‹ La Stabilisation des Prix: L'Expérience des États-UnisChapitre 29 sur 43 · LE PROBLÊME DE L’O0R · texte numérisé non relu

LE PROBLÊME DE L’O0R

grand qu’il apparaît au premier abord. Des études récentes ont insisté sur ce point!. Le surplus d’or paraît s’élever à près de 2 milliards de dollars. En effet, les billets en circulation, s’élevant à 1 milliard 700 millions de dollars nécessitent une couverture de 40 9% soit 680 millions. Les dépôts atteignent 2? milliards 400 millions environ, une réserve de 35 %, soit 480 millions suffit, En fait les banques fédérales ajoutent à leurs 2 mil- : liards 700 millions d’or 150 millions de monnaie légale, couverture admise pour les dépôts. De ce chef l’excédent des réserves dépasse donc 1 milliard 300 millions.

De plus des certificats d’or, gagés par 100 % de métal, ont été émis pour un montant de 1 milliard environ. Leur remplacement par des Federal Reserve Notes rendrait disponibles 600 millions d’or. Il semble donc que les Banques de Reserve détiennent près de ? milliards d’or au delà de ce qui leur est prescrit par la loi.

En réalité, cet excédent se trouve singulièrement réduit si l’on tient compte de la disposition du Federal Reserve Act qui exige que les billets de banque soient entièrement couverts soit par de l’or soit par du papier éligible. L’excès d’or apparaît alors comme nécessaire pour subvenir au défaut des traites présentant les qualités requises.

Mr Burgess estime que le papier éligible en portefeuille atteint normalement 700 millions. En outre ce mode de couverture est nécessaire non seulement pour la circulation réelle mais pour l’ensemble des billets remis par les agents de la réserve fédérale aux Banques

1. Cf. W. R. Burgess, Review of Economics Statistics, février 1929 The Money Market in 1928.

Aftalion Le Capital, 27 mai 1929. Y a-t-il excès d’or dans les Banques américaines. e

de Reserve. Ce sont alors ? milliards 100 millions qu'il s’agit de gager. Le faible volume du papier commercia] éligible exige 1 milliard 400 millions d’or, 720 millions de plus qu’il n’était apparu tout d’abord. Les 600 millions qui auraient pu devenir disponibles du fait du remplacement des certificats d’or par des Federal Reserve Notes disparaissent puisque, tout le papier éligible étant déjà employé, ces billets devraient être entièrement couverts par du métal. L'excédent réel se réduit ainsi à 600 millions de dollars environ. Il reste, en plus, que 1 milliard 300 millions d’or pourraient être remplacés par du papier commercial éligible, mais il y aurait là une inflation de crédit qui n’est pas compatible avec la politique de stabilisation des prix.

Il est dès lors compréhensible que les banques de réserve aient laissé produire tout leur effet aux exportations d’or. Celles-ci obligent les Member Banks à des emprunts aux Federal Reserve Banks. Aussi le montant des réescomptes s'est-il élevé considérablement, et il en est résulté une tension monétaire très vive comme nous l’avons indiqué plus haut. Les autorités bancaires auraient pu atténuer cet état de choses en procédant à des achatsde titres sur le marché libre, mais cette aide aurait surtout profité aux spéculateurs. Aucune intervention n’a donc eu lieu après les ventes d'United States Securities du début de l’année et les mouvements d’or ont exercé leur action normale.

Quoique Les exportations d’or aient atteint une ampleur qu’elles ne retrouveront sans doute plus, il faut tenir compte de ce que des gouvernements et des banques étrangères, et la Banque de France en particulier, possèdent aux Etats-Unis des disponibilités à

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