PAR
&Le Rév. T. A. CHANDONNEZ.
Pen
Dabo libi gentes hereditatém ‘tuam.
Je te donnerai les nations en héritage.
Ps. 2, v. 18.
Mes Frères,
L’Apôtre nous rappelle que nous avons deux patries, l’une passagère, autre éternells ; lune qui marche, l’autre qui demeure; Tune qui travaille, l’autre qui jouit ; l’une qui combat, l’autre qui triomphe ; l’une ici- ‘bas et l’autre en haut. :
Ces deux patries nous appartiennent réellement ; nous leur devons, bien qu’à divers titres, un amour véritable. Et quand saint Paul les distingue, ce n’est pas qu’il veuille %es mettre en opposition ; mais c’est pour nous avertir que la patrie ne se restreint pas à ‘le
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terre, que la meilleure après tout n’est pas ici, et que l'on ne doit pas s'attacher à la patrie qui passe, quelle que sainte qu’elle soit, au point d'oublier celle qui ne passe pas ; ni fixer son cœur aux choses mobiles du temps, en face des biens immuables de léternité.
Saint Paul n’a donc pas anéanti l’idée et l’amour de la patrie terrestre : il les a étendus, relevés et ennoblis. Von habemus hic manendem civilatem, sed futuram inquirimus.
Sur la terre même, M F, rien n’est plus expansif que la patrie. Elle ne refuse pas de se dilater jusqu'aux limites du monde ; et alors tous les hommes sont nos concitoyens ; mais aussi elle se restreint volontiers au coin de terre où l’homme existe, respire, vit librement, et groupe autour de lui tout ce qu’il connait et ce qu’il aime. Alors la patrie devient un faisceau d’éléinents plus énergiques, un foyer plus ardent.
Qu'est-ce donc que la patrie ? La patrie, c’est le ciel qui nous a vus naître, l’air que nous respirons, la terre de nos aïeux, le bereeau de notre enfance ; c’est le foyer ardent de la famille, le père généreux, le sourire de notre mère, la sœur tendre, le frère bienaimé ; c’est le sang pur qui coule dans ncs veines, la gloire de notre race, le tombeau sacré Ce nos ancètres, la lutte héroïque, la guerre sacrée, le sang généreux de nos sol.
dat, l'éclat de nos victoires, la paix honorable, la noblesse de nos drapeaux, Le lambeau arra-
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ché au feu de la bataille ; c’est la foi de nos pères, la prière de notre première ferveur, la vertu de nos frères, la sublimité de nos martyrs : voilà la patrie ! Elle concleuse dans un cercle palpitant tous les éléments qui composent à ses divers points de vue la vie do l’homme ; et le patriotisme, franchissant avec
elle les limites étroites, embrasse toutes les énergies particulières qui respirent dans sa large poitrine, réunit la naïveté de l'instinct, le fanatisme du droit, le sacrement du devoir et l'ardeur brûlante de la passion.
Il y a deux hommes qui ont méconnu la patrie et déshonoré leur patriotisme au contact d’un double vice : c’est l’homme du paganisme et l’homme de la philanthropie. Le païen sans doute aimait sa patrie ; mais chez Jui, outre que l’élément civil absorbait tous les autres, l'amour de ka patrie emportait la haîne de l'étranger et le mépris du barbare ; c'était un patriotisme haineux, un patriotisme exclusif. L’homme de nos jours, usurpant le beau nom de philanthrope, reine à sa patrie Je spécial amour qu’elle réclame, sous le faux prétexte de le répandre également sur la tête de l'étranger. Le païen étouffait l'amour légitime de l'étranger par l'amour exagéré de la patrie ; le philanthrope étouffe l'amour légitime de la patrie par l'amour exagéré de létranger. Double injustice. Le païen et le philanthrope n'ont jamais senti le vrai patriotisme,
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