AVANT-PROPOS VII
Mais toutes ces qualités du statisticien seraient vaines s'il ne possédait la connaissance profonde de la science ou de Fart auxquels correspondent les chiffres et les documents qu'il interroge. On ne peut faire de la statistique médicale, si Ton ignore la médecine et la physiologie, et de la statistique météorologique si Ton ne sait pas les sciences dont la connaissance est indispensable pour aborder des problèmes de cet ordre. De même, l'étude de l'économie politique doit précéder toute tentative faite pour interpréter des statistiques économiques ou financières. La statistique n'est pas une science universelle qui tienne lieu de toutes les autres. Elle est une méthode, un outil extrêmement délicat, que l'on doit apprendre à manier. En dehors de ces conditions, il ne reste plus que la fantaisie. Et, en ce cas, les railleurs, pour qui cette matière est un sujet classique, ont beau jeu.
Notre but n'a pas été d'écrire exclusivement ce livre pour les statisticiens de profession, formés déjà par la pratique, l'expérience ou des études spéciales au métier si ardu qu'ils exercent. C'est surtout à la foule des statisticiens improvisés qu'il s'adresse. Il vise à éveiller leur conscience scientifique endormie par l'hypnotisme des chiffres et à leur faire entrevoir la vanité des gloses auxquelles on peut se livrer sur des documents difficiles à lire ou sur des renseigne-