‹ La stabilisation du francChapitre 18 sur 23 · A LA TRIBUNE DE LA CHAMBRE · texte numérisé non relu

A LA TRIBUNE DE LA CHAMBRE

DICOURS

PRONONCÉ LE 25 JANVIER 1924 SOUS LE GOUVERNE- MENT DE M. RAYMOND POINCARÉ. M. DE LASTEYRIE ÉTANT MINISTRE DES FINANCES.

M. Jacques Duboin. — Messieurs, je serais bref. Comme je n'abuse ni de la tribune ni des interruptions, je me recommande à toute votre bienveillance, (Parlez! Parlez!)

Engageant sa responsabilité, le Gouvernement nous présente des projets qui, dans son esprit, sont appelés à enrayer la baisse du franc. Certains sont acceptables ; d'autres vont à l'encontre du but que nous nous proposons, dans la grave crise que traverse le pays.

En présence du danger que court le crédit public, voterons-nous ces projets ? Si oui, ce sera avec la conviction intime que les remèdes proposés ne sont que des expédients provisoires et à efficacité limitée et non les véritables réformes qui s’attaquent à la cause réelle du mal.

(1) Extrait du compte rendu du Journal Officiel.

L'idée première dont procèdent les projets du Fi

Gouvernement est qu'il faut opérer d'urgence un. redressement financier.

Voilà deux ans cependant, qu'au cours de de à

débat sur la politique financière ou sur le te ce de la trésorerie, nous ne cessons de répéter que nous. nous exposons au plus grave danger à ne pas regar-. der le mal en face (Très bien! très bien ! à gauche)

et à vivre au jour le jour en nous en remettant à la bonne fortune ou à un miracle du soin d'améliorer

notre trésorerie. (Applaudissements à gauche.)

On a beaucoup critiqué la formule : « LAS REASS :

gne payera ».

Mais au fond, nous vivons encore avec l'esprit de

cette formule, et nos finances comme notre trésorerie,

ont été maintenues jalousement sous la dépendance de la bonne ou de la mauvaise volonté de l’Allemagne.

Le Gouvernement l'a enfin compris puisqu'il propose lui-même de renoncer aux subtilités comptables du budget français et du budget des dépenses recouvrables, et puisqu'il nous propose enfin de revenir: ei l'unité de discipline budgétaire.

Qu'il me soit permis de regretter qu'il ait fallu le

incidents récents pour l'amener à la conception saine

de ce que doivent être les finances d’un grand nee. conception qui a été souvent défendue à cette tri-. bune par nos amis, MM. Bokanowski, Vincent Auriol et beaucoup d’autres que je pourrais nommer.

En admettant même que les circonstances n'aient pas permis de réaliser, comme il était nécessaire, cet - idéal de finances indépendantes, n'avions-nous pas le devoir de nous acheminer progressivement vers cet idéal, en faisant disparaître les causes multiples d'inégalité fiscale afférentes à notre système d'impôts ?

LT

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