POPULATION
Fig. D. Comparison of Countries and Colonies^ to scale. British Colonies, 213,918,000.
Dutcli Colonies, 26,841,597.
French Colonies,
^ co
g Ci
Je os
CJD ^
Spain, 16,350,874
Spanish Colonies,
Portiignese Colonies,
United Kingdom,
France, 37,672,048.
Tlie entire figure represents the Population of ihe British Colonies.
Levasseur — La Statistique graphique.
IV. Le DIAGRAMME a des emplois plus vaines que la ligne et la surface. C'est que les lignes et les surfaces n'expriment qu'un rapport simple entre deux ou plusieurs objets, tandis que la courbe exprime la série des rapports existant entre deux faits dont l'un est fonction de l'autre.
Ainsi, lorsqu'on dresse le graphique de la longueur des chemins de fer dans divers Ëtats, on n'a à considérer que la longueur relative des lignes ; on peut d'ailleurs les tracer horizontalement ou verticalement et les espacer à volonté. Mais, si l'on veut représenter le nombre des kilomètres de chemins de fer en exploitation aux États-Unis à la fin de chaque période décennale, l'espacement des lignes cesse d'être arbitraire, parce qu'il faut tenir compte à la fois de la longueur des chemins et du temps écoulé.
Pour simplifier la démonstration, supposons que nous ayons sous la main un papier quadrillé d'avance ; c'est sur un papier de ce genre qu'on dresse le plus souvent les diagrammes rectangulaires. Sur une ligne verticale, qui est l'axe des ordonnées, nous commençons par porter l'échelle du fait en fixant la longueur par laquelle nous voulons représenter l'unité de ce fait : c'est l'échelle des ordonnées. S'il y a i,ooo unités du fait, la ligne à tracer s'élèvera du pied de la figure jusqu'à la hauteur du point où est marqué le nombre 1,000 sur cette échelle; si 2,000, jusqu'à une hauteur double. Les faits sont en quelque sorte empilés les uns sur les autres et s'élèvent en colonnes proportionnelles au nombre des faits accomplis. En même temps, sur la ligne hoiîzontale qui forme le pied de la figure en faisant un angle droit avec la ligue des ordonnées — d'où le nom de diagramme rectangulaire ou orthogonal qu'on donne à ce genre de figure — et que les géomètres nomment ligne des abscisses, nous portons des divisions égales pour représenter des temps égaux, et c'est en observant les espaces déterminés par ces dernières divisions que nous élevons à chaque période la ligne représentant l'intensité du fait.
Ainsi le statisticien^ grâce à la géométrie, met à sa vérita.ble place dans un certain cadre un fait déterminé par deux dominées numériques, comme le géographe met un lieu en sa place sur la carte à l'aide de la longitude et de la latitude.
Levasseur — La Stoiiistîqne graphique.
Les colonnes de faits empilés se trouvent de cette façon rangées en ordre les nnes après les autres, comme les faits le sont en realité dans la succession des temps. Nous obtenons donc non seulement l'expression graphique du fait à diverses époques, mais une mesure des variations que ce fait a subies dans le temps et proportionnellement au temps écoulé. Plus a été grand l'accroissement des voies ferrées durant une période, plus les lignes s'élèvent rapidement à la suite les unes des autres. Dans l'exemple que nous venons de choisir, les quantités s'ajoutant les unes aux autres, la série est nécessairement partout ascendante ; elle pourrait avoir un tout autre aspect si les faits représentés no s'ajoutaient pas les uns aux autres.
La ligne des abscisses est indépendante de celle des ordonnées en ce sens que l'unité n'a pas besoin et souvent ne peut pas être représentée par une longueur égale sur l'une et sur l'autre ligne. Toutefois le choix de la longueur représentant l'unité n'est pas sans importance ; il doit être fait de manière à rendre sensibles les variations qu'il importe de faire connaître. Lorsque les variations du phénomène sont très accentuées, il n'y a pas d'inconvénient à les espacer sur la ligne du temps; il convient, au contraire, de donner en général à l'unité une longueur plus grande sur l'axe des ordonnées et une longueur moindre sur l'axe des abscisses, si les variations sont faibles.
On peut à son gré élever verticalement sur la ligne des abscisses des lignes fines montant de la base jusqu'à la hauteur calculée ou des colonnes figurant autant de rectangles allongés. Des statisticiens ont conseillé d'employer de préférence le second procédé lorsqu'on représentait des moyennes. En realité, il n'y a pas de règle à imposer à cet égard : la clarté nous parait là, comme ailleurs, la règle suprême de la statistique figurée.
Voici une figure, empruntée en grande partie au travail de M. Sœtbeer sur les métaux précieux, qui représente la moyenne de la production annuelle de l'argent dans le monde (Voir la fig. E, Production de l'argent par régions, de 1493 à 1880," extraite de notre Précis de géographie, la Terre "). Ce n'est pas parce que le poids d'argent indiqué pour chaque période est la moyenne de cette période que le procédé des colonnes a paru préférable ; c'est parce que la colonne, pouvant être divisée plus facilement que la ligne, donne aussi plus de facilité pour représenter la part de chaque grande région dans la production totale.
12 Levasskup — La Statistiqup graphiqne.
Europe Mexique. Amérique. Divers. Amérique
et Russie. du sud. du uord.
FiG. E. Production de l'argent, par régions, de 1493 à 1880.
La figure de l'iminigration aux Étais-TJiiis depuis 1820, qui est d'un dessin plus sommaire, représente non des moyennes, mais des nombres absolus pour chaque année. (Voir la figure ci-jointe, fig. F, Immigration aux États-Unis, 1820-83," extraite d'une conférence que nous avons faite à la Société d'acclimatation.) Cependant les colonnes lui conviennent aussi, parce qu'elles permettent de distinguer par des lignes différentes l'immigration totale ou brute et l'immigration nette, défalcation faite de l'émigration pour les anneés oii la statistique fournit ce renseignement.
Ces deux figures ont une certaine éloquence démonstrative.
Sur la première, nous lisons très distinctement les influences successives qui ont agi sur la production et la valeur de l'argent, la conquête du Pérou, le progrès de l'industrie minière au Mexique pendant le xviii® siècle, les guerres de l'indépendance des colonies espagnoles, enfin l'exploitation des mines de la Cordillère du nord ; et nous nous rendons aisément compte de la situation défavomble dans laquelle se trouve aujourd'hui l'argent trop abondant sur le marché monétaire.
La seconde montre par des signes non moins manifestes les causes qui peuvent précipiter ou ralentir le courant de l'immigration. De 1832 à 1848, cette immigration subit l'influence des
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