‹ La Souveraineté du peuple, essais sur l'esprit de la RévolutionChapitre 128 sur 228 · LIVRE I". SITUATION RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

LIVRE I". SITUATION RELIGIEUSE

l'attention des esprits sérieux, et ce simple aperçu fait entrevoir toute l'immensité d'une révolution à laquelle nul événement historique ne peut être comparé.

Je n'ajouterai rien ici sur l'époque indo-chinoise. Elle se résume dans le panthéisme et l'athéisme confus, comme la seconde époque dans le dualisme ario-égyptien, et la troisième dans le trinitarisme gréco-chrétien.

Mais au sortir de la première époque il se présenta un problème fort intéressant. Si l'on compare le choix des catégories principales à celui des axes, on peut l'assimiler au choix de l'origine des coordonnées.

Il donna lieu a l'examen d'un nouvel ordre de catégories fort différentes de celles qui nous ont occupés.

Quelques mots à ce sujet fixeront les idées et ne seront point inutiles, car ils nous mettront à même d'apprécier plus facilement la décadence religieuse de notre époque.

Tous les phénomènes se rangeaient d'eux-mêmes dans cinq grandes catégories. Trois étaient simples :

L'esprit. — La force. — La matière.

Les deux autres étaient complexes. Ainsi l'ensemble des sentiments et des sensations, ce que nous nommerons Y âme, semblait procéder de la force et de la pensée et les supposait inéluctablement. Il en était de même . des organes et du mouvement par rapport à la force et à l'étendue. Cette seconde catégorie complexe, nous la nommerons la vie. L'ensemble des catégories dans lesquelles venaient se ranger toutes les manifestations se divisait en — esprit, âme, force, vie, matière.

Ces noms ont souvent varié ; souvent ceux dont je me sers ici ont été pris dans des acceptions plus générales ou plus restreintes, cela importe peu. Quelles que fussent leurs dénominations, ces catégories n'en ont pas moins été universellement admises; il me suffit qu'elles soient comprises dans le sens que je leur attribue.

Indépendamment de cette distinction entre les catégories simples et les catégories complexes, il est digne de remarque que bien que la catégorie des forces soit certainement simple, elle nous apparaît encore comme double — force et volonté — et bien que, par une sorte d'intuition d'une vérité nécessaire, le langage les confonde incessamment, ce n'en est pas moins le plus profond mystère de savoir comment en nous la volonté se transforme en force, c'est-à-dire comment la force morale devient force physique et réciproquement, ainsi qu'il arrive quand le phénomène détermine la sensation.

Il s'ensuit que l'âme supposant nécessairement l'esprit et la volonté, ces trois termes unis constituent les attributs du moi humain et semblent séparés des trois termes : force, vie et matièré, qui, non moins invinciblement unis, sont les attributs de ce que nous nommons la nature.

Les catégories dont nous parlons se groupent donc suivant quatre modes principaux qui se définissent ainsi :

Simples. — Complexes.

Animiques. — Naturels.

Ces groupes ne sont, sous une forme nouvelle, que

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