‹ La Spéculation et les Troubles monétairesChapitre 21 sur 32 · ATEN · texte numérisé non relu

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voir d'achat national, donc localisé, un pouvoir d'achat valable à l'étranger. L'opération se réduità une comparaison de pouvoirs d'achat, par conséquent à une comparaison de niveaux de prix dans des pays divers. Les différences entre les marchés précipitent des courants commerciaux dont l’écheveau embrouillé réagit sur la balance des engagements et ainsi sur le résultat des évaluations des courtiers qui s'offrent et se refusent les devises étrangères.

Le change est un mécanisme stabilisateur des prix entre les différents pays et il remplit cette fonction d'une façon plus ou moins efficace et rapide selon l'importance de certaines mesures législatives ou douanières, selon aussi l'instabilité des prix etla lenteur relative avec laquelle leurs variations se transmettent d'un bout à l'autre des opérations commerciales, Ainsi avantla guerreil existait dans la vie économique une harmonie, une sorte d'équilibre établi non seulement d'une façon générale et d'ensemble mais d’une façon pratique et de détail.

Pour les changes par exemple, tout un système fonctionnait avec des procédés très perfectionnés, qui faisait de plus en plus oublier que l'or était à sa base, mais qui n'en tenait pas moins de l'or toute sa solidité. Depuis la guerre les Etats ont proclamé l'inconvertibilité des billets et alors des économistes ou des journalistes constatant qu'une hausse des prix suivait régulièrement la baisse du change nationalen ont conclu que celle-ci était la cause de celle là ; d'autres ont vu une corrélation étroite entre la hausse du change et l'augmentation de la circulation monétaire et du montant des crédits etils ont jugé l'influence de celle-ci décisive ; d'autres enfin n'ont attaché de

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l'importance qu'au déficit de la balance des comptes et ont négligé la dépréciation intérieure (1).

En réalité comme l'ensemble des phénomènes économiques et financiers forme une masse où se produisent des courants en sens divers et même opposés, l'état des changes et celui de la circulation intérieure sont aussi souvent des résultantes que des faits déterminants : ils dépendent de la situation économique autant qu'ils influent sur elle. Mais si l'observation découvre à première vue un cortège de réactions qui sont tour à tour des effets et des causes, il n'en est pas moins vrai que le change n'est qu'un reflet, qu'il se borne à figurer une situation et que l'analyse peut déterminer ce dontil dépend.

La principale cause génératrice des disponibilités à l'étranger donnant lieu au change est constituée pour un Etat parce qu'on appelle l'actif ou les créances internationales, dont bien des auteurs se sont plu à énumérer les éléments : exportations, assurances et transport des

(1) — M. Surercaseaux : &« Le papier monnaie » et deux anciens ministres : MM. Vicror Borer & Loucreur ont prétendu que la crise des changes tenait au déficit de la balance commerciale. Nous verrons que c’est de balance des comptes qu’il faut parler. Par contre M. Grorcge VaLors : « La monnaie saine tuera la vie chère » MM. Francois Marsa & de Lavereye ont soutenu que les variations du change dépendaient étroitement du volume de l’Inflation. Ceci est peut-être vrai à la limite, c’est-à-dire pour les Etats dont la monnaie est tellement dépréciée que sa valeur ne provient plus guère que d'éléments psychologiques comme le degré de confiance que l'étranger veut bien accorder à son relèvement futur. Il est certain alors que la politique du Gouvernement à l'égard de la circulation monétaire est le facteur prépondérant de ses appréciations, mais nous verrons que celles-ci se manifestent par l'intermédiaire de la balance des comptes sous la forme des « crédits de spéculation ».

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