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Où est le droit d'ériger en loi absolue l'organisation politique qui se constitua au xvi* siècle sur les ruines de la politique traditionnelle du Saint- Siège? où est le droit de trausformer un accident en principe , et de faire participer cet accident à L'immutabilité du dogme ?
Où trouver, enfin, dans les idées et dans les faits que je viens d'exposer, un fondement, si peu solide qu'il soit, pour cette doctrine étrange qui assimile une société d'hommes à une propriété, et un peuple à un bien de main-morte?
Le père Ventura connaissait tous les périls que de regrettables théories créaient au Saint- Siège, lorsque, faisant allusion à l'ancien système gouveruemeulal des États de l'Église, il écrivait :
t Le Pape devait avoir un État constitué de ma- « nière que l'action du Pontife ne fût pas absorbée t par les fonctions du Roi; il devait être Roi pour t être indépendant, mais il ne devait pas l'être c pour être effacé par sa royauté ; il devait être un
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« Roi au-dessus de tout, mais non pas un Roi con- « centrant tout en lui-même; il devait dominer tout, i mais en laissant tout à sa place ; il devait régner, « et laisser les différentes parties du pays s'admic nislrer elles-mêmes. C'est là la constitution po- « litique propre aux États-Pontificaux, sur laquelle « les modernes publicistes feraient bien de s'ins- « truire avant d'en disserter sans savoir ce qu'ils « disent (1). »
Tournons une page de l'histoire des États de l'Église, et transportous-nous dans la seconde moitié du seizième siècle. Nous sommes en présence d'une situation absolument nouvelle et de faits sans précédents.
Les Vicariats ont été détruits (2j et l'autorité
(1) Essai sur te pouvoir public, p. 598. — Paris, 1859.
(2) Il est inutile de rappeler par quels moyens César Borgia dépouilla les Vicaires de Pesaro, de Rimini, de Faenza, de Forli, d'Imôla, etc .. <• ïeneano questi signori con bolle Pon- « tificie le loro città; non importa ; dovevano cedere queste « al bisogno di stabilire la grandezza délia casa Borgia... » Muratori, ann. 1699.
immédiate des Papes s'est imposée à toutes les villes de Romagne et des Marches. Les Cités ont perdu leurs franchises ; presque toutes se sont vu enlever leurs magistratures populaires qu'ont remplacées des représentants du pouvoir central, décorés, comme à Pérouse, du titre de conservateurs de l'obéissance à l'Église. Rome n'a plus que les formes et les noms des institutions qui avaient soutenu son indépendance municipale ; on y trouve encore un conseil de la commune, mais les délibérations de ce conseil sont suppléées par des brefs; le conseil des conservateurs subsiste, mais il est dépouillé de ses attributions; un magistrat porte encore le titre de Sénateur, mais celui-ci n'est plus qu'un prêteur urbain préposé à certains intérêts judiciaires. Toute la gestion désintérêts publics a
changé de mains : Le collège des cardinaux, érigé en corps politique par la constitution d'Eugène IV, est associé étroitement et directement à la Souveraineté de l'État Poutilical (l), et il est entré eu
(1) Voyez la constitution d'Eugène IV, da'is liaynaklus, au"
partage de tous les revenus de Y Église romaine (1). La Prélature a été instituée ; elle est désormais la pépinière où se recrutent exclusivement les dignitaires delà Curia, les fonctionnaires supérieurs de l'État, les membres des Congrégations romaines (2). L'élément ecclésiastique s'est partout substitué à l'élément laïque; toute l'activité politique s'est concentrée au sein d'une hiérarchie qui se superpose au pays, mais qui n'en procède point et qui ne saurait le représenter. Le gouvernement national de l'État ecclésiastique, celui que la Papauté avait mis en œuvre pendant six siècles, est devenu, dans
ann. 1Û31 : « Item quod feudatorios et alios vicarios,
« capitaneos, gubernatores, senatores, castellanos omnesque « officiarios urbis Romanre obligabit sibi et successoribus ac « catui dominorum cardinalium ; civitates, loca arces et n castra ecclesi» immédiate subjecta tradant et expédiant « libéré. »
(1) a Item quod dominis cardinalibus assignari faciet
« medietatem omnium et sinçulorum censuum, redituum, « proventuum et amolumentorum quorumlibet Romanaî « Ecclesias. »
(2) Voyez la bulle de Sixte v, du 22 janvier 1587, pour l'organisation de quinze congrégations.
l'acception technique d'un mot qui seul répond aux réalités, un gouvernement de Caste, c'cst-àdire le gouvernement d'un corps dont le caractère propre est de se recruter en dehors des intérêts du pays où il s'exerce. En un mot, le Gouvernement