‹ La Spéculation et les Troubles monétairesChapitre 23 sur 32 · CAR CT PER · texte numérisé non relu

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à payer des prix différents pour des marchandises achetées chez euxou venues de l'étranger, déduction tenue des frais de transport.

Cependant nous avons dit que l'habitude et la commodité d'une monnaie lui donnent un supplément d'appréciation et M. Risr a écrit justement «& il faut reconnaître qu'une partie de la valeur du métal monayé vient de son emploi comme monnaie et que la cessation du monnayage ferait baisser la valeur du lingot. » (1).

D'autre part les cours sont plus sensibles, plus fluctuants que la puissanee d'achat parce qu’ils sont soumis à la spéculation dont nous parlerons plus loin, donc à des calculs d'oscillations futures basés sur les éléments politiques, sociaux, économiques monétaires les plus divers. Par exemple, dans les pays dont le change est déprécié, les étrangers tendent à en sous-estimer encore la valeur par la prise en considération des risques d'une nouvelle dépréciation. La cause en est donc dans un manque de confiance en l'avenir financier des pays considérés.

L’Inflation future et la dépréciation future qui en résultera sont escomptées parles acheteurs étrangers: Or cette dépréciation intérieure ne sera effective que le jour où la circulation du papier monnaie sera augmentée, elle ne le sera même pas immédiatement parce que les réactions ne se transmettent que lentement, progressivement, d’un bout à l’autre de la vie économique, tandis que

du fait seul d'être prévue par les spéculateurs elle

(1) Revue d'économie politique, Septembre-Octobre 1921, Page 635.

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devient un élément d'appréciation qui influence immédiatement le marché des changes. Là comme ailleurs la spéculation ne faiten somme qu’accentuer ou devancer le mouvement. D'autre part il faut, lorsque lesprix se modifient rapidement, faire entrer en ligne de compte, non seulement les prix actuels, mais aussi les prix futurs probables,et la disparité d’une monnaie peut provenir du fait que les prévisions à l'étranger des changements futurs de prix dans un pays différent des prévisions du pays luimême à ce sujet.

Mais surtout ce sont les restrictions sévères au commerce international qui ont accentué ou maintenu l'écart entre le cours des monnaies et leur pouvoir intérieur. Ces restrictions peuvent se présenter sous des aspects différents :il peut y avoir interdiction absolue,ou interdiction accompagnée de dérogations, ou droits élevés ou variables concernant soit les “exportations, soit les importations. Les gouvernements sont partis d'un raisonnement sinon simpliste, du moins empreint d'un particuiarisme étroit. Ils ont pensé que le seul moyen de maintenir lecours de leur change à l'étranger était d'équilibrer les exportations avec les importations et c'est ainsi que M. Casse a pu écrire : « les restrictions sévères de la France en ce qui concerne les importations d'articles de luxe tendent à renforcer la valeur internationale du france, ou plutôt à compenser dans une certaine mesure d'autres influences tendant à déprécier le franc en-dessous de la parité de sa puissance d'achat. Au point de vue français, l'explication en est que les devises étrangères ne sont plus aussi demandées quand on ne peut s’en servir pour acheter des articles de luxe étrangers ; au point de vue étranger les res-

trictions aux importations rendent l'obtention de francs plus difficile, » (1).

En réalité dans des pays fatigués par Ja guerre, les exportations sont difficiles et alors les gouvernements ont édicté une quasi prohibition à l'importation. Ils ont oublié que ces moyens qui ont peut-être desavantages pratiques immédiats, constituent des expédients sans portée lointaine ni profonde et que la liberté des transactions commerciales est très probablement la première étape sur le chemin de l'équilibre des changes. C’est dans les moments troublés que les modifications nécessaires sont le mieux susceptibles de s'introduire dans les phénomènes économiques, parce que c'est dans ces périodes que les défectuosités dans l'assemblage et l'échange des capitaux, dela main d'œuvre et des marchandises sont tellement appa-

. rentes qu'elles permettent et appellent des combinaisons

meilleures. Mais la première condition est de rétablir la liberté emportée par la guerre et de renoncer aux règlementations, contrôles et restrictions qui consolident l’instabilité, puisque ces mesures artificielles ne font, sous prétexte de les corriger, que suivre etépauler dans toute leur amplitude des causes d'instabilité naturelles déjà trop nombreuses. La liberté des transactions commerciales est la première condition du retour à l'équilibre économique.

En effet, malgré des courants commerciaux qui persistent en dehors de toute influence monétaire et dont il

(1). Rapport N° 13 dela Conférencefinancière Internationalede Bruxelles, « Memorandum sur les problèmes monétaires du monde » par M. Gusrave Cassez, page 17.

faut tenir compte, même en l'absence de circulation d'or et en présence des disparités monétaires, des corrections interviennent plus ou moins lentement.Prenons des exemples pour expliquer ce phénomène de la disparité, les mouvements commerciaux qu'il déterminent et les réajustements qui s’opèrent Le tableau suivant permettra de considérer la puissance d'achat du franc aux Etats-Unis . et l'influence de ces variations sur les changes. (1).

Prix de gros Prime du dollar

France Etats-Unis Théorigne Côtée-Disparité

4me trimest. 1914... 100 100 100 100 0

Janvier 1919... 335 195 172 105 —67 Avril 19202 566 229 247 313 +66 Mai T92IUEE 317 117 270 231 —39 Novembre 1921... 320 125 256 269 +13 Avril 1922. 302 129 233 209 —24 Novembre1922... 339 152 223 582 +62

Nous avons vu en prenant comme exemple les cours de la livre sterling que la parité est déterminée par le quotient des puissances d'achat des monnaies considérées et que par conséquent la prime théorique d'une monnaie par rapport à une autre est déterminée par le quotient de l'indice des prix d'un pays par le quotient de l'indice des prix d'un autre pays, Si l'on compare cette prime théorique à la prime réellement cotée, on s'aperçoit qu'il intervient des écarts plus ou moins grands. Lorsque ces écarts sont faibles, comme dans l'exemple de la livre

(1) Ces données sont empruntées à « La Situation Economique et financière » du 30 Mars 1923, dont les chiffres viennent de a La Statistique Générale de la France » et de la Revue Américaine 4 Bnran STREET »

Sterling et du franc, c'est que la puissance d'achat du franc est égale à son cours sur le marché des changes. Si la prime du dollar réellement cotée est inférieure à la prime théorique,si par exemple l'écart en Janvier 1919 est de — 67 au dépens du dollar,c'est qu'un franc a une puissance d'achat plus grande aux Etats-Unis qu'en France et que par conséquent on a avantage à acheter aux Etats-Unis : on dit qu'il y a pour la France « prime à l'importation ».

Si au contraire la prime réellement cotée du dollar est supérieure à la prime théorique, si par exemple l'écart en Novembre 1922 est de 62 au dépens du franc, c'est qu'un dollar a une puissance d'achat plus grande en France qu'aux Etats-Unis, et qu'inversement une marchandise française a plus d'avantages à être vendue aux Etats-Unis qu'en France, parce qu’elle y obtiendra un plus grand nombre de francs: on dit qu'il y a pour la France « prime à l'exportation ».

Les courants commerciaux finalement se déterminent d'après ces rapports des prix et des changes entre eux, et les disparités se trouvent corrigées. Ainsi en Janvier 1919 la prime réellement côtée par le dollar, étant inférieure de 67 à la prime théorique, provoqua un vif courant d'importations en France qui, à son tour, a suscité une hausse de la monnaie américaine... La principale cause de la reprise de l’industrie allemande après la guerre fut l'état de son change conjugué avec une production bien organisée et spécialisée. Les exportations furent tout naturellement aisées en Hollande et en Suisse notamment, où le mark y était apprécié à 10 % environ de sa valeur d'avant guerre. Or la dépréciation moyenne de la monnaie n'était pas à l’intérieur de l'Allemagne de 90 %.

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L'avantage de cette prime se trouve d'ailleurs la plus part du temps pratiquement réduite parles barrières douanières qui empêchent l'équilibre de se rétablir et aussi quelquefois par l?s risques que l'instabilité des prix et des cours impose aux contractants. Il n'y a d’ailleurs pas que les courants commerciaux, nous verrons aussi qu'il existe aussi des courants de spéculation. Par exemple, si la disparité entre les pouvoirs d'achat intérieur et extérieur d'une monnaie fait ressortir une forte prime à l’exportation, il peut en résulter une forte demande de cette monnaie sur le marché des changes, qui contribue, à défaut des exportations ou parallèlement à elles, à renverser la disparité.La spéculation internationale s'est portée sur le dollar en Janvier 1919, comme elle s’est portée à la fin de 1922 et au cours des premiers mois de 1923 sur le franc où la disparité variait entre 40et63%, ce qui constituait une prime à l'exportation dont notre balance commerciale a ressenti immédiatementles heureux effets.

Ce qui fait la prime à l'exportation, c'est la chute d'une monnaie au-dessous de son pouvoir d'achat. Son cours ne donne à ce sujet aucune indication, parce qu'il importe peu que son niveau soit bas ou élevé s’il correspond à celui des prix. Il s'ensuit que les changes ne troublent les transactions commerciales que dans la mesure où ils s'écartent de la parité de leur puissance d'achat

(1). Ce qui importe, ce n'est done pas l'état statique des

(1) On a remarqué que les divergences les plus grandes dans les paritès avaient lieu à l'automne parce qu'à cette époque les besoins de changes s'accroissent, et des projets dans l'intérêt du

commerce ont cherché le moyen de réduire ces influences saisonnières. 1

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monnaies par rapport aux parités d'avant guerre, c'est leur mouvement, leur tendance au mouvement vers le haut ou vers le bas en partant de leur pouvoir d'achat ; et c’est ainsi quon a pu dire que seule favorise l'exportation, la monnaie qui est en train de se déprécier. Dans presque tous les pays les cours sont en général légèrement audessous dela puissance d'achat comme l'indique le tableau suivant qui compare les différentes monnaies au dollar et montre en outre le degré de variations d’une année à l’autre.

1920 Décembre 1921 cr Prime + ou x Prime +du dollar | ou perte — du dollar ou perte — PAYS comparativ. P 3 PAYS comparativ. | de l4 à son prix [dela monnaie à son prix | MOnnale au pair donnée au pair donnée

Japon 98,6 | + 1,48 | Suisse 99,7 | + 0,32 Pérou 116,0 | — 13,78 | Japon 103,0 | — 2,95 Canada 116,5 | —- 14 14 | Canada 107:511—=°7,05 Argentine 119,6 | — 16,36 | Suède 109,0 | — 8,27 Suisse 125,4 | — 20,24 | Pays-Bas 110,9 | — 9,86 Pays-Bas 130 0 | — 23.06 | Royaume Uni 117,5 | — 14,90 Suède 136,3 | — 26,76 | Argentine 124,9 | — 19,91 Royaume-Uni 139,3 | — 28,19 | Espagne 131,4 | — 23,90 Espagne 148,0 | — 32 44 | Pérou 137,1 | — 27,05 Chili 148,5 | — 32,64 | Danemark 137,9 | — 27,48 Norvège 181,0 | — 44,74 | Indes Angl. 169,8 | — 41,14 Danemark 181,1 | — 44,77 | Norvège 175,2 | — 42,92 Indes Angl. 183,4 | — 45,47 | Chih 192,5 | — 48,04 Brésil 215,1 | — 53,50 | France 248,5 | — 59,76 Grèce 255,2 | — 60,82 | Brésil 249,5 | — 59,93 Beigique 308,4 | — 67,57 | Belgique 258,9 | — 61,38 France 325,6 | — 69,29 | Italie 438,6 | — 77,20: Italie 551,9 | — 81,88 | Grèce 467,5 | — 78,61 SES 653.2 | — 84,69 | Finlande 1.01,08 | — 90,11 Finlande 786,9 | — 87,29 | S. H.S. 1.267,8 | — 92,11 Roumanie 1.484,3 | — 93,26 | Tché. Sloy. ! 1.638,1 | — 93,90 Bulgarie 1.704,5 | — 94,14 | Roumanie 2.440,4 | — 95,90 Allemagne 1.734,1 | — 94,23 | Bulgarie 2.692,5 | — 96,29 Tché. Slov. | 1.749,7 | — 94,28 | Allemagne 4.654,9 | — 97,85 Autriche |17.449,3 | — 98,66 | Hongrie 13.617,3 | — 99,27

Hongrie 10.060,6 | — 99,1 Autriche 53.309,8 | — 99,81 Pologne 13.182,6 — 99,24 ‘ Pologne 76,837,0 | — 99,87

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Les premières colonnes donnent la valeur du dollar calculée d'après la Bourse de New-York et exprimée dans les différentes monnaies en pourcentage de sa valeur au pair. Les secondes montrent la prime ou la perte (la plus part du temps la perte) de la monnaie en question exprimée en dollars. Les chiffres pris pour base sont les moyennes mensuelles (1).

En raison même de cette prime à l'exportation, des économistes, et en particulier les inflationnistes veulent voir pour un pays un avantage décisif dans la dépréciation de sa monnaie au-dessus de la parité d'achat. Ils prétendent que les exportateurs y trouvent un bénéfice supplémentaire et que les importateurs ne sont pas sacrifiés parce qu'ils majorent leurs prix de vente pour compenser la cherté des devises qu'ils se sont procurées. Il n'en est pas moins vrai que le pays, pris dans son ensemble, en souffre considérablement : peu importe que quelques commerçants en bénéficient, si ce doit être une cause de ruine pour le reste de la Nation. Les étrangers pouracheter n'importe quoi déferlent dans le pays qui se démunit ainsi de tout, et sans contre partie demême valeur. Il y a là un possibilité de débouchés pour une minorité, mais non une possibilité d'enrichissement général. Ilen résulte une sorte de dépouillement à bas prix que les Allemands ont appelé « liquidation » (AusvERKkAUF) et contre laquelle ils ont du réagir dès l'été 1922 par des taxes de séjour et par le doublement du prix chaque fois qu'il s'agissait de

(1) Tableau du « memorandum sur les monnaies » publié par la Société des Nations, Genève 1922.

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vendre à des personnes non domiciliées depuis un certain temps.

En admettant même que ces avantages soient réels pour un pays déterminé, ils n'en constituent pas moins pour le reste du monde des inconvénients très graves, car tous les pays souffrent dela diversité des prix des marchandises internationales. Contre les offres à des prix sensiblement inférieurs que l’un d'eux est susceptible de leur faire, et qu'on a appelé «le dumping de change », ils ont recouru à des barrières douanières, de sorte que de quel côté qu'on se tourne, ces prétendus avantages n'engendrent finalement qu'un particularisme étroit. On comprend alors que la plupart des économistes se soient efforcés à l’occasion des Conférences Internationales de lutter dans de longs rapports contre les disparités monétaires, et dü’ils aient préconisé en premier lieu la limitation de l'accroissement des moyens monétaires. En effet le réajustement automatique des parités implique comme première condition queles prix intérieurs soient soustraits à l'influence du facteur monétaire, c’est-à-dire que nos considérations nesont valables que si l’Inflation n'a pas tendance à se développer.

L’effort normal du change qui est d'établir un équilibre entre le pouvoir d'achat intérieur etle pouvoir d'achat extérieur n’aboutit pas toujours au résultat escompté. C'est le cas de l’Allemagne par exemple chez qui cet équilibre n’a pu encore être réalisé.

Sans faire des observations trop g‘nérales et absolues, il faut bien remarquer d’une façon plus spéciale que les changes ont une action sur les prix, non seulement des produits importés, mais encore des produits identiques,

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‘similaires ou de substitution, et qu'en rendant souvent impossible la concurrence étrangère, ils permettent à l'industrie nationale d'élever les prix sur le marché intérieur. Cette observation peut être faitetout au moinsdans les pays dont la monnaie a subi une dépréciation limitée. Il résulte en effet « du memorandum de la Conférence Financière Internationale de Bruxelles » sur les statisti- -ques monétaires que tant que la crise des changes n'a pas été vraiment grave, les prix intérieurs ont été généralement plus élevés queles prix Américains majorés du fait du change et que lorsque la crise des changes s’est aggravée, la situation s’est rapidement renversée, La rareté des marchandises fut d’abord le facteur principal dans les pays atteints directement par la guerre ; ensuite le prix des produits marchandises ne put pas complètement suivre dans ces mêmes pays la hausse des changes étrangers. (1), Il n'en allait pas de même lorsqu'il s'agissait de produits importés ou internationaux, et il couvient ici de remarquer que les variations du dollar concourant à modifier les indices généraux des prix de gros, il y eut notamment en France des élévations de prix quine pou-

(1) — En sens inverse le mouvement des prix de certains pays étrangers est intéressant à considérer. C'est ainsi que des économistes ont pu affirmer que la hausse des prix aux Etats-Unis a été un facteur de stabilité pour les changes Français et Anglais et quesiles prix n’y avaient pas pris cette direction, il eut été beaucoup plus difficile de maintenir, même temporairement, les niveaux atteints par la livre sterling et le franc.« Toute baisse des matières et denrées à New-York est facteur de détérioration des monnaies Européennes à cours forcé ». (Dossiers de la Barque de France).

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vaient s'expliquer par un accroissement des signes monétaires. Par exemple, alors que les prix en France n'avaient haussé pendant la guerre que dans la proportion de 2 à 2 1/2, ils le firent de 1 à 4 dela signature de la paix à la fin de 1920, c'est-à-dire dans une période oùles variations de l'émission restèrent assez faibles. (1). Or jusqu’en 1919 la politique de solidarité financière des Alliés axait empêché le dollar de s'élever notablement au-dessus du france, tandis qu'il s'élève successivement de 5 fr. 15 en Janvier 1919 à 6,60 en Mai, à 7 en Juillet, à 9 en Octobre, à 11.885 en Décembre, à 15 en Février 1920 à 17,08 en Mai et à 17,40 en Novembre (après une chute à 11,63 en Juillet). Dans cette période par conséquent où nous avons dû beaucoup acheter à l'étranger, notre balance commerciale présentant en 1919 un déficit de 22 milliards, en 1920 de 14 milliards, la dépréciation de notre monnaie par rapport au dollar s’est ajoutée aux conséquences d’une inflation ralentie pour provoquer à l'intérieur une hausse des prix très sensible. En effet nos achats, surtout nos achats de produits fabriqués, sefaisaient presque exclusivement aux Etats-Uniset en Angleterre et le rapport français à la Société des Nations préconisait un changement d'orientation dans notre politique commerciale, qui aurait consisté à importer de pays à change plus favorable tels que la Tchéquo-Slovaquie, l'Allemagne ou l'Autriche (2).

(1) Il y eu bien l’augmentation des impôts et les appels de l'Etat à l'épargne publique mais ces phénomènes ne peuvent tenir lieu d’explication suffisante.

(2) « Régimes et circulations monétaires d’après guerre » (documentation réunie sur l'initiative du secrétariat de la S. D. N.) page 62.

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Les changes ont une influence sur la déclaration de la crise de 1920 et sur son accentuation. Quoique ce soit bien les facteurs économiques d'ordre général: production, consommation, crédit et stocks qui ont eu la prédominance, il n'en est pas moins vrai qu'ayant sévi là ou les pays à change favorable avaient leur clientèle, la crise des changes a été la cause d'une crise plus ou moins forte. Avant la crise générale de production, et cette crise particulière à accentué le déséquilibre qui a amené la crise générale. C’est dans les Empires Centraux et les Etats de l'Europe Orientale que la crise des changes fit le plus sentir ses effets. Elle rendait déjà très difficile l'importation des denrées alimentaires dont le besoin était absolu, elle gèna plus encore l'importation de matières premières et à plus forte raison celle des manufacturées. Faute de posséder ces disponibilités suffisantes à l'étranger et de pouvoir s'en procurer, des usines allemandes et surtout des usines autrichiennes et hongroises durent chômer totalement ou partiellement dans les temps qui suivirent l'armistice. Aux difficultés financières s'ajoutait souvent l’impossibilité de vendre à l'intérieur du pays les manufacturées à des prix correspondant à ceux des matières importées, parce que la majoration énorme résultant du change se superposait à la majoration des prix sur le marché mondial. Quant à la crise en elle-même, elle se déclara en 1920 à cause de l'Inde, de la Chine,du Brésil et du Chili dont les monnaies perdirent respectivement en livres sterling 91%. 60%, 35%, 59%, et 54% de leur valeur ; en particulier nous avons vu que la chute du dollar Chinois obligea les spéculateurs américains sur la soie à abandonner brusquement leurs positions. L'influence des changes sur

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