‹ La Stase Intestinale ChroniqueChapitre 16 sur 41 · RATE · texte numérisé non relu

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temps trop atone (Fischler). Pour Jui « la dilatation atonique du eœcum peut survenir à la suite des lésions que nous venons de passer en revue et coexister avec elle. Mais elle peut se constituer pour son propre compte. Elle succéderait alors à la constipation habituelle ou encore à une côlite grave. »

Dans ce même cadre d'idées il nous faut citer les troubles liés aux coudures provoquées par l'excès de longueur du gros intestin ou dolichocôlon el ceux dus à la dilatation hypertrophique du côlon, mégacôlon, ou maladie de Hirschprung. Mégacôlon et dolichocôlon sont d'origine congénitale, mais s’augmentent après.

2° Les maladies propres du gros intestin.

Nous commencerons par discuter le rôle que joue l’appendicite chronique. Ge rôle a été l'objet de nombreuses discussions. Pour M. Okinczyc la stase cœco-colique paraît être d’origine inflammatoire et l'inflammation primitive serait localisée à l’appendiee sous Ja forme d’appendicite chronique. Voici ce que dit Ockinezye : « Quand on parle de stase il ne suffit pas de s’arrêter au syndrome de stagnation intestinale et d'intoxication, mais de poursuivre plus loin l'analyse des faits et des manifestations morbides depuis leur apparition jusqu'à leur aboutissement. Or, les premiers symptômes sont des signes douloureux localisés qui peu à peu se diffusent ; l’état subfébrile n’est pas rare qui fait penser à la tuberculose ; puis l’état général s’altère, avec l'amaigrissement progressif, et des localisations ré-

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nales, salpingiennes, hépatiques, où l’on peut déceler la présence du colibacille. L'aspect des malades à ce moment est celui des septicémiques chroniques. Il ne suffit pas de dire que cette infection est secondaire à la stase, car rien ne peut, jusqu'à ce Jour, expliquer l'apparition du phénomène de stase chez ces malades. À cette atteinte progressive du du dynamisme intestinal, à ce trouble fonctionnel du système nerveux moteur de l'intestin, il faut une cause. Pourquoi ne serait-ce pas une infection dont nous connaissons les effets habituels par l'action lente et continue des toxines microbiennes pour inhiber la motricité des muscles soumis à cette imprégnation. Les symptômes cœco-coliques s’améliorent par l’ablation de l’appendice. C'est donc que celui-ci les détermine et les entretient, Si même ils survivent à la disparition de l’appendice on peut penser que les altérations cœco-coliques devenues dans une certaine mesure irrémédiables, ne peuvent plus se modifier même par l'action directe sur le siège de l'infection initiale. Qu'observet-on chez nos malades ? Est-ce la stase qui prédomine chez l'enfant et l'appendicite chronique chez l'adulte ? Bien au contraire, l’appendicite chronique est aussi fréquente chez l'enfant que la stase est exceptionnelle, tandis que chez l'adulte jeune nous voyons la stase évoluer, s'installer après un long passé douloureux et localisé à la région appendiculaire. La stase aurait donc à son origine une infection locale. La localisation primitive de lJ'infec-

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tion serait à l'appendice, ainsi que semble le démontrer la fréquence de la localisation sur cet organe, l'association habituelle, pour ne pas dire constante, de l'appendicite chronique et de la stase, et la précession des phénomènes appendiculaires dans l'évolution de la stase.

: Telle est l'opinion d'Ockinczyc. Elle n'est pas ‘partagée par tous les auteurs. Pour Broca, Walther, l'appendicite chronique est la conséquence de Ja stase. Pour Chiray, il s'agirait d'un véritable cercle vicieux. Il y aurait d’abord infection. d’où stase, qui elle-même serait à l'origine d'infection, et ainsi de suite, Il devient ainsi quasi impossible de faire la part de chacun des facteurs. Pour terminer cette discussion nous citrons la conclusion de Lebon, dans sa thèse : « Si donc on doit envisager la double possibilité d’une stase par appendicite, et d’une appendicite par stase, si on doit distinguer avec Walter une côlite tenace pré-appendiculaire que lappendicectomie ne guérit pas, et une côlite secondaire à l’appendicite que l’appendicectomie fait disparaître, en revanche il ne nous semble pas que Îles deux processus apparaissent sur un pied d'égalité en clinique, et nous inclinons beaucoup plus à croire la stase souvent la première en date que l'inverse ». Après l’appendicite chronique, une des questions les plus discutées est celle du rôle que joue les différentes côlites segmentaires dans l'étiologie de la stase au niveau du gros intestin. Normalement, la

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constipation chronique est un syndrome qui comporte la certitude d’absence de côlite ; sur cette constipation chronique se greffe quelquefois une côlite par irritation due aux matières accumulées, mais il y à alors évacuation de liquide et de giaires et par conséquent signe de côlite. Là il n'y à pas stase. La côlite constituée, il se produit de l'entéronévrite, et il en résulte de l’atonie ou des spasmes secondaires, À ce moment il y a stase par suite des troubles trophiques. Les causes de cette côlite banale sont variées. En général, elle est due au colibacille, mais toujours associée à des microbes banaux. À ce sujet, nous rappellerons l'importance des syndromes entéro-côlo-organiques et leurs graves conséquences.

À cette côlite banale nous rattacherons l’entérocôlite membraneuse dont la fréquence en pathologie intestinale semble avoir été exagérée et qui paraît relever de la para ou sympathicotonie. Elle serait caractérisée par une douleur en barre épigastrique, des points douloureux au niveau des bases thoraciques dus à Ja distension gazeuse des angles coliques et des évacuations de fausse membrane. Il faudra s’efforcer de faire le diagnostic étiologique afin de rattacher à sa cause le symptôme stase colique. L'image radioscopique montre ici l'existence de spasmes intenses mulliples. Ces spasmes prédominent sur le transverse et le descendant. La tonicité doit être étudiée de concert avec la motilité, et M. Bensaude a observé chez les mêmes sujets des as-

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sociations d'atonie et de spasme, d’hypotinésie et d'hyperkinésie qui doivent faire rejeter l’ancienne et trop schématique opposition de la constipation atonique et de la constipation spasmodique.

À côté de ces côlites dues à des microbes banaux nous citerons l'importance des parasites et vers intestinaux, origine de côlites et par là de stase, ainsi que celle de la dysenterie chronique. On voit donc dans ces différents cas l'intérêt primordial que prend l'examen soigné des selles.

La tuberculose est moins fréquente. Il s'agit surtout de tuberculose cœcale, soit iléo-cœcale, soit cœco-colique. Elle revêt, dans ces cas, le plus souvent la forme hypertrophique et se manifeste alors chez des sujets indemnes de toute lésion bacillaire.

Quant à la côlite svphilitique elle est une rareté.

3° En dernier lieu nous rappellerons la possibilité de stases organiques dues à des compressions du gros intestin par des tumeurs extrinsèques : tumeur du rein, du petit bassin, l'utérus gravide.

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