc! comme si vous pouviez renoncer à la vie avant de la connaître, et quand vous avez toutes les chances d'y être heureuse.
MARTHE
Non, je ne suis pas faite pour être heureuse, moiî
Qu'en savez-vous?