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disposition du plus fort enchérisseur. Le Ministre du ravitaillement des Etats-Unis, alors qu’il aurait mieux fait de s'abstenir, fit part aux raffineurs de sa crainte d'une disette du sucre. Ceux-ci se précipitèrent sur les stocks de Cuba et une spéculation formidable s'ensuivit. En quelques semaines, les cours montèrent à New-York de 13 cents la livre à 23 cents au mois d'avril 1920. La baisse suivit avec la même violence.
1] en est de même pour les valeurs de Bourse. Dans une matière aussi fluctuante et aussi sujette aux mouvements de va et vient, on ne peut pas prétendre échapper à ces vastes mouvements qui se produisent sur des marchés où la spéculation s'exerce infiniment moins. Les marchés financiers comme on l'a signalé souvent, sont l'aboutissement de toutes ces opérations de production et de commerce, et c'est ce qui explique l'influence de la marche des affaires sur la formation et les directives de l'Epargne. (1) Quand les affaires vont bien, le prix de toutes les marchandises suit une marche ascendante, les salaires augmentent, l'argent facilement gagné est aussi facilement dépensé. L’épargne qui se forme achète les bonnes valeurs dont le prix s'élève progressivement : quand le revenu des bonnes valeurs n'est plus suffisant, on se rabatsur les valeurs de second ordre, enfin sur les valeurs mauvaises qui suivent la loi générale et avec la spéculation montent à un niveau hors de comparaison avec leur valeur intrinsèque.
(1) Voir Ch. Risr, « Mécanisme social et psychologique de l'Epargne » chez Armand Coux « Problèmes actuels de l'Economique » 1921.
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Arrive le moment où on veut réaliser des bénéfices. Les premières réalisations en entraînent d’autres. La hausse est arrêtée, puis la baisse survient, hâtée par les liquidations qui deviennent de plus en plus nombreuses et beaucoup de valeurs deviennent invendables. D'une façon générale, dans une période où les affaires commerciales et industrielles marchent mal, on met moins d'argent de côté eton en a par conséquent moins à placer, et les considérations s'appliquent aussi bien à la clientèle de spéculation qu'à la clientèle de placement. :
De plus une crise a toujours pour conséquence plus ou moins lointaine une hausse des fonds d'état et des valeurs à revenu fixe. (1) Cette remarque résultant de recherches statistiques effectives, est conforme aussi au raisonnement à priori. En effet une chute des prix des marchandises dénote une dépression économique qui entraîne à son tour une réduction des bénéfices industriels et une chute du rendement des valeurs à revenu variable. Dans ces conditions le rendement des valeurs à revenu fixe devient comparativement plus intéressant, jusqu’à ce que plus recherchées par les capitalistes, leurs prix s’élèvent et leur rendement diminue, une reprise économique est généralement annoncée par l'augmentation des prix des valeurs spéculatives. Ainsi «il n'est pas un phénomène économique qui se produise quelque part et qui n'ait de
(1) Cette hausse n’a pas les mêmes allures que la hausse qui résulte d’nne période d’activité et de prospérité générales. Elle n’est que la traduction dans les cours des titres à revenu fixe de l’abaissement du loyer moyen des capitaux. Elle est rarement accompagnée de cette effervescence qui multiplie toutes les transactions.