TOLEDE, BARCELONE, SARAGOSSE FONT RETOUR AUX CHRÉTIENS
chrétienne. Malheureusement, à sa mort il divisa entre ses trois fils le royaume qu'il avait eu tant de peine à constituer.
Sancho, le fils aîné, eut la Castille; Alonso reçut Salamanque, Leon et les Asturies; Garcia, le plus jeune, hérita de la Galice et du Portugal.
Cette période illustrée par les exploits du Cid Campeador et où les chrétiens, en dépit des révoltes et des guerres intestines, arrachaient chaque jour aux Khalifes des lambeaux de leur conquête, dura jusqu’en 1072. Mais à cette date Alonso VI, le Bouclier de la Foi ( loôô-iioqj, profita de la mort de son frère Sancho, roi de Castille, assassiné sous les murs de Zamora et s’empara par traîtrise de la Galice et du Portugal où régnait son dernier frère Garcia. 11 réunit sous un même sceptre les Etats chrétiens du Nord-Ouest et constitua le royaume de Leon-et-Castille où devait naître et que devait illustrer la grande Isabelle. Le 25 mai 1085, jour à jamais glorieux, Alonso VI était entré à Tolède enlevant à l’émir Yahia cette imprenable cité, ce boulevard de l’Espagne musulmane. Le siège avait duré sept ans. Tolède, l’antique capitale de l'Espagne gothique, redevint celle de l Espagne chrétienne.
Tandis que dans les Asturies se développait le germe du royaume de Leonet-Castille, trois autres principautés chrétiennes se fondaient au fond des gorges inaccessibles des Pyrénées. L une à l ouest de la chaîne, l autre au-dessous du port de Gavarnie et la dernière, à l'est, autour de Rosas. L’une était la Navarre, lautre, 1 État de Sobrarbe et la dernière, la Catalogne. En s’unissant, elles allaient bientôt former le royaume d Aragon.
A part les Navarrais qui, sous le règne de Sancho le Grand, le père de Fernando 1", avaient acquis une puissance considérable, les chrétiens de cette région avaient progressé moins vite que les Asturiens.
Au commencement du xi° siècle ils avaient recouvré Barcelone et s’étaient avancés jusqu à Jaca, mais les tentatives réitérées pour prendre Huesca étaient restées infructueuses. Leurs efforts turent enfin couronnés de succès et deux ans après la mort du roi Sancho 1“ tué sous les murs de la place, Huesca tombait au pouvoir de Pedro I", son fils et successeur (1096). Quelques années plus tard Saragosse devenait la capitale de tout le pays recouvré entre
la Castille et la mer.
Cent deux ans s écoulèrent encore avant que la place de Tarragone, pourtant
bien voisine de Barcelone, fût arrachée d'une manière définitive aux mains des Musulmans, Ce fut l’œuvre d’Alonso le Batailleur. Ce succès eût même été retardé si, à la fameuse bataille de Las Navas de Tolosa livrée le i6 juillet 1212, l'armée de Mohammed aboû Abd Allah n’eût été mise en complète déroute et sa résistance, à jamais brisée. Quelques années plus tard, Jaime le Conquérant assiégeait 'Valence et s'en emparait (1238), tandis que saint Ferdinand (Fernando III de Castille) s’enfonçait en Andalousie et mettait le sceau à ses victoires en enlevant aux Mores Cordoue et Séville (19 nov. 1248). L’Islam croulait ; il ne conservait plus en Espagne que le royaume de Grenade.
Durant la première période de la reconquête et à mesure que se retirait le flot musulman, des églises, des couvents, des palais s’élevaient sur le sol des provinces délivrées. Les rois semblaient aussi jaloux de fonder des édifices destinés au culte que d’agrandir leur héritage aux dépens des musulmans et même de leurs coréligionnaires. Mais les montagnards pyrénéens n’avaient eu ni le loisir ni l’occasion d’étudier les arts. Ils tournèrent donc leurs regards vers le Midi de la France ou s’inspirèrent des monuments chrétiens antérieurs au viii“ siècle auxquels ils ajoutèrent à leur tour quelques détails caractéristiques des constructions laissées par les envahisseurs. C’est ainsi que se constitua pour l’architecture comme pour la sculpture le style latino-byzantin des Asturies, de la Galice et du haut Aragon.
Le temps et les hommes ont uni leurs efforts et bien rares sont aujourd’hui les édifices élevés durant les siècles de fer compris entre l'avènement de Pelayo et la constitution du royaume de Leon-et-Castille et du royaume d’Aragon. Et parmi ceux qui ont survécu, combien en peut-on citer qui n’aient pas été remaniés .si souvent que les parties anciennes sont cachées sous la restauration ou se confondent avec elle? Douze, quinze peut-être ? Ces reliques vénérables et précieuses par les souvenirs glorieux qu’elles évoquent et les enseignements qu’elles renferment, le sont également par leur rareté et leur valeur documentaire.
Sous peine de m’attarder, je me bornerai à une brève nomenclature. Jointe aux renseignements historiques qui précèdent, elle suffira d’ailleurs à relier les arts antiques de l’Espagne à ceux de l’Espagne romane.
Santa Cruz de Cangas élevé par Don Favila sous le règne d’Alonso I" (738- 757) dans la vallée même où Pelayo s’était réfugié quelques années plus tôt pour
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'■)i arrachée d’une manière définitive aux mains des ; . ( i Alon-^" le Ratailleur. Ce succès eût même été . '.-.tiaiüe Je Les Nasa.-. Je Tolosa livrée le i6 juillet [212, n • .1 ,if' >',1 And A * il; n'eût été mise en complète déroute et ...J.- t'risue. i.Aielques années plus tard, Jaime le Conquérant '1 e! s en empar.ui i2j8), tandis que saint' Ferdinand (Fer- ! l'iiüi s i.i-;i'oni,'ait en Andalousie et mettait le sceau à ses victoires aux M-jres Cordmie et Séville (iqnov. 1248). L'Islam croulait; il • .111 (ilu-; <.)> Fspagne que le royaume de Grenade.
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