MAXIMUM
s pièces pouva encore exister
Millions d'écus
Millions d'écus
1867-1878 (12 ans). .
1847-1856 (10 ans). .
1831-1846 (16 ans). .
1830 (1 an). . . .
1826-1829 (4 ans). .
1808-1825 (18 ans). .
An IV-1807 (13 ans).
Totaux et moyennes.
On remarquera, dans ce tableau, le chiffre 100, correspondant à la période 1867-1878, et placé en tête de la colonne comprenant la « proportion maximum des pièces pouvant encore exister ». C'est le point fixe choisi par M. de Foville pour établir ses comparaisons. Et il donne ainsi les raisons qui lui ont fait choisir cette base nécessaire, hypothétique à coup sûr, mais relativement proche de la vérité. « Les derniers écus fabriqués en France, écrit-il, n'ont pas eu, à beaucoup près, autant de risques à subir, autant d'épreuves à traverser que leurs prédécesseurs, et la baisse croissante du métal blanc, depuis vingt ans, ne les protège que trop efficacement contre la refonte ou contre l'exportation, puisque, dans un cas, comme dans l'autre, ils perdraient immédiatement une portion con-
sidérable de leur valeur nominale. On a donc lieu de croire que, sur les 125 millions d'écus frappés de 1867 à 1878, il n'en manque pas beaucoup à l'appel. Cependant il peut, il doit en avoir disparu un certain nombre, et il y a nécessairement quelque exagération à admettre que la totalité, soit 100 pour 100 des écus mis dans la circulation pendant ces douze années, sont encore aujourd'hui présents sur le territoire de l'union latine ». Les autres chiffres s'appuient sur celui-là et ils prouvent que, suivant la logique, les émissions « se montrent d'autant plus incomplètes qu'il s'agit de frappes plus anciennes ». Mais ces nombres d'écus pouvant encore exister en 1891 représentent des maximums puisqu'ils s'appuient sur un chiffre qui est lui-même un maximum. Malgré cela, il n'est pas très éloigné de la vérité. M. de Foville, du reste, avait un moyen d'opérer une correction, ce qu'il a fait en rapprochant le résultat de l'enquête de 1891 — qui a donné, en francs, 1 650 millions — des résultats offerts par les enquêtes : de 1878 — 1 520 millions de francs — et de 1885 — 1 565 millions de francs. Il fixe donc le stock d'écus, en 1891 , à 1 550 millions de francs. Nous ne suivrons pas cet auteur dans les déductions plus complètes encore qu'il a tirées de ces chiffres ; il nous a suffi de donner un exemple du soin et de la rigueur qu'il faut apporter dans l'établissement de points d'appui, lorsque l'on est obligé de recourir à des approximations.
Les observations recueillies se présentent ici sous leur aspect logique. Les différences entre les chiffres obtenus sont conformes par leur importance relative aux hy pothèses rationnelles sur la disparition des pièces de chaque millésime à mesure que la frappe est éloignée du moment où elles ont été recensées. Les comparai-
EMPLOI DES OBSERVATIONS 71
sons faites en cette circonstance sont donc autorisées pleinement pour cette raison et, de plus, pour les autres conditions qui accompagnent l'analyse de ces chiffres.
Les comparaisons de cet ordre sont, on le voit, fort délicates. En certains cas elles sont impossibles et doivent être écartées. Lorsque, par exemple, la comparaison doit porter sur des chiffres recueillis, à deux époques différentes et parfois si peu distantes que l'écart, en plus ou en moins, entre les chiffres de chaque époque est à peine égal ou inférieur à Terreur probable résultant de l'observation, la comparaison n'est point légitime. Il en est ainsi dans les statistiques des salaires quand les observations sont faites à des époques trop rapprochées. Les erreurs sont d'autant plus inévitables que pour présenter des chiffres d'ensemble, on établit des indices ou moyennes arithmétiques, pour une profession, sans toujours les donner pour chaque localité — ce qui du reste apporterait de l'encombrement dans les tableaux et, partant, peu de clarté. Si, à cinq ou six ans de distance seulement, on a procédé à des observations sur le taux des salaires dans toutes les professions et sur toute la surface d'un payss et que l'on trouve, pour l'une de ces professions, une moyenne indice de 3 fr. 50 au lieu de 3 fr. 10 ou de 3 fr. 15 obtenus lors d'une opération précédente, on ne saurait tirer une conclusion, puisque les 0 fr. 40 ou 0 fr. 35 de différence peuvent très bien provenir d'erreurs commises au cours des observations. Cet inconvénient n'échappe pas aux statisticiens chargés de colliger et de présenter des statistiques de cette espèce. Dans une des intéressantes publications de F « Office du Travail », Bordereaux de salaires pour diverses catégories d'ouvriers en 1900 et 1901,
M. March, au cours d'une note préliminaire, où il expose les méthodes suivies dans les opérations auxquelles cette statistique a donné lieu, n'a pas manqué de signaler cette imperfection en ce qui regarde la moyenne arithmétique simple des salaires applicables à un certain nombre de professions. Il s'agit des cordonniers, charrons, charpentiers, maréchaux-ferrants, plombiers, etc. C'est sur les observations faites en 1896 et en 1901 que portent ses réserves. Il écrit en effet : « De 1896 à 1901 la variation de chaque indice parait s'être effectuée dans des sens divers quand on passe d'une ville à l'autre; cependant, les cas de baisse sont relativement rares. On ne saurait, d'ailleurs, attacher une grande signification à ces variations individuelles ; les erreurs individuelles des évaluations sont certainement supérieures aux changements qu'ont pu subir effectivement les salaires dans un intervalle de temps aussi faible1. » Toute cette partie de la statistique, contenue dans les Bordereaux de salaires, présente donc une « zone nébuleuse » suivant une expression très juste employée par M. Arthur Fontaine, en d'autres circonstances.
i. p. IX.