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culiers, et letout former une circulation continue grâce aux tirages par chèques » (1), circulation dont le volume allait sans cesse grandisant.
C'est en somme l'usage du chèque qui a permis cet aspect de l'Inflation etsion ne trouve pas de précédent dans l'histoire économique, c'est que cet instrument commercial ne date guère que du XIX: siècle. L'Inflation aux Etats-Unis a surtout pris la forme d'emprunt sur titres : les hommes d'affaires obtenaient des « réserves notes » en empruntant sur des « liberty bonds» au taux de 4 1/4 °},.
Billets de banque, ouvertures de crédit, avances sur titres, bons de la défense, etc... concourent donc à l’inflation, mais sous certaines réserves : d’abord beaucoup d'ouvertures de créditne sont que le résultat du dépôt d'une somme qui allège d'autant la circulation, et ensuite un retrait de billets accompagne l'émission des bons de la défense qui, considérés souvent comme placement temporaires, contribuent à la formation de l'épargne.
Tous ces éléments de l'inflation constituent une anticipation surles richesses futures qui ne sera réduite qu'au fur et à mesure que l'épargne placera des richesses réelles en face des valeurs émises et cette anticipation étant faite au profit de l'Etat, c'est la capacité et la volonté de contribution des citoyens dans l'avenir qui sont la base essentielle de ce redressement lointain.
Pour envisager les rapports de l'inflation et de la spé-
(1) Cours de M, Germain MarTin. 1921.
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culation, il suffit de considérer les conséquences générales de la première. En temps normal, l'augmentation des émissions correspond généralement à un développement de l’activité économique, à une extension des opérations industrielles et commerciales et par conséquent n'entraîne pas une hausse des prix. Certes mème en temps ordinaire, de nouveaux billets peuvent être émis afin de faire des avances, déguisées généralement, à long terme, pour la création ou l'extension d'entreprises industrielles et commerciales. Dans ce cas, les émissions anticiperaient sur l'extension de l'activité économique et prevoqueraient une hausse de prix. Mais c'est un phénomène très rare et qui ne se pratique jamais que sur une échelle très réduite.
Au contraire les émissions de guerre ontfourni à l'Etat un pouvoir d'achat qui vient s'ajouter à celui des billets déjà existants et cela en présence d’une quantité de marchandises stationnaire ou même réduite, de sorte qu'aux autres causes qui en de pareilles circonstances, provoquent une hausse des prix, l'inflation fiduciaire vient s'ajouter pour agir dans le même sens.
Quoique certains, en ont dit, la loi quantitative de la monnaie reste vraie comme idée générale et si on veut mesurer une quantité de marchandises constante avec une valeur dont le volume augmente, il faudra en regard d'une série invariable de marchandises placer des unités toujours multipliées de cette valeur. Il faut évidemment faire une place à part aux billets thésaurisés. Au point de vue du marché économique, un billet thésaurisé est inexistant, par conséquent il ne modifie pas le niveau des prix. Tout ce qu'on peut en dire, c'est qu'il constitue une
demande potentielle, parce qu'il peut à tout instant paraître sur le marché, augmenter la demande et accentuer la hausse. Néanmoins il est probable que les billets thésaurisés sont destinés pour la plupart non pas au marché des marchandises, mais à celui des valeurs et peuvent devenir la cause d’une hausse en Bourse. |
L'inflation provoquant une variation du volume de la valeur a donc pour conséquence normale une variation de prix dans le sens de la hausse et ce mouvement prend vite un caractère accéléré parce que les deux facteurs du prix de la vie, valeur de la commune mesure et valeur des produits ou services mesurés, se font la concurrence dans cette course à la hausse. La diminution du pouvoir d’achat des instruments de paiement ,suscite une augmentation dela valeur des produits à l'égard de ceux qui les requièrent. L'appréciation gagne de proche en proche et finalement les échanges exigent pour des marchandises allant toujours décroissant des valeurs nominales qui ne font que croître.
La dépréciation monétaire s'aggrave,provoque un nouveau relèvement des prix qui entraîne à son tour une recrudescence du papier, avec le ravalement obligatoire du pouvoir d'achat, On voit l'analogie avec ce qui se passe en temps de crise. Selon la formule de M. ARNAUNE : « La hausse appelle la hausse » et quand elle se manifeste, la spéculation entre en jeu, voulant profiter du mouvement qui se dessine et provoquant chez la masse toutes sortes d'achats dits de prévoyance.
L'inflation développe donc la spéculation qui avec la guerre fut à même de profiter de conditions particulière-
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ment favorables, puisqu'il s'agissait d'acheter n'importe quoi et d'attendre.
On pouvait escompter en effet que l'émission croîtrait parallèlement à la durée de la guerre et que par conséquent les prix hausseraient au fur et à mesure que s’accentuerait l'incapacité de l'Etat de subvenir à ses chargesavec l'impôt.
Le «Statist.» du 12 Juin 1920 donne la progression des
prix de gros internationaux de 1913 à 1929.
Anglelerre Etats-Unis Japon France
La comparaison des mouvements de l'index-number pendant le dernier siècle et avec plus de détails depuis 1914 donne les chiffres suivants en adoptant comme base 1913 avec le coefficient 100.
1809 : 189 Octobre 1916 : 141,5 1918 : 159 Janvier 1917 : 159,3 1873 : 111 Octobre 1917 : 180,6 1880 : 88 Janvier 1918 : 186,2 1896 : 61 Octobre 1918 : 193,3 1911 : 80 Janvier 1919 : 192,1 1912: 85 Octobre 1919 : 224,3
1913 : 100 Janvier 1920 : 245,3 Décembre 1914 : 118,4 Avril 1920 : 266,1 (Maximum} Janvier 1916: 123,6
OR
Les statistiques de l'Economist sont légèrement différentes. Le nombre 100 correspond chez elles au niveau moyen des prix de la période 1901-1995 par rapport au-
quel on constatait une hausse d'environ 16 °/, à la veille
de la guerre, au début du mouvement ascensionnel qui a trouvé son point culminant en Mars 1920 avec un indice de 379,6.
En somme jusqu’à la fin de 1918 la hausse a étéininterrompue, mais avec l'armistice est apparue une période de désarroi commercial avec une tendance à la hausse qui se manifeste sans entrave jusqu'à Mars-Avril 1920,
‘époque où le maximum est atteint.
Ainsi l'inflation suscite, en même temps qu'un déséquilibre budgétaire et une hausse consécutive des impôts, une hausse,des prix qui provoquent dans le domaine économique une instabilité générale que guette la spéculation et à l'ombre de laquelle elle se développe. Celle-ci d’ailleurs se trouve favorisée par d’autres conséquences de l'inflation.
Il s’agit en effet de considérer la répartition de cette
abondance de moyens monétaires. S'ils se trouvaient fi-
nalement à peu près proportionnellement partagés entre les individus, ils leur permettraient d'affronter, comme il convient, les conditions nouvelles du marchéet leurs inconvénients en seraient moins graves. Mais en réalité elle provoque des inégalités de répartition, etles marges de consommation se sont trouvées considérablement modifiées suivant les professions exercées. Ilest bien certain par exemple que la capacité d'achat des fonctionnaires n’a pas cru parallèlement à celle des commerçants et
qu'il s’est produit un peu partout des phénomènes de
NARASE
sous consommation dont le centre d'ailleurs est susceptible de se déplacer suivant les époques. Ce déséquilibre tient à ce que l'Inflation opère une concentration des moyens de paiement au profit de ceux qui détiennent ‘le second facteur du niveau des prix, à savoir les produits à mésurer. Et c’est ainsi qu'une minorité relativement forte a vu sa capacité d'achat décuplée par la situation même qu’elle occupait dans l’industrie ou le commerce et les positions de spéculation qu’elle avait pu y prendre.
Il est arrivé un jour où la masse de ces capitaux a dépassé la limite de sastisfaction des besoins matériels les plus secondaires, où il est devenu impossible de dépenser davantage pour le train de vie, le luxe et même l'extension des entreprises. Le goût de la spéculation s'est alors développé d’une façon extraordinaire chez ceux qui étaient détenteurs d'unetelle quantité de moyens monétaires Ce besoin, nouveau par son origine, a abouti soit à constituer des stocks et à accentuer la hausse, soit à orienter des masses de capitaux tantôt dans un sens, tantôt dans un autre età provoquer des variations de prix sur lesquelles venaient se grouper d'autres spéculateurs plus
modestes, et tous ceux agissant par imitation. Il en
est résulté des cascades de spéculations qui n'ont fait.
qu'accentuer l'instabilité économique.
Par ailleurs, l'Inflation a èxigé naturellement un accroissement de la masse des capitaux circulants pour des. quantités produites identiques, et le capital social des. industries a dû être augmenté dans la mesure où la