EN MILLIONS DE DOUBLARS
C’est bien ce qui se produit en 1923 lorsque la hausse des prix se trouve arrêtée par des ventes de titres et une élévation de l’escompte.
En 1924 des achats de titres au début de l’année et trois baisses successives du taux de l’escompte semblent provoquer dès juillet une hausse qui est arrêtée au printemps 1925 par une action inverse.
La hausse de l’escompte à la fin de 1925, retardée jusqu’en janvier 1926 à New-York, est due à l’augmentation des prêts sur titres, élément nouveau dans la situation.
Un déclin de la production industrielle provoque une baisse de l’escompte à New-York le 23 avril 1926 et l’achat de 65 millions de dollars de titres. Mais ces mesures ne sont pas suivies d'effet et l’accroissement des prêts sur titres oblige peu après à une hausse du taux de l’escompte.
Le déclin des prix continue au début de l’année 1927 au cours de laquelle les banques de réserve pratiquent une politique de crédit facile, baisse de taux de l’escompte, achat de valeurs. Il s’ensuit une légère reprise des prix, mais aussi un développement excessif de la spéculation au Stock Exchange qui conduit en 1928 à d’énergiques mesures de restriction, l’escompte étant porté successivement à 4, 4,5 et 5 %. Le marché des valeurs fait négliger celui des marchandises et, comme nous l’avons dit, le contrôle des conditions monétaires semble perdu par le système de réserve.
La politique bancaire, surtout lorsqu'elle doit tenir compte d'éléments divers : distribution du crédit entre plusieurs places, mouvements d’or, attitude spéculative de la Bourse, ne peut pas avoir une influence exclu-
CAUSES DE LA STABILITÉ DES PRIX 14i
sive sur les prix. Leur stabilité a été favorisée aux Etats- Unis par certains facteurs économiques.
Les variations du niveau général des prix sont dues surtout à celles des prix agricoles qui dépendent du rendement des récoltes. Les prix industriels ont gardé au contraire un niveau assez constant.
Une meilleure organisation des usines et la fabrication d’un nombre de types réduits pour des consommateurs guidés par une publicité habile ont permis d’abaisser d’une manière notable les prix de revient tout en conservant une marge de profits appréciable. Il est intéressant de noter à cet égard qu’une légère baisse des prix a pu être accompagnée d’une augmentation de la production et des profits, et qu’un mouvement qui était caractéristique de la dépression n’a pas empêché la prospérité.
Les ententes de producteurs, en même temps que le développement du crédit à la consommation, ont assuré dans chaque branche d’industrie un ajustement étroit de l'offre et de la demande.
Mais plus encore qu’à ces mesures techniques, il semble que la stabilité soit due à la sagesse des chefs d'entreprise, Le Federal Reserve Board dans son rapport pour l’année 1925 note que «... peut-être le fait le plus notable a-t-il été l’attitude généralement prudente du monde des affaires à un moment où l’activité économique était grande et où le volume du commerce augmentait. Rarement dans l’histoire des affaires américaines une telle augmentation de l’activité industrielle a eu lieu sans donner place à des tendances spéculatives mar-