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CHAPITRE II

Inflation spéculative et inflation monétaire Conséquences de l'inflation : Hausse des prix Instabilité économique

Développement de la spéculation

Les crises sont l’apanage des pays actifs. C’est la ran- <on chronique de leur prospérité. Nous avons vu qu’une période de bon commerce est une période dans laquelle les prix ont une tendance à la hausse, tandis que les fabricants, les intermédiaires et les détaillants sont tous encouragés, par l'espoir de gros bénéfices à s’approvisionner largement des matières premières et des produits finis dont ils ont besoin. Ils achètent pour revendre au cours de leurs opérations commerciales et leur activité accélère la production des marchandises et leur livraison aux consommateurs.

C'est la prospérité même qui amène progressivement la crise. Si pendant plusieurs années, les réroltes sont excellentes, l’industrie florissante et le commerce rémunérateur, les gens, oublieux des précédents économiques, finissent graduellement par croire qu’il n’y a pas delimites à léurs entreprises.

La perspective d’un bénéfice élevé aboutit presque toujours à un excès de commerce et le mal est encore augmen-

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té par les opérations des spéculateurs qui achètent pour revendre sans poursuivre le but d'aider à la production. Ils anticipent les demandes du Commerce, de l'Industrie ou du Public, achètent des articles avec l'intention de les tenir temporairement à l'écart du marché et de les revendre plus tard moyennant bénéfice lorsque la rareté immédiate aura fait monter les prix.

Ilest souvent difficile de distinguer entre un achat purement spéculatif etune transaction commerciale légitimeet beaucoup de spéculations servent utilement ie commerce. Mais les prêts qui sont conclus exclusivement pour des usages spéculatifs augmentent le volume du pouvoir d’achatsans rien ajouter à la production et mènentdirectement àce qu’on appelle l'inflation, celle-cin'étant en somme que le grossissement des moyens monétaires non accompagné d’un accroissement des valeurs réelles.

Ce déséquilibre, que nous venons d'attribuer à la spéculation, peut d’ailleurs apparaître de bien des manières : La possibilité de fonder des entreprises nouvelles ou de s'emparer d'institutions anciennes en superposant des ouvertures de crédit, ne crée pas forcément de la richesse. Dans une période de prospérité économique qui voit toutes les transactions multipliées, personne ne semble songer à ce principe, dont les conséquences sont cependant inéluctables, qui veut que le capital limite l'Industrie et on arrive à un tel dévergondage de crédits que beaucoup de gens finissent par s'imaginer qu'on doit pouvoir brasser de grandes affaires presque avec un semblant de capital. L'inflation apparait ici en ce que le capital nominal ne correspond pas à la valeur réelle,

Ainsi les rouages de l'Industrie tournent de plus en

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