LV STATISTIQUE
La difficulté d'un pareil problème réside, avons-nous déjà dit, dans l'impossibilité de trouver un point de repère fixe vis-à-vis duquel on puisse solidement établir des comparaisons. Cet obstacle n'est pas spécial à la statistique et à l'économie politique ; on le trouve aussi dans d'autres sciences et particulièrement en mécanique et en astronomie, mais l'expérience en mécanique et l'observation en astronomie sont presque toujours plus commodes et plus efficaces, qu'en matière statistique. Les mécaniciens et les astronomes éprouvent des difficultés à démontrer d'une façon absolue les lois de la nature et les présentent comme des hypothèses très probables. Car ils se trouvent en face de systèmes où les causes troublantes viennent parfois contredire leurs conceptions du monde matériel. L'économiste et le statisticien échappent moins encore, peut-être, à ces relativités par suite de l'objet de leurs études qui est le monde social. Eux aussi énoncent des lois générales et ont toutes raisons de les considérer comme des hypothèses très proches de la vérité puisqu'ils les vérifient dans leurs tendances par de nombreux moyens. Toutefois, parmi ces moyens, il en est de plus ou moins bons et de plus ou moins sûrs ; l'un de ceux qu'il ne convient d'accepter qu'avec les plus expresses réserves est la méthode dite des index numhers pour la recherche des variations du niveau général des prix dans le passé et dans le présent. Il est à remarquer d'ailleurs que ce sont des difficultés de même nature qui se dressent devant les investigateurs, soit qu'ils essaient de mesurer le mouvement relatif par rapport au mouvement absolu, soit qu'ils tentent de comparer des valeurs relatives à une valeur idéale.