EMPRUNTS A L’ARCHITECTURE IRANIENNE
de San Miguel de Linio comme les bas-reliefs des chapiteaux et les têtes mêlées aux linceaux qui décorent les bases de colonnes en tronc de pyramide de San Pedro de Nave se rattacheraient donc soit aux traditions romaines, soit plutôt aux écoles françaises malheureusement peu connues.
Je signalerai encore à San Pedro une porte surmontée d’un arc elliptique, au grand axe vertical, arc si usuel en Perse sous les Achéménides et les Sassanides*, mais si rare dans nos pays où il fut remplacé par l’ogive qui présente à un plus haut degré les mêmes avantages constructifs.
San Pedro me paraît remonter au règne d’Alonso 111, le Grand (866-910). A la même époque appartiennent encore l’église de San Salvador de Valdedios et celle de Santa Maria de Priesca, toutes deux en bon état de conservation, San Adrian de Tunon, l’une des plus riches fondations d’Alonso, et l’église paroissiale de San Salvador de Priesca située à une lieue et demie de la mer Cantabrique, sur un plateau voisin de Villaviciosa. Cette dernière, qui fut terminée, sans doute, sous le règne de Fruela fils d’Alonso 111, présente beaucoup d analogies avec San Julian de Los Prados et San Tirso. Dans tous ces sanctuaires, s accuse une tendance de plus en plus prononcée vers les arts importés par les musulmans ; non seulement la iorme des arcs mais parfois les procédés de construction s en ressentent. D’autre part, si la modénature reste romaine, la peinture décorative, la sculpture ornementale et la colonne sont de style byzantin.
L arc outrepassé, que 1 on voit s’introduire timidement dans les églises du IX et du x' siècle, triomphe dans San Juan de Bahos, un sanctuaire voisin de Palencia et, par conséquent, des régions où avaient séjourné longtemps les musulmans. Sur la foi d une inscription qui ferait remonter ce sanctuaire au règne de Receswinth (661), on la classé au nombre des monuments visigoths. En réalité, ni les arcatures en fer à cheval, ni les sommiers, ni la couverture n'appai tienent a cette période. Ce monument est de ceux dont j ai eu l occasion de parler. Refaits, reconstruits, restaurés, ils se rattachent plutôt par le souvenir que par leur forme aux âges antérieurs.
La coupole sui tiompes, connue et utilisée durant la période romane dans la région du Rhône et de la Saône moyenne^ et dans la contrée comprise entre la Loire et la Garonne, et tellement liée aux influences iraniennes que depuis deux mille quatie cents ans au moins 1 architecture de la Perse n en a jamais connu
l Ai'AGNR.
• /il. Jjns un édifice plus ancien que ceux où on la ■' ii 'cs II s'agit d'une église bénédictine de la pro- • . I üf Cainprodoii. qu'il convient de placer à l'extrême ' ' -.i.'uiiic et à la tête de la longue lignée des édifices ■ ! I ^pa^ne jusqu'à la fin du xvi'’ siècle et dont le : ■ ü' iiiiig-'s oll'rc encore un si bel exemple {phot. jî.
Je 1 utntes. remontant, semble-t-il, au premier tiers du , ■ ; ■ >. dans iin'v période où vont dominer des influences noulima lie est proche
, ■ ■ 1 ! apporte à la décoration des édifices construits avant le xi' siècle, T : .éritabk- renaissance des arts plastiques sous le règne de Ramiro 1" : ■ siècle). .Malheureusement, à part un petit crucifix d'ivoire autrefois , O: . ; ■ .-i.; de gemmes conservé dans le musée de Lvor 6} et la
•, I r .o( mais à peu près inconnue que possède L einctuaire d'Ujue "
guère de statues espagnoles à ranger dans le loisinage des ‘ 'i . çs iaon -è ’/antins. La Vierge est une œuvre intéresstin te, elle est aussi beau- ■ - ri ts importante que le crucifix. Sa hauteur atteint 91 centimètres. 'A mon ■f "■ - ' remouU-nut au .xt' siècle, peut-être même à la fin du .xk La dévotion des •IC' lc< la revêtit deux ou trois cents ans plus tard d'une gaine d argi.ni et I assit e in iroii'. de même métal. Les notes de polychromie, lescaboi i'•■r:- et quelques •[îcm'.:riis .ijoutr-, a cette dernière époque achevèrent d'en défigurer le carac- ! . mimiii!. De telle sorte que l'on ne sait quelle place il convieni de lui as.si- ■le- Li ü'.i une étude OÙ il (..-.r important d'observer un classement chronologique, i •' lé rnié que l'on avait découvert en 1895 à la Colegiata de Santillane. t,' l’C',' de -Santander, une sculpture peinte du x ou du \i' siècle. Elle représen- 01 le .Sauveur assis, bénissant à la manière des Christs byzantins. Outre les • ’ haïr il entrerait dans la polychromie du rouge, du bleu et de 1 or.
r c de latucs nombreu.ses. I on aurait pu trouver des éléments d'informa- ) , i i: oe.ojlicr religieux. Mai' l'indigence règne encore dans ce domaine. I ■ ' dtp 's authentiques de style latino-byzantin — quelques-uns relèvent
ICI O de?, d-lbuts de la période romane — se trouvent à peu près tous ' ’.i Càmara Santa et appartiennent à la cathédrale d Oviedo.
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(lô asiia)
'l'RHSOR DE LA CATHÉDRALE D’OVIEDO
La croix de la Victoire (Cr«^ de la Vicloria) dite de Pelayo et la croix des Anges (Cru- de los Angeles) avec leurs bras légèrement évasés vers le sommet rappellent de très près la croix du trésor de Guarrazar. La croix de la Victoire est en bois ; Alonso 111 (866-910) la fit couvrir d'or ciselé et de pierres précieuses. Quant à la croix des Anges, elle fut donnée, dit-on, à la cathédrale par Alphonse le Chaste (792-842). C est un tiavail de filigrane d une délicatesse exquise, au milieu duquel sont incrustés des rubis cabochons d’une rare grosseur et des gemmes gravées de 1 époque romaine autant que j'ai pu en juger durant les courts instants et dans la demi-obscurité où il m’a été permis de le voir.
La cassette de sainte Eulalie, très précieuse à tous égards, est surtout intéressante pai la légende en langue arabe et en caractères coufiques qui entoure le couvercle. Elle doit remonter au règne d'Alonso V] — qui s’intitulait Empereur de toute l’Espagne — si l’on s’en référé au style général et aux allusions faites dans l’inscription coufique au titre et au protocole du monarque.
^ Le reliquaire connu sous le nom de area de las Sanlas Reliquias est composé d éléments heterogenes. 11 semble que les apôtres gravés sur le couvercle portent les vetements décrits par saint Isidore et que l'inscription latine soit également du Vf ou du vif siècle. En revanche, le Sauveur, les anges qui l'accompagnent, l’inscription en caractères coufiques qui encadre l’ensemble et en geneial la monture du reliquaire ont tous les caractères des monuments espagnols appartenant à la seconde moitié du xf et aux premières années du xif siècle.
11 est manifeste que le travail de restauration fut exécuté sous le règne d Alonso VI, veis 1 époque où ce prince fit construire V antecamara qui précède la petite chapelle de la Càmara Santa d'Oviedo.
En résumé, si l’influence latine fut très sensible dans les arts du nord de 1 Espagne jusqu’au règne d'Alonso II, elle déclina au moment où grandirent celle de la France et, par notre intermédiaire, sans doute, celle de Byzance. Enfin, a dater du règne de Ramiro 1“, les architectes firent aux musulmans des emprunts attestes par les arcs en fer à cheval, les coupoles sur trompes, les voûtes sur arcs
leaux ditisées pat travées et les inscriptions chrétiennes en caractères couques. Lon ne peut douter que ces emprunts ne fussent directs. A défaut des insciiptions qui viennent d être signalées, on en relèverait bien des preuves. L’on remarquera en eftet que si des voûtes et des coupoles dont le principe constructif
et les formes extérieures rappellent les monuments perses, existent en Espagne et en France dans plusieurs églises où l influence de l’Orient s'est manifestée à des époques voisines, l'on ne rencontre pas chez nous d'arcs outrepassés. Les seuls que j'ai relevés se trouvent dans l’église d’issoire et dans Notre-Dame-du-Port qui remontent à une époque très postérieure à celle dont nous nous occupons et qui furent sans aucun doute construites, à leur retour d’Espagne, par quelques-uns de ces nombreux architectes que nous empruntaient nos voisins. Ce sont là des cas isolés d'importation analogues à celui dont témoignent les chapiteaux mudejars du cloître de Moissac. En tout cas, il ne semble pas que l'on ait jamais connu en France la méthode employée en Perse pour jeter des voûtes sans l'aide de cintres qui, vers le milieu du ix“ siècle, s’introduisit dans les Asturies en même temps que l’arc en fer à cheval.
L'on sera moins surpris de ces emprunts laits par l’Espagne au lendemain de l'invasion quand on remarquera que, malgré leur zèle religieux et leur patriotisme ardent, les monarques chrétiens confiaient l'éducation de leurs enfiints à des maîtres musulmans et appelaient auprès d'eux des médecins appartenant à la même religion. Tel fut du moins le cas d’Alonso III à l’égard de son fils Ordoho et de Don Sancho au cours d'une grave maladie. Enfin, dès le milieu du xi“ siècle (1058 environ), c’est-à-dire avant même la prise de Tolède, Fernando 1“‘’ avait des vassaux et des esclaves mores parmi lesquels se recrutaient des sculpteurs, des architectes, des décorateurs, des orfèvres 'L 11 se serait donc développé dans tout le nord de l’Espagne une sorte de style proto-mudejar analogue au style mo:^ârcibe qui, vers la même époque, aurait pris naissance dans les villes d’Espagne où les chrétiens étaient soumis aux princes mahométans. Mais il ne persista guère au voisinage des Pyrénées, soit que la domination étrangère ait été de trop courte durée, soit aussi et surtout que les écoles françaises d'architecture et de sculpture, après avoir conquis la Galice, les Asturies, le haut Aragon et la Catalogne septentrionale dans la seconde moitié du xi° siècle, y aient désormais régné sans partage.
Quant au rôle prépondérant joué par les Iraniens dans cette révolution, il tient à leur supériorité intellectuelle et artistique. L'expansion de la civilisation perse au delà des frontières naturelles du royaume était d’ailleurs un fait très ancien. Elle remontait à l'époque des Arsacides et s’était étendue jusqu a Rome
Lxistent en Espagne ' C 'i manifeslée à des , ' uit repassés. Les seuls NV)tre-Danie-du-Port , Juni nous nous occupons .Il d Espagne, par quclp, untaienc nos voisins. Ce i ml témoignent les chapi- '1 ne semble pas que l'on ^ I : ptjiir jeler des voûtes
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