‹ La Stabilisation des Prix: L'Expérience des États-UnisChapitre 15 sur 43 · Cf. Hawtrey, Monciury Reconstruction · texte numérisé non relu

Cf. Hawtrey, Monciury Reconstruction

l’exagération de la prospérité, ellen’est profonde qu’autantque la hausse a étéviolente et puisque nous possédons un moyen d’agir sur celle-ci nous pourrons par là même éviter celle-là.

Pas entièrement cependant, car l’action du taux de l’escompte sur le crédit, contrariée à la fois par le moment qui entraîne celui-ci dans son mouvement et par les facteurs psychologiquesqui en affectent la demande, est encore entravée par les réactions qu’elle provoque à la fois sur le marché national des capitaux à long terme et sur le marché international de ceux à courte échéance.

Le taux de l’escompte est destiné à gouverner les capitaux à court terme. Le papier commercial d’une durée de 60 à 90 jours pourrait être pris comme type, mais il existe bien d’autres sortes de prêts, qui peuvent être considérés comme à court terme, depuis ceux au jour le jour jusqu’à ceux à 6 mois, consentis par exemple par des banques de province à des commerçants et que nous pouvons considérer comme des crédits plutôt que comme des placements. La transition, on le voit, est insensible entre les prêts à très courte et à très longue échéance et il n’y a pas entre eux de séparation absolue. Le marché des capitaux présente une infinité de types différents de prêts, plus ou moins liquides selon leur terme, et qui subissent plus ou moins, en dehors des influences qui leur sont propres, celle du taux de l’escompte. Mais nous avons vu que moins ces capitaux étaient liquides moins leur taux d’intérêt y étaitsensible. Les capitaux à très long terme ne seront pas affectés par ses variations qui agiront au contraire immédiatement sur le papier à courte échéance. Dès lors des courants d’attraction vont se créer entre ces différents

types de placements. Une hausse du papier court aura tendance à attirer des fonds primitivement employés à plus long terme. Inversement, une baisse provoquera un afflux des capitaux à court terme vers des placements à plus longue échéance. Ces mouvements auront évidemment pour conséquence d’aller à l’encontre de l’effet désiré, restriction du crédit dans le premier cas, extension dans le second. Mais comme il existe pour chacun de nous un équilibre à garder entre ses placements à court et à long terme, cette proportion doit être encore plus rigoureusement observée par les banques et les déplacements de fonds n’auront lieu que si la prime est suffisamment élevée. Il en résulte que des variations trop larges du taux de l’escompte ne sauralent être efficaces à cause des réactions qu’elles provoqueraient à cet égard et que le taux choisi devra tenir compte des conditions du marché des capitaux.

A cette sorte d'arbitrage susceptible de jouer entre différents types de placements, il faut en ajouter un autre, entre capitaux de même type mais de nations différentes. Cet exode de capitaux à court terme d’un pays à l’autre selon les mouvements du taux de l'intérêt, et dont nous avons déjà dit quelques mots, est un phénomène bien connu. Entravé ces dernières années par les mesures de coercition prises par certains gouvernements et par l'insécurité monétaire et fiscale qui pesait sur quelques nations, il obéit en temps normal à un certain nombre de considérations. Ces mouvements de capitaux, déterminés actuellement par des espoirs de bénéfices un peu trop spéculatifs, ne tarderont pas à obéir de nouveau aux règles de sage raison qui les ont toujours guidés.

A sécurité et à liquidité égales, les capitaux cherchent

à s’employer sur la place où les conditions sont le plus ‘avantageuses. Une hausse du taux de l’intérêt sur un des principaux marchés financiers attirera des capitaux étrangers qu’une baisse incitera, en même temps qu’elle provoquera l’exode des capitaux nationaux, à aller chercher ailleurs des placements plus fructueux. Les variations du taux de l’escompte, pour peu qu'elles soient suffisantes pour couvrir certains frais de commissions, de courtage, etc., auront sur les mouvements de capitaux, une action qui ira à l’inverse du but cherché : restriction ou développement du crédit.

Nous voyons donc que si ces variations doivent être suffisantes pour agir sur l’état d'esprit des emprunteurs et l’attitude des prêteurs elles doivent en même temps être assez restreintes pour ne pas donner à certains déplacements de capitaux l’occasion de contrarier leur bon effet. Nous avons donc un instrument d’action qui manque de souplesse. D’autre part il laisse l’initiative des opérations aux particuliers dont il s’agit de combattre les tendances. Ce sont eux en effet qui prendront la décision de demander plus ou moins de crédit selon le prix auquel celui-ci leur sera accordé.

Il fallait, pour renforcer et compléter une influence en somme passive, une pression d’un autre genre, qui permît une plus grande souplesse de manœuvre et donnât l'initiative à la banque centrale. Elle consiste dans des opérations sur le marché libre, «open market operations », qui sont destinées à jouer un rôle de premier plan dans une politique de stabilisation.

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