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hausse générale des prix et des salaires réclamait un fond de roulement plus grand.
Bien vite le crédit en Banque u’a plus été suffisant
pour satisfaire des demandes qui, après l'armistice, se
sont multipliées du fait de la réadaptation de l'outillage de guerre à la fabrication de paix et les industriels et financiers ont abreuvé le marché des capitaux de toutes sortes d'émissions. En France, on trouve les chiffres suivants :
(1) (en millions de francs.)
Actions : 618 1.514 5 000 Obligations: 1.130 3.742 4.000 Total : 1.748 5.256 9.000
__ On ferait les mêmes constatations dansles autres pays notamment en Allemagne où on voit l'émission des actions etobligations être 10 fois en 1920 ce qu'elle était en 1919 (Statistique de la Banque STENGER-HoFFMANN.) D'ailleurs, surtout après l'armistice, une grande partie du public se porta vers les valeurs industrielles en pensant qu'elles étaient seules susceptibles de fournir avec des profits élevés, quelques garanties, puisque l'inflation ne pouvait qu'augmenter la valeur des usines et leur outillage. On pensait que l’Inflation serait longtemps le support de l’activité économique et on méprisait les valeurs remboursables en un nombre déterminé de francs qui
(1)- « Situation économique et financière» du 25 mars 1921 Dans ces chiffres ne sont pas comprises les deux émissions d’obli gations du «Crédit National » de chacune 4.000.000.000.
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iraient toujours ens’amenuisant tandis qu'il était possible de réaliser des bénéfices en liquidant en temps voulu des valeurs industrielles ayant acquis une plus value. Prenons quelques exemples (1) :
‘Thomson Houston Canal de Suez Chargeurs réunis
Janvier 1919....... 725 5.400 1.500 JOIN ares 850 5.890 1.700 Octobre TI Se 958 7.000 2.150 Janvier 1920....... 980 6.300 1.805 Marin ins 1.030 8.050 2.720 Mae rt di 1.257 9.251 1.490 J'EN CIE 1.030 6.150
ADN NE EAST Tes 1.229 7.200 1.330 OO EEE ee 940 5.800 1.030 Janvier 102120. 825 6.685 930
On voit par ces chiffres les valeurs hausser rapidement et presque sans à-coups de l'armistice jusqu'au début de l'année 1920, c'est-à-dire que les valeurs industrielles jouirent d'un prestige considérable tant que se manifesta l'excès de commerce et la spéculation générale qui aboutirent à la crise de Mai 1920. Celle-ci eut d’ailleurs son signe précurseur inévitable : la hausse du taux de l'intérêt, qui semble pourtant incompatible avec une grande abondance - de moyens monétaires, pouvant en dépit de leur origine servir à des achats de marchandises ou des services. Si
on analyse de plus près ces phénomènes, on est amené à
({)- Graphique de la situation économique et financière,
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faire plusieurs observations : L'Inflation a comme nous l'avons vu pour conséquence presque immédiate une hausse générale des prix et il y a un parallélisme entre le mouvement de ceux-ci et celui du taux de l'intérêt, le premier étant la cause dominante du second. Si la surabondance de la monnaie a ceteffet paradoxal de provoquer un enchérissement du loyer de l'argent, c’est que les besoins industriels et commerciaux croissent en même temps que le niveau des prix et que les entreprises bénéficiant d'un profit plus élevé sont amenées à faire appel à des capitaux de plus en plus nombreux pour profiter de la prospérité économique. Ceci serait vrai tout aussi bien s’il s'agissait d’un accroissement de la production de l'or, mais quand on est*en présence d’une augmentation de monnaie de papier, d'autres considérations s'imposent qui tendent à accentuer cette hausse du taux de l'intérêt.
D'une part, le capitaliste pour obtenir un revenu réel identique à celui d'avant guerre est obligé d'exiger un taux d'intérêt plus élevé en raison même de la faible capacité d'achat des signes monétaires. Un journal économique anglais a donné les chiffres suivants, qui, tout au moins pour la France, semblent au-dessous de la vérite.
8 % actuellement égalent : 5,6 % en Juillet 1914
Pour s'exprimer d’une autre manière, ‘un capitaliste
Mg TR
afin de posséder la même puissance d'achat et recevant en 1914-du :
4 % devrait recevoir maintenant un intérêt de 5,71 %
5 % « « « « 7,14 % 6% « « « « 8,57 % PRE « « « 10,00 # SOUTIEE « « « 11:42%
D'autre part, l'incertitude quelés troubles monétaires font peser sur tout le milieu économique a augmenté la prime d’assurance contenue dans le taux de l'intérêt. Une compensation s’est imposée du seul fait que les risques de perte étaient plus grands. C'est encore cette incertitude qui a diminué les placements de longue durée, c'est-à-dire
en somme l'épargne créatrice destinée à la production.
Les dépots à terme au Crédit Lyonnais étaient en 1919 de 38 millions
» » » » > » 19190 -37r7 » » » à la Société Générale » 1913 207 »
Cette incertitude qui caractérise l'après guerre a suscité chez les détenteurs de capitaux un état psychologique qui a déterminé des attitudes susceptibles de graves conséquences. On peut dire que les phénomènes économiques et la production des richesses exigent pour se développer une certaine stabilité permettant de faire des projets et d'en obtenir des bénéfices et que la stabilité essentielle est celle de la commune mesure, puisque sans elle aucune évaluation sérieuse ne saurait être tentée tant soit peu à l'avance,
L'Inflation en provoquant uneincertitude considérable du lendemain a fait naître chez les détenteurs de capitaux la crainte de voir leurs instruments monétaires se déprécier, et cette crainte de dépréciation les a poussés dans des opérations qui leur procuraient des éléments stables et par conséquent un niveau de richesse constant, sans compter les chances de gain extraordinaire résultant de la dépréciation continue ou qu'ils croyaient continue, de la monnaie.
Pour cela ils ont acheté des matières premières, des richesses réelles, et cette spéculation en constituant des stocks qui provoquaient la rareté, s'ajouta à la dépréciation monétaire pour accentuer la hausse des prix. Il y avait en somme avantage à tranformer l'argent en marchandises plutôt que del’employer dans des placements. Lorsque les prix augmentent rapidement, les bénéfices que l'on peut s'assurer par des achats sont très élevés et si pendant une telle période le taux de l'intérêt exigé pour les emprunts de capitaux est relativement bas, il y a un encouragement très puissant à emprunter de l’argent et à l’investir en marchandises. Ceux qui se laissent ainsi influencer augmentent leurs demandes de crédit en banque, s’abstiennent de mettre des marçhandises sur le marché et accélèrent l'accroissement de l'Inflation.
On a calculé que.pendant et après la guerre, en An gleterre, la moyenne de l'intérêt pour le placement en marchandises a été environ 20 °/, par an, alors que lamoyenne du taux de l'intérêt pour les placements en capitaux a été inférieur à 5 1/2°/.. Aïnisi quelqu'un qui a emprunté d’une façon continue pendant celi période 4 fois le montant de son capital pour investir aussi bien
celui-ci que l'argent emprunté en marchandises, a pu gagner près de 80 v/, par ansurson capital. Pour frustrer de tels espoirs, il n'aurait pas été nécessaire d'élever le taux de l'intérêt sur les emprunts de capitaux à 80 °/, ni même à 20 °/,. Une augmentation beaucoup moindre aurait suffi, car l’entrave apportée à la hausse des prix qui en serait résultée, aurait produit une réduction beaucoups plus accentuée des bénéfices des emprunteurs que les dépenses supplémentaires directement occasionnées par la légère augmentation du coût de l'intérêt de leurs emprunts.
Les campagnes de spéculation les plus audacieuses purent être tentées parce qu'on croyait que les besoins de l'Europe allaient avec le retour de la paix, provoquer d'énormes achats de marchandises dans tous les domaænes. Les industriels avaient cessé de se préocupper de rechercher des débouchés; ceux-ci étant assurés trop facilement par l'excitation des consommations. Le commerce vendait n'importe quoi à n'importe quels prix et ceux-ci s’élevèrent rapidement. L'atmosphère même de la guerre qui venait de finir faisait espérer au vendeur qu'il pourrait obtenir des prix plus élevés et craindre à l'acheteur qu'il aurait davantage à payer.
La tradition d'après laquelle la guerre crée une insuffisance d'approvionnement et des prix élevés donnait assez de confiance au vendeur pour demander un peu plus que d'habitude et pour conserver ses marchandises jusqu'au moment où il pourrait obtenir ce qu'il exigeait.
Généralement il n'avait pas à les garder très long-
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temps, parce que l'acheteur était soumis à cette même influence de la tradition de la guerre et des prix élevés. Ce n'était là d'ailleurs qu'une application de la loi de l'offre et dela demande avec tout ce qu'elle contient de facteurs psychologiques : Quand le vendeur croyait que les conditions étaient favorables pour se procurer un prix un peu meilleur, il tentait l'expérience, celle-ci réussissait et c'était l'accentuation de la hausse.
Elle se trouvait renforcée par ce que M. RENE PuriN a appelé « la théorie du .prix de remplacement » (4) qui
qui dit en substance : « Peu importe le prix d'acquisition c'est le prix de remplacement (ou de renouvellement des
stocks) qui doit dicter le prix de vente ». Et c'était bien le mot d'ordre de toux ceux qui plus spéculateurs que commerçants, avaient la hantise des bénéfices extravagants. Suivons-en l'application : Une marchandise avait été payée 100 fr. par un détaillant qui devait la revendre normalement 130 fr. Il en possédait en stock pour 100.000 fr. Par étages successifs, elle a haussé à 500 fr. prix coûtantou à 650 fr. prix de vente du détaillant. S'il réalisait ainsi le reliquat de son ancien stock, il obtenait 950 % de profit, ce qui était assurément propre à lui faire perdre la notion des réalités ; mais au nom de la théorie du prix de remplacement, il se constituait des stocks pour une somme considérable à des cours en hausse de 500 % et le jour où la clientèle s’est cabrée, comme on l'a vu en 1920, ce fut la mévente, la baisse en chute verticale Et M. RENE Purin pose un dilemme : de deux choses l'a-
ne : Le commerçant quise remplace n’est pas fondé à in-
(1) « Le Rentier » du 17 Avril 1922.