‹ La souveraineté pontificale et l'ItalieChapitre 6 sur 16 · TEMPOREL S'EST TRANSFORMÉ EN GOUVERNEMENT EC- CLÉSIASTIQUE · texte numérisé non relu

TEMPOREL S'EST TRANSFORMÉ EN GOUVERNEMENT EC- CLÉSIASTIQUE

Cette transformation est le fait essentiel, capital de l'histoire politique du Saint-Siège dans les temps modernes. C'est sur ce fait qu'il importe que les sincères amis de la Papauté aussi bien que les politiques, consentent enfin à fixer leur attention ; car il donne la clef de tous les événements qui se sont produits depuis un demi-siècle dans les États de l'Église ; et c'est en lui qu'il faut chercher la solution, la seule solution possible, des inextricables embarras où se débattent douloureusement et l'Italie et le Saint-Siège.

Cette sorte de gouvernement que, pour laisser de côté un autre mot compromis par la polémique révolutionnaire, nous désignerons sous le nom (VecclésiastUfue-afooiu , ce gouvernement eut sa

raison d'être dans l'État général de l'Europe et spécialement de l'Italie aux seizième et dix-septième siècles. La vie politique s'éteignait naturellement dans les États de l'Église quand la domination es* pagnole, auxiliaire de l'oppression allemande, s'ingéniait à épuiser tout germe d'indépendance nationale ; quand la question n'était plus de savoir si l'Italie serait esclave, mais de quelles mains elle revêtirait les livrées de ia servitude ; quand des publicistes parlant la langue de Dante et de Machiavel, osaient descendre à enseigner aux maîtres étrangers l'art d'eu finir avec l'existence nationale et personnelle de la Péuinsule (1).

Le gouvernement ecclésiastique-absolu fut donc accepté à Rome, par les mêmes causes, de la même manière et autant de temps qu'un régime analogue fut accepté à Naples, à Turin, à Florence. On devait pressentir quelle réaction se déchaînerait contre ce

(1) Voyez le curieux traité de Campauella, de Monarchid

hispanied, c. xix, et surtout, c. nv, de Baronihusrl NobitUnu Impcrii hisfumin.

gouvernement le jour où les idées représentatives, assoupies pendant deux siècles, viendraient à se ranimer au delà des Alpes, et où, soit le développement de l'esprit moderne, soit le réveil des généreuses passions du moyen âge italien, rendrait à la Péninsule le sentiment de si s destinées.

Déjà, vers le milieu du dix-huitième siècle, un tel réveil se luisait pressentir ; il devint inévitable, le jour où la France de 1789, passant les Alpes, porta aux anciennes municipalités de l'Italie centrale la contagion de l'esprit nouveau ; et quand les armées françaises entrèrent, en 1796, sur le territoire des Étals de l'Église, le mouvement de protestation contre le régime imposé depuis trois siècles à la Péninsule était déjà si violent, que le général Bonaparte écrivait au Directoire :

« Dans la légation de Bologne, on nous aime « avec enthousiasme, ou hait le Pape avec ardeur. « Ce pays-ci est uni : il demande son ancienne « constitution qui, comme toutes celles d'Italie, t est un mélange et une bigarrure de formes. Le « sénat vous envoyé trois députés. Ils regarderaient

c comme le plus grand malheur de rentrer sons la a domination papale. Je crois qu'il n'est pas de c votre générosité de les y contraindre (1), »

(l) Au Directoire, ih messidor, an îv. Pour la légation de Ferrare, voy. la lettre du 26 messidor. (Correspondance do Napoléon I er . ïom. I e '.)

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