‹ La St.-Jean-Baptiste à Québec [microforme]Chapitre 2 sur 21 · FR M · texte numérisé non relu

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que cette représentation a obtenu, comme chaque année, le plus vif succè:. Autrefois, on y ajoutait deux autres enfants, l'un représentant Jacques-Cartier, l’autre un sauvage, lesquels trois personnages se trouvaient réunis et contemporains pour ce jour-là. Les cordonniers avaient installé sur une voiture leurs instruments de travail au complet, avec un compagnon qui travaillait en public avec la même attention et la même activité que s’il eût été dans son atelier, sous l'œil de son patron. Enfin une charrette où se trouvaient réunis les différents types de la * campagne, représentait l’agriculture. Le vieil Aabiant surtout était parfait, il avait un air bon enfant, souriant et narquois qui disait clairement aux passants :

‘ Vous croyez pouvoir facilement me jouer de vilains tours, essayez et nous verrons bien qui y sera pris le premier | ”

La Grand’'Messe a été célébrée avec la lus grande pompe, à la Cathédrale, dont a belle architecture animée par une foule

considérable offrait le plus imposant coupd'œil. La messe en musique a été chantée par MM. les élèves du Petit Séminaire, sous la direction de M. Ernest Gagnon,

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avec l’habile concours de M. l'abbé T, E, Jamel, En voici le prograrnme :

Kyrie.…. sue, msmstessss osssss ME&ëRcCADANTE. Gloria RERRRLLLLLELZ] s oser tcho res an PREE. Oredo royal... sssssoonssssoomo see Dumonr.

A l'oticrtoire: ‘“ Pourquoi ces vains complots, (solo par M. Gingras)....MÉHur.

DA 1 NSP AE NUE ER RER Et VAN BREE.

O Salutaris, (solo par M. Blafn)....,.M£YERB&erR. AENUS.u un » 0 cssessrsssse css. : MERCADANTE.

Cette belle musique parfaitement exé- . cutée a répondu admirablement aux émotions dont l'âme des assistants élait remplie. Nous devons feliciter M. Krnest Gagnon de ce beau succès et remercier M.

l'abbé Hamel d'y avoir aussi puissamment contribué.

M. l'abbé Chandonnet a prononcé le sermon de circonstance, Il nous serait difficile d'analyser froidement ce morceau d’éloquence qui a ravi l'auditoire et que nous avons écouté avec le plus vif plaisir.

Nous espérons qu'il sera publié et tout le monde voudra le lire. Qu'il nous suffise de dire que l'éclat du langage s’y joignuit à la beauté des mspirations, la chaleur patriotique à l'élévation religieuse ; qu'après avoir déployé à loisir une brillante éloqueuce, le prédicateur n’a paint hésité à aborder le côté pratique des choses, à signaler les défauts qui nous affaiblissent et

à nous donner les meilleurs conseils pour nous en corriger, Ce discours a obtenu un succès général,

En partant de la cathédrale, la procession se dirigea vers l’archevêché où elle cut l'honneur de saluer, Sa Grâce Mur.

l’Archevêque. La société fut aussi saluer Son Honneur le Maire.

Au retour de la procession à St. Roch, M. Iuot adressa la parole à l'assemblée, puis M. Duquet fut appelé à parler ; après quoi des hourrahs se firent entendre pour M. le président, M. le Commissaire-Ordonnateur et pour toutes lesdifférentes sociétés et compagnies qui avaient contribué pour beaucoup à donner de l’éclat à la fête.

Conformément à l'engagement patriotique qui avaient été signé, la plupart des marchands canadiens-français ont fermé leurs magasins, au moins durant la ma:

tinée. Plusieurs ont tenu fermé toute la Journée. Dans la rue St. Pierre pourtant on ne remarquait que deux magasins tenus par un canadien-français qui fussent ouverts, À la Iaute-Ville, d°:s le faubourg St. Jean, à St. Roch, loi servation de la fête a été presque générale.

Seuls quelques marchands de la Basse- Ville se sont obstinément refusés de se rendre à la demande géuérale et au désir

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patriotique de la Société St, Jean-Baptiste. Ils ont essayé de profiter de l’occasion pour faire une concurrence déloyale à leurs confrères, meilleurs citoyens

u'eux, Le matin, une foule assez considérable s’est assemblée devant un des rares magasins restés ouverts, le marchand persistant dans son égoïste déterminaticn, la foule justement choquée s’est excitée peu à peu et nous regrettons de dire que quelques vitres ont été cassées.

Nous déplorons les vîtres cassées, tout en étant convaincu que v’est le fait isolé de

‘ quelques-uns de ces brouillons qui se

glissent toujours dans les groupes un peu surexcités, mais nous déplorons aussi qu'il se trouve parmi nous des gens assez mal inspirés pour braver le sentiment public à ce point,

La séance musicale et littéraire à la Salle Jacques-Cartier avait réuni, le soir, un auditoire considérable qu’on peut porter à 1200 personnes. L'air national, Vive la Canadienne, ayant été joué par le Corps de Musique de St. Sauveur, M. P.

G. Huot, président de la Société St. Jean- Baptiste, a pris la parole et a prononcé un éloquent discours vivement applaudi.

M. Huot a retracé à larges traits notre situation nationale, il a eu de nobles ins-

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D he Geg accents. entraînants, de elles pensées.. Nous publierons ce discours dans an prochain numéro.

La partie musicale a été fort intéres.

sante. M. Damis Paul a joué avec” le talent qu'on lui connaît un morceau sur le piano avec son fils. Une chanson de circonstance composée par M. Em. Blain et chantée par M. Ed. Gingras a obtenu le plus grand succès. Doué d’une belle voix, M. Gingras est par excellence le chanteur national, celui qui enthousiasme un nombreux auditoire. La Société Musicale des Amateurs de St. Jean nous a fait entendre le Chœur des Soldats, de l'opéra de Faust, puis Christophe Colomb, couplets et chœur. Ces mcrceaux chantés avec un bel ensemble ont produit beaucoup d'effet, M.J. Vienno-Michaud est venu ensuite faire rire aux larmes l’auditoire avec une de ces chansons comiques qu'il interprète avec une verve si spirituelle. Dans le cours de la soirée, ila chanté encore plusieurs chansons qui ont soulevé de joyeux applaudissements, Nous avons admiré la belle voix de M.

P. Plamondon, dans Noble Patron. M.

Blain a chanté avez beaucoup de sentiment et de goût une belle romance.

Au commencement de la seconde partie,

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M. ITector Fabre, rédacteur du Canadien, a lu une Causerie que nous publions sur notre première page.

… Nous avons cependant un contretemps à constater. M. Prume, qui avait génércusement promis son concours pour le concert, s’est excusé par le billet suivant :

‘ Mountain Elill House, ‘6 Québec, 25 juin.

“ Monsieur Prume a l'honneur de remercier M. Duquet pour l'invitation qu'il a reçue pour lundi, ainsi que pour les charmants articles qui ont été publiés dans le Canadien ; mais son agent M. Düval, ayant reçu une dépèche hier soir, qui force M. Prume a partir lundi à deux heures, ce dernier ne pourra se rendre à l’aimable invitation de la société St. Jean, chose qu'il regrette énormément, car il se serait fait un plaisir de jouer à une fête nationale. ”

Le billet est fort poli et les excuses ont été volontiers agréées par l'auditoire. Il n'en aurait pas été ainsi si on avait Su, comme nous l’avons appris depuis, que M. Prume ne devait quitter Québec qu’hier après-midi par le Aontréal et qu'il avait préféré se rendre à une invitation particulière. Même après sa lettre, M.

rume avait fait réitérer par son agent à M. Duquet la promesse d'aller jouer

à la Salle Jacques-Cartier, en ajoutant que son départ seul l'en empécherait.

Le procédé nous parait étrange, de la par d’un artiste comme M. Prume, et il a fallu pour qu'il n’hésitât pas à s’en rendre coupable envers une société na. tionale qu'on lui ait fait, quelque part, une fausse représentation des choses. Il a fallu que des gens envieux sans doute du succès de la fête l’aient dissuadé de se rendre à la Salle Jacques-Cartiér, sous prétexte qu'il n’y trouverait pas des admirateurs dignes de son talent et de sa réputation.

En résumé, nous devons répéter que . la fête nationale a été magnifique, audessus même de l'attente générale. Ce beau résultat est dû au zèle, au dévoucment, à l’activité déployés par les officiers cet le comité de régie de la Société St.

Jean-Baptiste, qui peuvent être justement fiers de la fête de lundi.

Québec, mercredi, 28 juin 1865.

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