DU JÉSUITISME
Je n'entends pas désigner ici par ce mol, le jésuitisme, la propagande et l'action d'un ordre célèbre : point. Je laisse ces soins au vieux Constitutionnel et à cette sorte de gens qui se préoccupent toujours de la superficie des choses, et repoussent avec une sainte horreur toute tentative sérieuse pour découvrir les causes profondes des phénomènes qui les épouvantent.
Cependant, il est dans les noms une certaine dose de vérité. Le Messie se présente sous un double aspect : la nature divine et la nature humaine. A ces deux aspects répondent deux tendances dans l'Eglise, et deux noms dans le Rédempteur : le Christ et Jésus. Ces deux
tendances peuvent à bon droit s'appeler, sous leur forme la plus générale, le christianisme et le jésuitisme ; c'est à ce point de vue que je veux envisager le dernier.
Or, l'ordre des jésuites, fondé pour défendre l'Eglise, s est plié à toutes les circonstances et à toutes les péripéties du grand drame qui commence avec la Réforme ; aussi sa doctrine a-t-elle souvent varié.
Cependant, en raison même des progrès incessants des ennemis de l'Eglise, il a toujours dû combattre sur la défensive, et de plus en plus perdant confiance dans la glorieuse devise : in hoc signo vinces, il s'est laissé entraîner à l'emploi des moyens humains.
C'est ainsi qu'il a pris tous les caractères de la décadence que nous avons caractérisée par le rapprochement de F Evangile du Cpaisj et de Y Imitation de Jésus.
Cela était inévitable. Obligé de reculer sur le terrain de la science, de la philosophie et de tous les progrès humains, le jésuite dut se retrancher dans les éléments qui restaient à sa disposition, les ignorants, les femmes et les enfants.
A mesure que toutes les forces actives se jetaient dans le mouvement hors de l'Eglise, ses défenseurs durent faire une ligue de toutes les faiblesses pour résister à cet entraînement, et, fatalement, la doctrine de progrès, qui avait jusqu'alors conduit les hommes, dut se faire immobilité pour les retenir.
Dans le christianisme, dernier résultat de la philsosophie grecque, s'unissaient les deux éléments qui