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CHAPITRE I

ÉTUDE CLINIQUE de la SPIRILLOSE INTESTINALE

La première partie de notre étude, tout en apportant quelques précisions à l’existence du spirille intestinal n’a fait que confirmer une notion admise depuis longtemps et que de nombreux auteurs avaient déjà mise en évidence.

| Aussi bien le véritable problème n’était-il pas de signaler un fait connu et indiscuté, mais ce qu’il importe c’est de connaître le rôle de ces spirilles intestinaux.

. Sont-ils simplement des hôtes passagers n’entraînant aucun phénomène morbide, ou bien sont-ils réellement pathogènes ? Autrement dit, existe-t-il des signes cliniques qui en commandent la recherche,

Étiologie.

Pour douteuse qu’elle soit, il est une notion que nous ‘ tenons à mettre en évidence, elle nous a permis dans certains cas de suspecter la nature spirillaire d’une parasitose intestinale.

Un certain nombre de nos sujets revenus de Salonique ou ayant appartenu aux troupes françaises en Italie, ont été atteints de spirillose intestinale. D’autres ont fait des séjours dans des contrées tropicales. En revanche nous devons OPposer, € à ces faits des cas de spirillose intestinale autochtone.

Peut-être pourrait-on retrouver à l’origine de l’affection Ne signes d’insuffisance gastrique dont la spirillose ne serait qu’une expression. En effet, Goiffon signale comme un des indices coprologiques de l'insuffisance gastrique la présence de protozoaires et particulièrement de flagellés.

Symptomatologie-

L’allure clinique que revêt la spirillose intestinale est loire de réaliser un tableau uniforme, et il résulte des cas que nous avons été amené à étudier qu’elle peut simuler tous les syndromes. intestinaux. L’interrogatoire du malade révèle généralement un début latent, la date exacte du début de l'affection est impossible à faire préciser. Parfois le malade la rapporte à un ee diar-. rhéïque.

Depuis ce moment le malade a présenté des alternatives de diarrhée et de constipation, des troubles gastriques variés, de l’inap-pétence, un état saburral des voies digestives, souvent ces phénomèmes passent au second plan et le patient insiste surtout sur son. asthénie et sur un amaigrissement plus ou moins accentué.

Cependant il faut opposer à cette forme un début à grand fracas, avec douleurs abdominales très vives, diarrhée avec selles liquides et fréquentes, s’accompagnant d’épreinte et de ténesme..

L'examen du sujet permet tout d'abord de constater l’amai-grissement, le visage est pâle.

L'inspection de la paroi eme renseigne peu. La palpation peut mettre en évidence l’existence de zones douloureuses siégeant en des points variables, parfois dans la fosse iliaquedroite et éveillant l'idée d’une affection appendiculaire.

La palpation peut révéler un léger gargouillement cœcal,. parfois aussi des signes de stase des matières. Ces phénomènes. sont d’ailleurs toujours atténués. | |

La compression ou la décompression brusque n’ont rien montré de particulier.

L'examen des autres appareils reste négatif. La température: peut être complètement normale ; cependant on a pu relever des. petites élévations vespérales à 37.9, 38.

Les urines sont normales. >

Mais il est indispensable .en présence de cet ensemble dephénomènes morbides, de faire un examen du sang. Dans les cas

sérieux qu'il nous a été donné d'observer, on a pu mettre en évidence une légère anémie. En règle générale il n’y a pas de polynucleose marquée, mais le fait qui dans quelques cas domine la cytologie sanguine des parasitoses intestinales en général et de la spirillose en particulier, c’est l’existence d’une éosinophilie qui peut atteindre le taux de 4 à 5 %. Les complications cPRraissent exceptionnelles.

Formes cliniques.

Tels sont les signes qui relient les unes aux autres les différentes formes cliniques de la spirillose intestinale. Ces formes sont

. très variées, elles peuvent emprunter leurs caractéristiques à la plu-

part des syndromes abdominaux et un peu schématiquement nous décrirons des formes selon la localisation :

Forme entéritique caractérisée par des douleurs abdominales diffuses, un ventre mou, des selles fréquentes, gélatineuses, non adhérentes au vase, d’odeur fade et pénétrante.

Une forme colique avec douleurs localisées parfois sur le trajet du gros intestin ; des selles qui correspondent à la description que À. Mathieu a fait dela selle de colite et qu’il appelle " selle en tas ! aplatie, non liquide, adhérente au vase, très fétide.

5 Une observation très intéressante de Thiroloix et Durand intitulée " Spirochétémie au cours d'une appendicite aigüe — Hemo et séroculture. Isolement et culture du parasite. Emploi du 606 Arrêt de la septicémie " relate le cas d’une malade ayant pré-

“senté une crise d’appendicite typique avec une telle atteinte de

l’état général que l’idée d’une intervention a été écartée.

La présence dans l’hémoculture " de spirochètes sans adjonction d’autres microbes conduit à pratiquer une injection intraveineuse de 0 gr. 25 de 606 ". Cette première injection est suivie d’une amélioration immédiate qui persiste 4 jours. À ce moment comme il y a eu reprise de la température, on fait une nouvelle injection de 0 gr.50 de 606. Celle-ci jugule définitivement l’évolution

CPAS LE

de la septicémie-spirillaire. Cette observation constitue d’ailleurs l’histoire du cas unique de septicémie à spirille intestinal.

Selon la prédominance des symptômes nous n'insisterons pas sur les formes s’accompagnant de diarrhée ou au contraire de constipation.

Heuyer en Albanie observe cinq cas de syndromes dysenté- : riques typiques, quatre bénins, un récidivant. L'examen direct ne révèle ni amibes, ni kystes, mais une quantité énorme de spirochètes. La disparition des spirochètes coïncide avec une guérison clinique. ; En revanche, il ne paraît pas indifférent au point de vue du pronostic, de séparer les formes bénignes avec atteinte discrète de l’état général et des formes graves avec asthénie, amaigrissement et parfois éosinophilie sanguine plus ou moins accentuée. <

C'est ainsi qu’un de nos malades évacué du front pour Entérite, état général mauvais ! a présenté des crises très fortes de selles sanglantes avec courbature générale T° à 38.5. Les crises se répètent tous les mois, sont rebelles à toute thérapeutique jusqu’au jour où un examen des fèces révèle l’existence d’une spirillose intestinale, accompagnée d’une éosinophilie à 4 %. es

L'application du traitement amène en 5 jours une amélioration marquée de l’état général en même temps que les spirilles disparaissent des fèces et que l’éosinophilie tombe à 1 %.

À opposer à cette forme grave hyperthermisante, TFouchard rapporte le cas d’une diarrhée cholériforme avec T° à 36; sensibilité le long du côlon descendant, crampes dans les membres, yeux excavés, peau et langue sèches, l’examen des fèces met en évidence un spirochète très abondant et des entérocoques.

Nous n’avons eu jusqu’ici en vue que des formes pures de spirillose intestinale dans lesquelles le spirille constituait le seul élément pathogène que l’on ait pu mettre en évidence. Dans le service de notre maître L. Fournier, nous avons constaté des, parasitoses plus complexes, et à côté du spirille intestinal nous avons vu : des lamblias, des amibes, du trichocéphale.

Enfin, certains de nos sujets étaient atteints à la fois de spirillose intestinale et de paludisme; ce fait méritait d’être signalé car si l’on peut constater la disparition des troubles intestinaux et de la spirillose, la persistance d’un mauvais état générai doit être mise sur le compte du paludisme.

Evolution.

L'évolution et le pronostic de la spirillose intestinale sont variables avec la forme que l’on observe, ils dépendent de l’atteinte de l’état général, mais sont surtout fonction d’un diagnostic précoce permettant d’instituer un traitement convenable.

Rechutes.

Enfin, il faut savoir qu’au cours de la spirillose intestinale même bien traitée, les rechutes ne sont pas exceptionnelles. Après un temps variable, pendant lequel or avait noté une amélioration de l’état général et une disparition des spirilles dans les selles, on

. peut voir le malade maigrir, se plaindre de douleurs gastro-intestinaux et d’asthénie ; généralement moins accentués que pendant ‘la première atteinte. Parallèlement, l’examen microscopique des fèces montre la réapparition des spirilles.

La pathogénie de ces rechutes semble devoir s’expliquer très facilement par ce fait que quelques spirilles échappent au traitement. C’est en raison de ce fait que nous verrons au chapitre " thérapeutique " qu’il est nécessaire de faire suivre au malade à des intervalles plus ou moins rapprochés, des cures médicamen-, teuses Jess

Diagnostic.

Le diagnostic clinique de la spirillose intestinale ne se pose pas, nous avons vu l’ensemble des signes cliniques qui commandent la détermination d’une parasitose intestinale par l’examen microscopique des fèces.

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