POSSIBILITÉS D’UNE SOLUTION BANCAIRE O
Pour atteindre ce but, il nous faudra avoir sur deux où trois de ces facteurs une influence telle que nous puissions contrebalancer les variations indépendantes des deux autres ou de l’autre. Il est bien évident que si nous avons un seul facteur indépendant notre tâche sera plus facile que si nous en avons deux. Mais même dans ce cas elle ne sera pas impossible et une stabilisation du pouvoir d’achat de la monnaie semble, à priori, réalisable,
N, quantité d'argent liquide, peut être contrôlé. De même R, proportion de réserve des banques, qui d’ailleurs reste à peu près immuable. K et K’ représentent dans notre équation les facteurs humains, individuels, par opposition à N et R qui dépendent de personnes morales, le Gouvernement, la Banque, dont la sagesse ne saurait être mise en doute. La richesse et les habitudes de chacun déterminent la quantité de monnaie et de dépôts qu’il désire garder. Cette quantité dépend donc d’éléments psychologiques qui échappent à tout contrôle.
Du point de vue des consommateurs, la marge de pouvoir d'achat non dépensée dépend à la fois du temps qui sépare le paiement des dépenses de la perception des revenus, des variations du montant de ces revenus, et de la part qui en sera épargnée.
Du point de vue des producteurs, la principale raison d'être de cette marge se trouve non dans leurs revenus mais dans leur chiffre d’affaires et dans leur prévision du mouvement économique. S'ils escomptent une hausse ils ont tendance à développer leurs opérations et à diminuer leurs soldes créditeurs. En cas de baisse, leur attitude est opposée et leurs balances augmentent.
Les variations de P sont ainsi cause, dans l’attitude des individus, de changements qui vont à leur tour réagir sur les prix. Les variables groupés dans notre équation ne sont pas indépendantes, elles composent, selon l'expression de M. Pigou, une « anatomie ». Dans ces conditions l’action de la Banque centrale devra tenir compte de l’état d’esprit des individus et particulièrement des producteurs. Son efficacité dépendra en partie de l'effet psychologique que produiront les mesures prises.
Celles-ci, d’ailleurs, ne sont pas sans exercer une action directe sur K et surtout K’. Le rôle des dépôts est prépondérant dans la formation des prix. Leur importance dépend du montant des crédits qui en sont la contre-partie. C’est, par un restriction ou un développement de ces crédits que s’exercera la politique des autorités bancaires. Elle consistera dans des changements du taux de l’escompte, des interventions sur le marché libre, des avertissements aux usagers et aux distributeurs du crédit. ;
Avant de déterminer quelle peut être l'efficacité de ces mesures sur le volume du crédit et le prix des marchandises nous rechercherons sur quels guides elles peuvent s'appuyer. |
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