‹ La statistique, ses difficultés, ses procédés, ses résultatsChapitre 15 sur 40 · Voir notre chapitre précédent in fine · texte numérisé non relu

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vitesse obtenue avec l'hélice? Et celle d'aujourd'hui estelle de nature à nous donner une idée de ce qu'elle peut devenir demain, sous l'influence rénovatrice d'un procédé imprévu? Les solutions données ne sont acceptables qu'à la condition que les progrès se continuent suivant la même loi qu'il sont suivie depuis 20 ou 30 ans. Qu'une invention nouvelle se fasse jour et les courbes péniblement échafaudées doivent disparaître devant la puissante évidence des faits.

Revenons à la question des indices. Ce n'est point cependant une digression déplacée que de parler de prévisions à propos de l'étude des symptômes et nous tenions à indiquer, au moins sommairement, jusqu'où pouvait aller à cet égard l'audace des investigateurs. D'ailleurs, nous n'étions point autant qu'on pourrait le croire, sorti de l'indice unique. C'est bien en effet sur des indices uniques que sont appuyées toutes les déductions dont nous venons de parler. Les corrections qui y sont apportées proviennent seules des hypothèses abstraites introduites dans les calculs. Chaque auteur qui s'est occupé de ces questions a cherché l'indice unique dont il espérait tirer le plus de profit. Nous n'en citerons que quelques-uns, pour faire suite à ceux dont nous avons parlé. M. R. Michaelis a cru en trouver un en ce qui regarde l'état de richesse d'une société dans le nombre des habitations et leur valeur. 11 a tiré son indice de la statistique administrative allemande du revenu, de l'habitation, etc. Un économiste italien, M. C.-F. Ferraris, a fort loué cet indice. M. de Fo ville a recommandé et utilisé avec succès, pour l'étude de l'état économique d'un peuple, ï annuité successorale complétée par les donations entre vifs. Il considère qu'il existe entre cette annuité successorale et la masse des fortunes particulières un rapport à peu

L'ÉTUDE DES SYMPTOMES

près constant — qu'il a établi à plusieurs reprises dans de nombreux travaux 1 — rapport correspondant à la survie moyenne des héritiers. Ce coefficient de survie déterminé, il suffit de multiplier l'annuité successorale moyenne par lui pour arriver aune estimation approximative de la totalité des biens successibles dans le pays considéré. En France, M. de Foville, en appliquant son procédé, a réduit à 6 milliards le montant net des successions et donations constatées annuellement et, en adoptant le chiffre de 33 comme survie moyenne des héritiers, il est arrivé à une évaluation d'environ 200 milliards qu'il estime être un minimum des fortunes privées. Il a tiré, en outre, de cette annuité successorale, d'utiles données sur la nature et la composition de ces biens, surtout depuis les réformes introduites dans le régime fiscal des successions. Ce symptôme ne peut pas être pris en tant que symptôme révélateur d'un état prochain de bien-être ou de malaise social. Il est l'effet d'un état général et correspondrait plutôt aux symptômes des maladies chroniques ou longues. Il indique ce qui est et non pas toujours ce qui sera demain. Aussi bien son auteur ne lui a-t-il pas demandé autre chose.

A ce propos, l'on a attaché quelque importance au but spécial que Ton se proposait en recourant à l'indice unique. Il peut, en effet, être utilisé comme symptôme, soit d'un état général, soit d'un état spécial. Dans le premier cas, les indices uniques ne manquent pas; il importe alors de choisir le plus important, celui qui est le plus proche des causes constituant cet état général. Dans le second cas, il s'agit d'un symptôme

1. Gonsult. Les fortunes en France et dans les pays voisins au commencement du xx° siècle. Revue polit, et parlement., septembre 1903.

tout à fait spécifique, de nature originale, caractérisant le phénomène plus réduit ou du moins d'ordre plus délimité que l'on observe, et dont on voudrait découvrir la marche ou les manifestations. Il serait oiseux, du reste, d'entrer dans de subtiles distinctions au sujet du choix des moyens lorsqu'il s'agit d'investigations de cette nature. On tomberait vite dans une métaphysique obscure où l'on perdrait pied en perdant le contact avec la réalité des faits. Ceux-ci doivent toujours être reconnaissables. Aussi convient-il de ne pas les surcharger d'abstractions et d'hypothèses qui modifient leur nature à l'insu même bien souvent des personnes qui président à ces transformations. Mais c'est surtout à l'occasion de l'indice dit totalisateur, que nous allons avoir à nous garer de ce danger.

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