Loc. cit., p
aussi sur la Prusse en utilisant les statistiques relatives aux revenus.
M. Vilfredo Pareto a repris ce problème et lui a donné une ampleur vraiment scientifique par les analyses auxquelles il Fa soumis. Il prend, aussi lui, comme base de ses calculs, les statistiques des revenus en différents pays. Cette base ne peut être, il est vrai, absolument exacte. Les déclarations des contribuables, malgré les corrections qu'y apporte le fisc, présentent beaucoup d'incertitudes. C'est cependant le seul élément qui, en ces sortes d'observations, s'approche le plus de la vérité, et permette de faire quelque approximation sur la répartition de la richesse.
Voici un exemple de la méthode suivie par M. Vilfredo Pareto 4.
Il prend une des cédules de l'income-tax en Angleterre et en Irlande, la cédule D, représentant le commerce et les professions. Ha choisi cette cédule parce qu'elle donne une classification étendue des contribuables suivant l'importance de leurs revenus. De plus, ces éléments de statistique fiscale remontent à des époH ques assez éloignées et portent sur deux pays, l'Angleterre et l'Irlande, bien dissemblables au point de vue de l'organisation économique et des mœurs. La comparaison des résultats pour l'un et l'autre pays peut donc offrir un utile enseignement.
M. Pareto désigne par x un certain revenu et par N le nombre des contribuables ayant un revenu supérieur à x. Dans le cas choisi par lui (la cédule D pour l'année 1893-1894) les éléments statistiques sont contenus dans le tableau suivant :
4. Consulter son Cours d'économie politique, professé à l'Université de Lausanne, t. II, p. 304 et suiv»
GÉDULE D. — ANNÉE 1893-94
GRANDE- BRETAGNE