‹ La Souveraineté du peuple, essais sur l'esprit de la RévolutionChapitre 38 sur 228 · LIVRE 1". LES POUVOIRS ET L'OPINION · texte numérisé non relu

LIVRE 1". LES POUVOIRS ET L'OPINION

Que Ton réfléchisse un instant, et l'on comprendra le caractère de certaines séances de l'assemblée.

On a beau connaître les causes de tels votes, tout d'abord ils jettent dansl'étonneraent; c'est en vain qu'on en reconnaît la fatalité, à la longue ils usent la patience.

Il en est de certains raisonnements comme de certains bruits. Au premier moment ce ne sont que de mauvaises plaisanteries; plus tard, ils deviennent insupportables.

Vivez donc en paix avec des gens qui passent leur temps à couper des bouchons !

Nous avons hâte d'en finir avec ce sujet, nous craignons les entraînements passionnés , et si quelque chose peut exciter en nous l'indignation, c'est la nécessité de subir ces contre- vérités flagrantes.

Il est d'ailleurs inutile de montrer les conséquences désolantes de telles énormités, et l'on conçoit de reste que rassemblée, désormais surmouillée, n'eût plus peur de rien en ce genre. Ce fut alors une averse de considérations fantastiques et d'arguments inouïs, au milieu de laquelle, malgré tout mon désir de ne citer aucun nom propre, je ne puis m'empêcher de reconnaître que M. Rouher sut se distinguer par une énergie particulière.

Cet éloge revenait de droit au ministre de la catastrophe.

Conclusion :

Quand on part d'une supposition fausse on aboutit au non sens.

Si l'abus de l'urgence avait quelque chose d' effrayant

pour la raison, l'abus des lois provisoires n'est pas moins effrayant pour la conscience.

Il est de l'essence des doctrines qui tendent à faire considérer l'organisation sociale comme vicieuse, de disposer l'esprit à une grande indulgence pour les personnes.

Dans un acte coupable, en effet, tout ce qui doit être imputé à la maligne influence des institutions vient à la décharge des individus. Tel est le véritable sens judiciaire des circonstances atténuantes.

C'est pourquoi l'étude critique des sociétés et l'amour sincère de la révolution conduisent à la bienveillance envers les hommes. Au moment de porter une accusation grave, je ne voudrais pas oublier ces devoirs de justice et d'impartialité.

xm.

Il n'est point toujours contraire au sentiment moral que des hommes passent d'un côté à l'autre dans une assemblée.

Nous ne parlons pas de ceux dont les convictions viennent à changer, ce qui est possible ; auquel cas ils doivent renoncera la vie politique, car il ne saurait être honorable de vouloir encore conduire les hommes quand on acquiert la certitude d'une telle instabilité dans ses croyances.

Nous avons déjà remarqué que le plus souvent la ligne de conduite du pouvoir exécutif déterminait la composition de la droite et de la gauche.

Il est encore naturel que lorsqu'un progrès ou une liberté se trouve définitivement acquis, ceux dont les ef-

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