‹ La Stabilisation des Prix: L'Expérience des États-UnisChapitre 3 sur 43 · Cf. Business cycles and Business Measurements p · texte numérisé non relu

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comme la monnaie, d’une vitesse de circulation qui multiplie leur rôle. Quoi qu’il en soit, on voit qu’il nous faudrait un indice composite des prix tenant compte de ces divers éléments, Un tel indice n’existe pas encore et présente de sérieuses difficultés d’établissement. Nous devrons donc nous contenter de l’un de ceux que nous avons à notre disposition. On accorde en général la préférence à l'indice des prix de gros. Celui-ci est en effet plus sensible que l’indice des prix de détail dont les variations sont plus tardives et de moindre amplitude. Peut-être aussi vaut-il mieux agir sur lui à cause du rôle fondamental des prix de gros et des transactions en gros dans la formation des prix. L'indice de gros donnera des indications que celui de détail ne ferait apparaître qu'avec un certain retard. C’est donc lui qu’il va falloir stabiliser.

Mais le choix d’un niveau de stabilitation est difficile et le maintien des prix à ce niveau peut être absolu ou relatif.

Les mouvements des prix au cours de ces dernières années ont été si brusques qu'il n’ont pas atteint tous les produits dans les mêmes proportions. Non seulement la hausse n’a pas été simultanée pour les salaires, les prix de détail et ceux de gros, mais parmi ceux-ci on peut noter un changement relatif des valeurs. C’est ce que l’économiste suédois, M. Gustave Cassel, a appelé la dislocation des prix:. Il constate que le prix des matières premières s’est élevé moins que celui des produits ouvrés, sans doute à cause de la hausse exagérée des sa-

1. Cf. Skandinaviska Kreditakietiebolaget, Avril 1927. Dislocation of prices.

Filippi | ?

laires. C’est ainsi qu’en particulier les prix des denrées coloniales ont souvent baissé. La viande de bœuf congelée n’a augmenté que de 12 % depuis 1913, le cacao a baissé de 100 à 93,7 et le caoutchouc, d’une manière plus notable encore, à 69,7. Cet état de choses fait que les colonies sont obligées d'augmenter la quantité de leurs exportations pour pouvoir importer autant qu'avant la guerre. Cette situation existe, d’une manière plus générale, pour les pays qui produisent des matières premières et ont besoin de produits manufacturés. Y a-t-il là une modification définitive des rapports des prix ou un phénomène temporaire, il est difficile de le dire, mais peut-être conviendrait-il de ce chef de garder au niveau général des prix une élasticité qui permette certains ajustements. C’est là un argument dont pourraient se prévaloir ceux qui se contentent d’une stabilité relative contre les partisans d’une absolue fixité des prix.

Les prix sont animés de mouvements qui peuvent être classés en saisonniers, cycliques et séculaires. Les premiers sont inséparables de la notion de temps. L'existence des saisons, le groupement des échéances à certaines époques, les rendent inévitables. Mais l’action stabilisatrice doit-elle s'exercer seulement sur les variations cycliques ou à la fois sur elles et sur les mouvements de longue durée. La question est clairement posée par Mr Bellerby dans son livre Monelary stability. La recherche d’une stabilité complète constitue le « système du prix normal constant », qui consiste à ne pas laisser varier l'indice de plus d’un certain pourcentage, 3 % par exemple, au delà ou en deçà du pair Il y aura alors pour les prix

des index-points artificiels comme il y a sous un régime d’étalon-or universellement adopté des gold-points naturels pour le change En supposant que la politique de stabilisation réussisse, que les index-points (103 et 97 dans l'hypothèse que nous avons choisie) ne soient pas franchis, nous n’aurons évidemment pas de mouvements séculaires et les mouvements cycliques seront atténués jusqu’à n'avoir plus qu’une amplitude maxima de 6 % environ

L'autre système, dit composé, est plus complexe et surtout moins automatique. On ne proclame pas un pair intangible, le niveau des prix n’est pas « à l’ancre », ce qui revient à dire que le mouvement séculaire est laissé au hasard On combattra seulement la hausse spéculative et la dépression, c’est-à-dire les mouvements cycliques. Il faut donc interpréter ici les mouvements des prix au moyen de certains indices, les indices guides, que nous étudierons au chapitre suivant, pour en corriger les conséquences néfastes. Ce système permet sur une période étendue d’assez fortes différences de niveau, mais pas de variations brusques. Si on n’atteint pas à une véritable stabilité, on évite toutefois les crises et on assure au commerce et à l’industrie l’avantage d’un milieu économique parfaitement sain. C’est à ce second système plus souple et plus modeste que se rallient la plupart des économistes qui ont traité la question. Cependant l’école de Cambridge,la Fondation Pollak et, dans une certaine mesure, Mr Carl Snyder sont partisans du premier dit du niveau normal. Dans la pratique d’ailleurs, il est difficile de distinguer aussitôt le caractère d’un mouvement des prix. Une décision

sur la politique à suivre devra être prise avant que l’ont ait pu déterminer ce caractère.

Mais les moyens employés impliquent déjà le choix du but à atteindre. Il semble que les mesures qui tendent, à changer le caractère même de la monnaie visent à établir un niveau normal constant tandis que celles qui plus modestement tentent de la diriger cherchent seulement à combattre les influences cycliques.

L'étude de la politique du crédit, sera le principal objet de la première partie de cette thèse, mais il nous faut tout d’abord mentionner les solutions purement monétaires du problème de la stabilisation des prix.

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