‹ La Souveraineté du peuple, essais sur l'esprit de la RévolutionChapitre 133 sur 228 · LIVRE I". SITUATION RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

LIVRE I". SITUATION RELIGIEUSE

Ormuz à vaincre le génie du mal ; qu'une morale naisse de ce devoir, de ce droit et de cette espérance.

Telle fut la religion de l'Arie et la révélation mazdéenne.

Qu'arriva-t-il? La science eut pour but d'étudier les phénomènes où se dénotait la double action des deux principes, afin d'aider au bien et de combattre le mal. Elle observa l'âme, elle observa la nature, elle étudia leurs relations. Dans l'une dominait Ahriman, dans l'autre dominait Ormuz. Or, chose étrange, partout le mouvement et les organes répondaient aux sentiments et à la sensation ; là où la science des mages avait cherché la lutte elle trouvait l'harmonie; des observations jaillissaient des lois, dans ce chaos présumé l'ordre se faisait avec la lumière, avec l'ordre arrivait la nécessité ; l'homme n'avait plus rien à changer, la morale était sans cause et le dogme était vaincu. Il était surtout condamné par la science par excellence, la magie, c'est-à-dire l'étude des harmonies de l'âme et de la vie, l'une des sciences au moyen desquelles allaient se construire les dogmes subséquents.

Quant à l'Egypte, elle prit un autre parti; ce fut dans ces catégories complexes où l'Arie devait la découvrir quelle plaça tout d'abord la nécessité, et ce furent les phénomènes de l'esprit et de la matière, c'est-à-dire les opérations de la raison pure et les formes des corps qu elle * considéra comme accidentelles.

L'âme et la vie, unies par leur élément commun (la force), furent époux et épouse, Osiris et Isis. Tous les phénomènes qui naissaient de leur union furent divins et nécessaires, ceux-là seuls dans lesquels ils apparaissaient

isolés dans l'homme et dans la nature perdirent ce privilège; ils furent ainsi livrés à l'influence humaine et soumis aux investigations de la science; elle eut pour mission d'observer la raison et les formes.

Qu'arriva-t-il?

Formes et raison se trouvèrent soumises à des lois inattendues; la science créa la logique et créa la géométrie ; elle ne s'arrêta point là : bientôt il fut démontré que ces deux sciences n'en faisaient qu'une et se correspondaient de tout point. Le nécessaire envahissait encore le contingent; et l'hermétique, ou l'étude des rapports entre le nombre et la pensée, chassa définitivement le désordre et le trouble de ces extrémités, en apparence opposées, de l'univers moral et physique.

Isis et Osiris s'identifiaient ensemble, le serpent universel se mordait la queue, le dogme était mort et les hommes rentraient dans le panthéisme primitif avec une science de plus.

Il fallait s'y prendre autrement.

Alors commence la troisième époque.

D'abord l'époque indo-chinoise.

Puis l'époque ario-égyptienne.

Enfin l'époque gréco-chrétienne.

Celle-ci nous intéresse de plus près.

Le mouvement religieux de cette période se rattache à la division en deux groupes complémentaires :

Des catégories animiques : la volonté, lame, l'esprit.

Des catégories naturelles : la force, la vie, la matière.

Page 1