‹ La Stabilisation des Prix: L'Expérience des États-UnisChapitre 17 sur 43 · Cf. Hearings, H.R., 7, 895, p · texte numérisé non relu

Cf. Hearings, H.R., 7, 895, p

placements, et en partie partagés entre les banques de réserve dans certaines porportions qui sont fixées à certaines époques par le comité, avec l'approbation de chaque banque. Ainsi la conclusion, que l’on a peutêtre tirée de ma réponse que, dans l’achat d'effets — c’est-à-dire d’acceptations — nous prenons cette nette initiative, n’est pas exacte. Nous achetons simplement les effets qui nous sont offerts, selon le cours normal des affaires, surtout par l'intermédiaire des banques affiliées de New-York. »

L'initiative appartient au contraire aux banques de réserve pour l’achat et la vente des United States Securities. La dette publique à court terme est pour les banques centrales un excellent instrument d'action sur le marché libre. À mi-distance des emprunts à longue échéance et du papier monnaie, elle constitue en somme des moyens de paiement différé. La garantie gouvernementale assure aux bons émis dans ces conditions une négociation facile. Ces bons permettent dès lors à l'institut d'émission d'intervenir à tout instant sur le marché de crédit.

Ils sont un instrument précieux grâce auquel la banque centrale pourra renforcer et assouplir l’action du taux de l’escompte. À une hausse de celui-ci pourra correspondre une vente de valeurs qui provoquera l'adaptation du taux du marché libre à celui de l’escompte et, en outre, agira directement sur le volume du crédit. Mais on peut aussi s’en servir d’une manière exclusive. C’est ainsi qu’en période de baisse des prix, il vaut mieux, comme le faisait remarquer le Gouver-

neur Benjamin Strong!, laisser filtrer le crédit par des achats de valeurs, avoir moins de réescomptes, voir baisser le taux libre de l’intérêt, et diminuer alors seulement, celui de l’escompte.

On peut même imaginer une action en sens inverse de celle du taux de l’escompte. Si une baisse ou une hausse de ce taux ont une action plus forte que la banque centrale ne le désirait, celle-ci peut intervenir sur le marché libre et corriger la hausse par un achat de valeurs qui aura pour effet de faciliter le recours au crédit, la baisse par une vente de valeurs destinée à provoquer une tension sur un marché trop optimiste.

Ainsi l'intervention sur le marché libre peutsoutenir, préparer, remplacer, ou même contrarier l’action du taux de l’escompte pour permettre à l’Institut d’émission d’avoir une action à la fois puissante et souple sur le volume du crédit.

Celui de la circulation pourra par là même être dirigé. Les demandes de billets ne doivent provenir que des particuliers, si des émissions avaient lieu pour subvenir aux besoins du gouvernement aucune action en vue de stabiliser les prix ne serait possible. Mais en temps normal, la monnaie sert principalement aux paiements de salaire et aux achats de détail. Si le volume de ces paiements se trouve accru, la demande de monnaie deviendraplus forte. Mais cet accroissement n’interviendra que comme conséquence des opéra-

1. Cf. Hearings, p. 307, 330, 338, 380, « Les opérations sur le marché libre préparent la voie à un changement de taux », H. R.,

tions qui ont été effectuées à l’aide du crédit. Il gardera donc, avec l’augmentation de celui-ci, une certaine proportionnalité et n’interviendra par rapport à elle qu'avec un certain retard. De même que les salaires et les prix de détail suivent les prix de gros à un certain intervalle, le volume des paiements en numéraire sera précédé par celui des paiements à l’aide du crédit et des dépôts.

On peut donc énoncer la règle que le volume de la circulation suit celui des dépôts, quoique avec un léger retard. Un volume de crédit stable signifie donc une circulation stable.

Il faut cependant remarquer que la demende de numéraire ayant lieu sous forme de retrait de dépôts dans les banques et obligeant celles-ci à recourir à l’Institut d'émission, aura un effet légèrement différent de celui que pourrait avoir une demande de crédit. Pour accorder des prêts, il suffit à une banque d’une couverture assez faible (par exemple 10 % de Federal Reserve Credit pour les prêts accordés par les Member Banks), mais pour donner des espèces, il faudra un dollar pour un dollar. Le fait est de nature à resserrer encore la situation du crédit au moment où son développement provoque une demande de monnaie, à la rendre encore plus aisée lorsque le ralentissement des affaires provoque des rentrées de fonds. L'action de la Banque centrale sur le volume du crédit va ainsi se trouver renforcée.

Cette action sera d’ailleurs plus ou moins efficace selon la structure du système bancaire. Si tous les établissements de crédit sont sous le contrôle de l’Institut d'émission, elle bénéficiera de ces liens de dépen-

dance et atteindra le marché du crédit tout entiert. Une telle conjoncture ne se rencontre pas dans la réalité et malgré des interventions sur le marché libre, une partie des prêts qui sont accordés, ne subissent

que très indirectement l'influence de la banque centrale.

1. 11 sera dit dans la seconde partie de cette étude comment le contrôle du crédit se trouve renforcé par la pression administrative que peuvet exercer les banques de réserve sur les banques affiliées.

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