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I] faudrait d’abord, une bonne fois, s'accorde … pour convenir qu’un budget en déficit ne s’équilibre pas nécessairement en augmentant toujours les recet- F tes, car les impôts très élevés, a dit très justement M. Caillaux, dévorent la matière imposable. Il est un
autre moyen de réaliser l'équilibre : c’est de dimi-
nuer les dépenses.
Que d’emplois inutiles à supprimer, que de gaspil-
lages à éviter, que de réformes à effectuer pour
moderniser certaines administrations qui vraiment
sentent un peu trop le moisi !
Que de coupes sombres à opérer rien que dans les os
budgets de la guerre, de la marine! Que de fonction-
naires en surnombre dans les administrations cen-
trales, départementales et communales !:
Cela devient si banal de le dire que ma plume a comme une répugnance à le répéter.
La bureaucratie est le luxe le plus coûteux qu’un pays riche puisse s’offrir. C’est la dure nécessité qui, demain, NOUS FORCERA A Y PORTER LE FER ROUGE. Pourquoi ne pas faire tranquillement, dès maintenant, les compressions nécessaires ?
Ce mal n’est pas particulier à la France. Tous les pays en souffrent ou en ont souffert, car partout les emplois ont une tendance à foisonner.
Voyez la marine anglaise : en 1922, la flotte a été réduite et le nombre des combattants a diminué de 24.000 hommes. Du même coup, le personnel de l’administration centrale qui, en 1914, était de 2.072 unités, a passé à 4.500 en 1922 ! Il en a été de même dans l’armée. Les Anglais s’empressèrent de créer le fameux comité Geddes qui, grâce à une publicité retentissante, a pu opérer les réductions indispensables. $
Oh ! les choses n’allèrent pas toutes seules et les administrations se rebiffèrent. Il fallut briser la résistance de la marine anglaise, qui n’admettait pas qu’on eût l’incorrection de lui demander des économies.
En France, l'effectif des fonctionnaires (y eom- . pris les chemins de fer) a passé de 1.400.000 en 1913, à 1.700.000 en 1921, soit une augmentation de 300.000 unités. Pendant ce laps de temps, notre population diminuaïit de plus de 2 millions d’habitants.
Certes, tout le monde reconnaît que certains servi-
ces — en particulier ceux des Finances — ont pris … une extension considérable et exigent plus de personnel, mais cela n’explique pas les 300.000 fonctionnaires supplémentaires du rapport Marin. L’administration des Finances pourrait, elle aussi, moderniser ses moyens de contrôle et de perception. Fe
Interrogez les associations de fonctionnaires. a indiqueront elles-mêmes les économies à réaliser, tout … en assurant mieux les services et en rémunérant pie convenablement le personnel strictement nécessaire. | Les fonctionnaires qui travaillent seront les pre- F miers à applaudir.
Je ne doute pas que, chez nous aussi, ces économies ne soient très difficiles à réaliser, car nous nous heurterons, comme en Angleterre, à une résistance désespérée. Mais nécessité n’a pas de loi. La France, appauvrie par une guerre terrible, avec un tiers de ses richesses détruites ou consommées, ne peut plus. vivre sur le pied d’avant- sacre Bon gré mal gré, 1 faut nous réduire et il n’y à pas de sentiment qui. : puisse tenir contre la triste réalité. F
Dans quelle proportion doit-on faire des éconemies? Dans la plus grande mesure du possible, sinon il ne restera rien à dépenser pour les services productifs, et nos installations téléphoniques, par exemple, la réfection de nos routes, l’électrification de nos chemins de fer, bref, tout ce qui contribue à l'essor | économique du pays — source d'impôts nouveaux F devraient être indéfiniment ajournés. à