LIVRE l«. LES POUVOIRS ET L'OPINION
lence, elles se rallient et s'abritent sous quelque signe banal à force d'être universel, et tentent au moins de nuire et d'empêcher alors qu'elles ne peuvent plus combattre isolées et vaincre. ♦
De la part de quelque parti que ce soit, prendre ainsi le nom d'un siècle ou d'une nation, le nom d'une vérité nécessaire, c'est toujours une espèce de vol fait au temps et à l'humanité; mais , do la part de la réaction, j'ajouterai que ce fut une faute.
Mise au pied du mur, forcée de choisir entre l'ordre et la révolution, certes la France se révoltera de cet absurde défi ; son indignation et sa colère seront peut-être terribles. Malheur alors à ceux qui n'auront pas craint de provoquer ce déchirement de son cœur et de sa pensée, mais elle n'hésitera jamais!
Pourrait-il en être autrement?
Quoi! ce peuple qui depuis soixante ans pour son œuvre a supporté tant de douleurs, livré tant de combats, vaincu tant d'ennemis, renoncerait à cette œuvre! lui qu'on a vu, seul contre tous, debout et révélateur au milieu des nations; lui qui s'est dit un génie de lumière; lui qui, plein d'orgueil, proclamait une espérance, une vérité nouvelle ; lui qui, pour le bonheur de tous, pour le droit et pour la liberté, n'a rien regretté, n'a rien mesuré, ni le sang des hommes, ni les larmes des mères, ni la tristesse des orphelins !
Lui-même, seul encore et désormais vaincu, lui-même il renierait sa gloire a genoux et le front baissé ; courbé sous la juste malédiction des hommes, il aimerait sa honte ! De son espoir il ferait un mensonge, de ses tra-
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vaux des crimes, de son orgueil une folie d'un jour, de ses souvenirs un remords éternel !
Ah I c'est trop de vertu quêtant d'humilité. La France est plus fière et n'est pas si chrétienne.