‹ La Stabilisation des Prix: L'Expérience des États-UnisChapitre 10 sur 43 · LES GUIDES DE LA POLITIQUE DE STABILISATION · texte numérisé non relu

LES GUIDES DE LA POLITIQUE DE STABILISATION

Il s’agit, par une action sur le crédit, de contrarier les mouvements de hausse ou de baisse des prix. Nous avons vu que l’un des principaux reproches que l’on puisse adresser au système de Mr Fisher est de combattre les variations passées, telles qu’elles se manifestent dans les nombres indices au lieu de prévenir les variations futures. Les index-numbers qui sont l’objet de la stabilisation,ne pevent pas,en même temps, lui servir de guide. Dès lors, sur quelles données pourra se baser une politique du crédit ?

Avant la guerre la hausse du taux de l’escompte avait pour but d'empêcher les exportations d’or en attirant des capitaux étrangers grâce à l'intérêt élevé qui leur était offert et d’exercer une influence sur l’activité économique de manière à provoquer une baisse des prix et par là une amélioration de la balance du commerce qui rendît définitive la solution momentanée apportée par les mouvements des capitaux. Si nous nous tenons à ce second aspect de la politique de l’escompte, nous voyons que la préoccupation de son encaisse amène la Banque à exercer une influence sur les prix.

Est-ce donc grâce à ce critérium des réserves menacées que nous allons mettre aujourd’hui en jeu les moyens d'action sur le crédit ? Remarquons tout d’abord que ces pratiques des instituts d'émission sont liées à l'existence d’un étalon d’or international et qu’elles ne peuvent être opérantes que grâce à la libre circulation de ce métal entre les grandes places. Le retour des grands marchés financiers au régime normal est enfin réalisé et les mouvements d’or n’observent plus le sens unique qui les dirigeait invariablement vers les Etats-Unis. La politique de l’escompte peut donc compter sur le libre jeu des mouvements de capitaux. Mais dirigée selon l’unique souci de sauvegarder la réserve, la politique du crédit ne saurait avoir l’action désirée sur les prix.

On voit en effet, par l’étude des cycles économiques, que les variations du taux de l’escompte, lorsqu'elles sont provoquées par la situation de l’encaisse, n’interviennent qu'avec un certain retard. Le minimum (d’après les données statistiques recueillies par Mr Carl Snyder) a lieu dix à quinze mois après ce qui doit être considéré comme le minimum du cycle. Le maximum aurait lieu plus tardivement encore, à dixhuit mois ou deux ans d'intervalle, Une action basée sur ce critérium ne ferait que suivre le cycle économique, c'est donc à un autre indice qu'il faut avoir recours.

Pour prendre des mesures préventives contre les fluctuations des prix, il est nécessaire de reconnaître dans la situation économique du moment les signes d’une hausse ou d’une baisse prochaine, de trouver en somme un

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